Sans le sous-officier artificier allemand Henri Salmide, aujourd'hui vieux Bordelais d’adoption, Bordeaux, son port et son front de Garonne, qui devaient être détruits par les Allemands avant leur départ en août 1944, ne seraient pas ce qu’ils sont encore aujourd’hui — sauf à supposer leur reconstruction à l'identique. Bordeaux et Paris ont ce point commun, c’est un "Boche" qui, en désobéissant au führer fou, les a sauvées des explosifs. 57 ans après, Henri Salmide reçut la Légion d'honneur {P}. Bordeaux, en reconnaissance, auraient pu se rattraper officiellement dans le concert franco-allemand des cérémonies de ce soixantième anniversaire de la fin de la 2e guerre mondiale. Et de Bordeaux et de la France, Henri Salmide aurait bien mérité un geste officiel pour éclairer sa vieillesse par la reconnaissance de la France et des Bordelais... Son nom sur une petite "esplanade" ("de la rue Raze"?…) n'eut point été immodeste. Par exemple celle où se tient ledit "marché du Colbert", celle d'où l’on devine encore les quatre façades du front de Garonne reconstruites après l'explosion du 22 août, vers 20 heures, que, avant de déserter l'armée allemande à bicyclette, Henri Salmide déclencha dans le fameux "blockhaus de la rue Raze" contenant les détonateurs. Ces lignes modestes sont écrites pour rappeler le sacrifice de sa carrière au péril de sa vie, contre les vies bordelaises qu'il a épargnées, et le patrimoine bordelais qu'il nous a transmis intact au lieu de le raser comme il en "avait l'ordre". é _____________________ê(24/02/10, Christian Seguin, SO, p. 12 :) Sous-officier de la Kriegsmarine, la destruction du port de Bordeaux. L'homme qui s'est éteint hier à Bordeaux dans sa 90e année est un personnage du roman tragique de l'Europe en ruine des années 1940. Henri Salmide, naturalisé français en 1947, s'appelait Heinz Stahlschmidt lorsqu'il est arrivé dans Bordeaux occupé, en avril 1941. Heinz Stahlschmidt croyait à la tolérance et aux arrangements. [...], c'est lui qui reçu l'ordre de préparer le minage des installations portuaires de Bordeaux et des quais eux-mêmes. Un plan de sabotage quadrillé tous les 50 mètres, 10 kilomètres de quais condamnés de part et d'autre du pont de pierre. [Chaban, après l'avoir ignoré 50 ans, lui offre, généreusement, une médaille dite en… argent seulement. "L'or, c'est moi, la science, c'est vous." (26/02/10, Hervé Mathurin, SO, p. 20 :) [...] De fait, l'adjoint au maire Alain Moga, dont le père et les oncles étaient des proches d'Henri Salmide, a proposé qu'un lieu soit attribué à la mémoire de l'ancien soldat. L'adjoint au maire Hugues Martin a écrit à Jean-Paul Sandraz, président du consiel de surveillance du port de Bordeaux, pour qu'il bénéficie d'un hommage tout particulier. Hugues Martin, qui représente la mairie dans ce conseil, "souhaite que le grand port de Bordeaux trouve un lieu qui pourrait porter son nom et ainsi honorer sa mémoire de la meilleure façon possible". [Les paroles continuent à creuser le trou de vide censé remplacer l'attention qui ne fut pas portée "au soldat". 8 é _____________________ê(20/03/10, Yves Simone, recueilli par Guillemette Bardinet, SO, p. 19 :) Le plus grand Bordelais de tous les temps Comme le rappelait Michel Suffran, c'est l'Allemand Henri Salmide, qui a sauvé notre ville... A quand une statue, une rue à son nom? (NDLR: bientôt semble-t-il, mais pas de son vivant, malheureusement!) [Ce n'est pas faute de l'avoir suggéré aux élus! Mais, après tout ce que Bordeaux pouvait faire pour son sauveur, Bordeaux doit avoir honte de le voir nous quitter dans l'oubli. Bordeaux, il est vrai, se console avec son hochet de l'Unesco... 8 ]_____________________ |
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