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Garonne - Avenir

Gazette 2

Pages de la Gazette 2 (jan. 00)

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Page 1, BORDEAUX PORT MARITIME:

Je suis né dans un port, et depuis mon enfance, j’ai vu passer par là des pays bien divers.
(Jean de la Ville de Mirmont, Poète bordelais)
Depuis deux millénaires, le fleuve est l’artère vivante de la ville. Il s’inscrit à la fois dans le paysage et ses armoiries, il reste le meilleur gage de sa renommée et de son avenir.

Page 2, AUJOURD'HUI:
L'activité du port renaît avec la fréquentation des paquebots devant la Bourse. Ils bénéficient d'un site incomparable.
Panorama architectural exceptionnel
Profondeurs naturelles: de 9 à 10 mètres à quai, 12 mètres au large sans nul besoin de dragage
—Linéaire de quai permettant l'escale simultanée de 3 gros navires
—Largeur du fleuve en eau profonde permettant leur demi-tour sur place (manœuvre d'évitage)
"Les retombées économiques d'une escale ne sont pas négligeables localement. On estime à 1 200F la dépense moyenne à terre d'un passager dont 63% en shopping. Selon la CCI, les paquebots amènent 20MF de retombées directes par an" (SO du 6 mai 1999). Les passagers soulignent le caractère exemplaire de cette escale, unique en Europe, qui leur permet de débarquer en plein cœur historique de la cité dont ils deviennent les meilleurs ambassadeurs dès leur retour.

Les commandants témoignent:
Le capitaine du Bremen, lors de son escale du 15 juin 1998, écrit qu'il juge le site "essentiel".
Le capitaine du Silver Cloud, lors de sa venue le 4 juin 1998 lui fait écho: "Le Palais de la Bourse a toujours été une escale très appréciée par nos passagers et notre équipage. Ce serait une honte (shame) de supprimer ce point d'accostage".
Le capitaine du paquebot Astor relève "l'intérêt majeur de l'accostage en centre-ville" (déclarations du 23 mai 99).

Or ce site exceptionnel serait condamné si les projets de la municipalité se réalisaient

Déjà un plan d'aménagement des quais est en cours qui prévoit:
— le rejet des paquebots vers les Chartrons,
— le transfert des bateaux-mouches face au Palais de la Bourse.

L'idée est d'aménager un appontement devant la Place de la Bourse pour y accueillir les bateaux de tourisme fluvial stricto sensu, puis d'organiser le stationnement des paquebots de croisière en aval des Quinconces, entre la Bourse Maritime et la Cité Mondiale ("des travaux de dragage sont prévus": Alain Juppé, Le Moniteur des TP 09/I0/98).

Si ce projet absurde voyait le jour, les navires en escale:
perdraient le bénéfice du site du Palais de la Bourse et seraient confrontés:
— à des profondeurs à quai aléatoires, nécessitant des dragages coûteux.
— à l'impossibilité d'effectuer un demi-tour sur place (évitage) pour les grands navires qui représentent l'avenir ("60 % des paquebots en projet ou en construction de par le monde auront une longueur supérieure à 200 mètres", Journal de la Marine Marchande, 1998).

Page 3, DEMAIN:
Pourquoi la municipalité veut-elle s'engager dans ce réaménagement illogique et coûteux?
En dépit de son abandon proclamé (séance du Conseil Municipal du 8 juin 1998), Monsieur Juppé maintient son projet 8 8 :
Un pont central face aux Quinconces.

Cette réalisation qui serait, n'en doutons pas, l'une des priorités du maire actuel, en cas de réélection aboutirait à un désastre irréversible:
— Le port coupé deux, amputé à jamais de sa partie la plus significative
— La désaffection inéluctable de l'escale maritime : "La construction d'un pont face aux Quinconces ou au Cours du Médoc, serait un coup terrible pour l'activité des croisières" (François de la Giroday, agent maritime, président de Bordeaux Croisières, SO 03/03/96)
— Une injure à un site d'une esthétique incomparable
— La transformation de la Place des Quinconces en échangeur autoroutier, véritable déversoir de voitures, dans une ville qui connaît déjà des pics de pollution très élevés et la saturation automobile
— Et, en définitive un acte de mépris vis-à-vis d'une grande partie de la population bordelaise qui a manifesté clairement sa réprobation devant cette idée d'un garrot bétonné.

