Courants de Garonne 2001 l’échiquier bordelais |
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01/01/01, Jean Allix, SO
La différence de coût ne devrait pas être un obstacle au tunnel, le franchissement de la Garonne étant réalisé pour un siècle et au-delà.
Si M. Juppé souhaite que les paquebots et autres bâtiments continuent à fréquenter Bordeaux, il faut penser que la seule zone d'évitage des grands navires sera face à la place de la Bourse. L'accostage face à la Bourse maritime, comme le souhaite le Maire, sera donc impossible. D'autre part, on ignore l'avis des usagers, à savoir leur réticence à fréquenter un port barré d'un tel pont.
Or (dixit un spécialiste des ports lors d'une conférence à la Chambre de commerce), "on ne peut préjuger de l'avenir d'un port"; la preuve: l'engouement des armateurs pour venir à Bordeaux.
Il faut, dans le cas d'un pont, se souvenir que les paquebots sont des superstructures de plus en plus hautes, donc prévoir un tirant d'air suffisant. Adieu également aux voiliers de la Cutty Sark. Esthétiquement, la publicité Pargade n'est rien comparée aux pylônes du futur pont, culminant à 60 mètres! M. Juppé, qui sans doute aura quitté Bordeaux, appelé à des fonctions nationales, ne connaîtra pas les ennuis provoqués par le pont.
02/01/01a, Benoît Lasserre, SO
[…]
Pour Jean Mandouze, qui a abordé la question avec ses collègues pilotes, notamment ceux qui se sont livrés aux essais simulés, ceux-ci ont été faits dans des conditions d’eaux océaniques, "alors que les eaux de la Gironde n’ont rien à voir": "Elles sont beaucoup plus lourdes, notamment en été, période où viennent le plus fréquemment les grands navires."
Le président de Garonne-Avenir donne également raison à Denis Teisseire à propos du courant d’air qui assaille les navires à hauteur les bassins à flots. "Tous les plaisanciers vous le confirmeront. Quant aux paquebots, on pourrait croire qu’ils sont insensibles à ce vent grâce à leur poids. En fait, la hauteur de certains bâtiments augmente la prise au vent."
Mais, pour Jean Mandouze, le plus important est dans l’emplacement de l’ouvrage. "Les navires qui montent vers Bordeaux reçoivent le vent par tribord, ce qui entraîne une légère dérive. Ils auront à peine le temps d’être redressés pour passer bien droit entre les piles du pont. En simulation, les pilotes ont fait des manœuvres impossibles à réaliser sur un vrai bateau. Il n’y aura aucun problème pour les bateaux inférieurs à 150m. Entre 150 et 200 mètres, la manœuvre est délicate, et le bateau ne devra pas dépasser 2 nœuds [environ 36km/h]. Jusqu’à 245m, la partie devient très délicate; et quasiment périlleuse au-delà. Or, dans les années qui viennent, les bateaux vont être de plus en plus grands pour des raisons évidentes de rentabilité."
Le président de Garonne-Avenir rappelle enfin que le pont Lucien-Faure va causer la disparition de la zone d’évitage de Bacalan, la seule qui soit naturelle avec celle de la place de la Bourse. "Ceux qui disent que les navires pourront éviter (c’est-à-dire faire demi-tour, NDLR) entre la rue Lucien-Faure et le cours Edouard-Vaillant sont des irresponsables! s’exclame-t-il. […]
Pour toutes ces raisons, Jean Mandouze rappelle qu’il avait préconisé, voici deux ans déjà, l’emplacement au droit du cours Edouard-Vaillant, afin que les bateaux aient le temps de redresser leur course avant le passage du pont. Les pilotes ainsi que Denis Teisseire en Conseil de communauté [voir 02/01/01b, ci-dessous] ont à leur tour exprimé ce souhait, auquel Alain Juppé a répondu par la négative pour des raisons techniques.
