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26 mai 2004

 

POURQUOI le Collectif
"BORDEAUX-MARINOPOLE"

 

De l'époque gallo-romaine à aujourd'hui, Bordeaux a été un port, commerçant avec l'Europe puis avec le reste du monde.
Il a, ainsi pendant des siècles, été présent au centre
de la ville.
Depuis les années 1980 il a disparu aux regards pour essaimer à Bassens, au bec d'Ambès, à Blaye, au Verdon.
Et pourtant le Port Autonome représente aujourd'hui 15000 emplois directs ou indirects.
Ceci amène à constater qu'aucun témoignage, visible pour les nouvelles générations ni pour les visiteurs de la ville, ne subsiste.

Rien ne rappelle les liens maritimes avec le Canada et les Antilles, l'Afrique, l'Amérique du Sud, l'Extrême Orient ou le Pacifique.
Premier port de France au XVIIIe siècle, Bordeaux a été un port corsaire
ê , un millier, au moins, de navires y ayant été armés pour protéger les échanges vitaux pour la région. Qui le sait? Bordeaux a participé, aussi, pendant une soixantaine d'années, au trafic négrier dont certains voudraient, aujourd'hui, faire la cause unique de la richesse de la ville.

Des pionniers de l'industrie pétrolière et des raffineries ont marqué l'estuaire de la Gironde, grand chenal d'accès qui a fait de Bordeaux un vrai port de mer.
Que seraient par ailleurs les vignobles de Bordeaux sans ce même estuaire vecteur d'acheminement des premières exportations de vin, au point que le tonneau, unité de jauge des navires, est né ici comme les premières règles de droit maritime?
La construction navale, considérable au XVIIe et XIXe siècles, est méconnue, alors qu'elle a eu une réputation européenne. L'oublier c'est laisser croire que Bordeaux n'a, en dehors de l'industrie aéronautique contemporaine, aucune tradition industrielle. Pourtant la construction navale continue.

Si le port s'est comme évanoui, faisant croire qu'il n'existe plus, c'est bien parce qu'aucune culture maritime n'a été entretenue au sein de la population.
Il subsiste pourtant à Bacalan un ensemble de témoins du patrimoine maritime: écluses, bassins à flot, formes de radoub, base sous-marine.

Ce patrimoine irremplaçable n'attend que d'être mis en valeur pour constituer un pôle maritime, centre d'intérêt, instrument pédagogique et attraction touristique. Le négliger c'est refuser l'héritage que nous ont légué les générations passées, c'est mépriser les hommes de toutes conditions qui ont fait Bordeaux, c'est plonger dans le mutisme l'admirable architecture de la ville, c'est priver la communauté urbaine, le département et la région d'une partie essentielle de leur identité.

Pourquoi les grands ports français de la façade atlantique ont-ils tous consacré de l'espace et de l'argent à la mise en valeur de leur héritage maritime: Dunkerque, Le Havre, Nantes, La Rochelle?
Le passé de Bordeaux serait-il honteux?
Le devoir de mémoire et la protection du patrimoine seraient-ils sélectifs?

Le collectif BORDEAUX-MARINOPOLE s'est formé pour lutter contre l'oubli et le mépris du passé qui s'est instauré peu à peu dans la ville, et ressusciter l'incomparable image d'un grand port maritime dans laquelle nos jeunes puissent trouver un exemple et un stimulant.

Comme l'a écrit le bâtonnier P. Siré, dans "le fleuve impassible", le meilleur livre jamais consacré à l'estuaire de la Gironde, "Rejeter la vocation maritime de Bordeaux, créer une Garonne sans aval, c'est pécher contre l'esprit".

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Ne pas confondre avec pirate, flibustier… (remarque du webmestre)

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LES ATOUTS DE BORDEAUX-MARINOPOLE

L'objectif du POLE MARITIME ne repose pas que sur des idées.
Il s'appuie :

• 1) sur des éléments d'information, les connaissances et les documents accumulés par le Conservatoire de l'Estuaire de la Gironde depuis bientôt 17 ans ainsi que sur les éléments matériels assemblés (maquettes, instruments de navigation, tableaux, outils, dioramas, etc.) dans le but de créer un Musée Maritime et Fluvial de Bordeaux et de l'estuaire.

• 2) sur des contacts avec des organismes étrangers, associations, musées, armateurs, administrations et le réseau de relations de ses membres fondateurs.

• 3) sur le patrimoine construit autour des bassins à flot de Bacalan :
— a) les formes de radoub en maçonnerie – 1880
— b) les pavillons de la place Raulin (municipalité) – 1830
— c) le bâtiment VIVRES de la marine (particulier) – 1786
— d) la base sous-marine – 1942

• 4) sur l'exceptionnelle possibilité de jalonner les quais de Rive-Gauche, réaménagés, avec des supports d'évocation du long passé maritime de la ville.

La valorisation de ces éléments et leur animation dépendront étroitement
— de la volonté des organismes qui doivent normalement s'investir dans l'existence du pôle maritime en tant qu'image forte de la personnalité de Bordeaux et de sa région.
— de la capacité des associations et particuliers fondateurs à œuvrer, de bien des manières, pour réaliser le marinopole.
— de l'aide des médias pour diffuser les buts du marinopole et contribuer de manière permanente à sa promotion auprès d'un public largement ignorant de l'importance du patrimoine maritime, ou bien chez qui cet héritage a sombré peu à peu dans l'oubli.

C'est dire que le Marinopole sera une œuvre et une conscience collectives ou il ne sera pas.

Président Daniel Binaud

26 mai 2004

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