Le motif invoqué par les responsables municipaux tient essentiellement à un argument spécieux:
"La suppression de deux files de voitures qu'entraînerait le passage du futur tramway sur le vieux Pont de Pierre", cf. les déclarations de Hugues Martin dans l'Express du 06/05/99.
Cela est, bien évidemment, un faux problème qu'il suffirait d'écarter avec la construction d'une passerelle tramway-piétons-vélos doublant en amont le pont de pierre
8 .
L'avenir de la rade, le futur visage de notre cité ne sauraient dépendre d'une poignée de "décideurs", ignorant la population bordelaise, laquelle, placée devant le fait accompli, n'aura plus la possibilité de réagir.

Qui peut s'arroger le droit de provoquer l'irréversible?
La moindre des règles démocratique exige que cette question capitale soit tranchée
par l'ensemble des citoyens

Page 4, CE QUE NOUS SOMMES

  Garonne-Avenir est née officiellement le 22 mai 1998. C'est une Association qui est le fruit de la rencontre de diverses personnalités issues de milieux différents: écrivains, artistes, commerçants, marins… ayant cependant les mêmes réactions devant les projets avancés pour de nouveaux franchissements du fleuve.
  Cette Association, de par ses statuts, a pour objet l'étude, la sauvegarde, la promotion, la mise en valeur, la défense des sites et des paysages constitués par la Garonne, ses deux rives, ses quais, ses abords, les ensembles architecturaux et les espaces aménagés de part et d'autre et sur la Garonne dans la traversée de la Communauté Urbaine de Bordeaux.
  Elle s'efforce de promouvoir l'intérêt général avec un but éducatif et social et notamment de préserver la qualité de vie, les témoignages historiques ainsi que les caractéristiques portuaires, maritimes et paysagères qui participent largement à l'attrait, la renommée et la prospérité de Bordeaux.
  Elle est indépendante, apolitique et sans support financier extérieur.
  Sa première action a été un appel aux habitants de la CUB pour qu'ils manifestent leur adhésion à ces préoccupations avec, en tout premier lieu, une demande de référendum avant toute décision pour un franchissement susceptible de mutiler le port dans sa fonction comme son aspect.

  Le succès surprenant obtenu auprès de l'ensemble de la population, toutes opinions et toutes classes confondues, l'autorise à se considérer comme LA VOIX d'une grande partie de nos concitoyens sur les problèmes du fleuve.
  A ce titre Garonne-Avenir a entrepris une série de démarches tant auprès de plusieurs ministères que de nombreuses personnalités locales, élus de toutes tendances ou représentants officiels de l'État. Nos interlocuteurs se sont toujours montrés aussi courtois qu'attentifs à nos arguments.
  Cependant, aujourd'hui encore, nous persévérons dans notre action car malgré le provisoire renoncement au pont des Quinconces et les discours officiels sur le projet de tunnel (pour 2010!), le déman-tèlement du port est d'ores et déjà en route avec le plan de réaménagement des quais qui doit chasser à brève échéance les paquebots du cœur de la ville. C'est le prélude obligé à ce pont central qui, n'en doutons pas, sera décrété prioritaire dès les premiers coups de pioche pour la ligne du tramway sur le Pont de Pierre…

BORDELAISES, BORDELAIS,
SOYEZ VIGILANTS !

Le Président de Garonne-Avenir,
Jean MAND0UZE

  Monsieur Juppé (Sud Ouest du 29 mai 1999) semble privilégier la solution d'un tunnel sous-fluvial au droit de la rue Lucien-Faure. Cela n'a rien d'une nouveauté: en fait, cette pseudo-solution, n'a jamais exclu, dans les déclarations précédentes du maire, l'édification d'un pont central. Monsieur Juppé ne peut, en outre, ignorer que, depuis les drames récents du Mont Blanc et d'Autriche, un tunnel assorti d'indispensables impératifs techniques de sécurité (deux voies séparées de circulation + une voie médiane de secours) reviendrait à un prix prohibitif. Même si malgré cela ce tunnel se réalisait (d'ici à bien des années, on se donne de la marge!), le pont des Quinconces resterait la priorité municipale, en cas de nouveau mandat. Sud Ouest en convient lui-même: "En réalité, le maire ne semble pas avoir complètement renoncé à un franchissement central…" (SO du 01/06/99). Si, par miracle, Monsieur Juppé a changé d'avis sur ce point, qu'il l'affirme publiquement et sans équivoque. Et qu'il renonce à ce déplacement coûteux et, désormais absurde des paquebots vers le quai des Chartrons…

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