[… Jean Mandouze] regrette amèrement l’abandon du tunnel, victime selon lui de la campagne électorale à venir. "Sous prétexte d’économie, on construit à grands frais un ouvrage faramineux pour des bateaux qui ne viendront plus, car les amateurs sont très rétifs aux ports fermés", dit-il, avant d’affirmer, très en colère, qu’on est "tombé dans l’hypocrisie intellectuelle, le mensonge organisé et la servilité politique". Denis Teisseire n’aurait pas dit mieux. 8
02/01/01b, SO
La scène se déroule le 23 décembre en Conseil de communauté. Denis Teisseire vient d’évoquer les risques que représente le pont Lucien-Faure pour la navigation. Sur son fauteuil, Jean Priol bougonne de colère. Son voisin, Hugues Martin, l’encourage à prendre publiquement la parole. "M. Teisseire, vous ne connaissez que le canal de l’urètre" lui lance le maire PS de Bassens, avant de lui demander d’arrêter (ses) chansons". Il se fait applaudir par les élus de droite.
Dans les tribunes publiques, trois anciens pilotes de la Gironde ont, de leur côté, jugé que Denis Teisseire ne s’était pas trompé. Il est vrai que c’est auprès d’eux, ainsi que de pilotes encore en activité, que Denis Teisseire avait puisé ses enseignements.
"M. PriaI n’a jamais été que patron de remorqueur", explique ainsi Jean Mandouze, président intérimaire de Garonne-Avenir. C’est une profession éminemment respectable, mais il n’est jamais monté sur la passerelle d’un grand navire et n’est donc pas qualifié pour parler du comportement d’un paquebot."
15/02/01, Marie-Claude Aristégui, SO
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Denis Teisseire, président de Trans'CUB, ainsi que les autres militants, souhaite que "l'on ouvre le débat" pour étudier d'autres modes de transport [des éléments du A380] que fluvial et routier. Et il ne veut pas que soit écartée l'hypothèse d'un transport en… dirigeable! […]
Cette idée a d'ailleurs déjà été prise en compte, une société allemande prévoyant de faire voler un prototype susceptible de lever des charges de 160 tonnes. Denis Teisseire et les autres militants se sont intéressés à un autre projet, baptisé AVEA (aile volante épaisse aérostatique), récemment présenté à Paris par l'école polytechnique fédérale de Lausanne et le ministère français de l'équipement et des transports.
Quelque cinquante entreprises européennes ont participé à un séminaire destiné à convaincre des atouts de ce ballon surpressurisé, "plus léger que l'air", capable de transporter des charges de plus de 1000 tonnes. Ce dirigeable ovoïde, profilé verticalement, pouvant atteindre plus de 100 mètres de haut, 200 de long et près de 100 de large, serait composé de plusieurs ballonnets cylindriques contenant notamment de l'hélium. On en est pour l'instant au stade de la maquette, mais, selon Denis Teisseire, aller au-delà coûterait moins cher que d'investir "des milliards" dans le transport fluvial et routier. Et cela créerait des emplois, ajoute-t-il.
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[Voir 16/02/01 ci-dessous pour les devis.]
[Quel que soit la façon de transporter les éléments du A380, il est entendu que la seule alternative est: l'avion sera assemblé soit à Toulouse (avec un problème d'acheminement), soit à Hambourg (avec un problème d'environnement) et nulle part ailleurs. Quelle que soit la raison qui ferait renoncer à Toulouse, la France perdrait gros: qui en prendrait la responsabilité?
16/02/01, Marie-Claude Aristégui, SO
[Voir 15/02/01, ci-dessus.]
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[… L'AVEA] est actuellement développé dans les locaux de l'IMA, l'Institut de maintenance aéronautique, situé dans la zone aéroportuaire de Bordeaux-Mérignac, et à l'université de Bordeaux-1, sciences et technologies.
[…] l'IMA est en quête de moyens financiers pour passer à la réalisation du prototype. Quelque 50 millions de francs sont nécessaires. Et entre quinze et vingt fois plus pour construire une aile volante définitive. 8