Quais 2007
de Bègles au Verdon

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"quais 1999-2006"

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Voir "quais 1999-2006" pour de précédentes informations sur le Colbert.

11/01/07, Denis Lherm, SO, p. 2-1:
Sans tambour ni trompette, en fait dans la plus totale discrétion, la marine nationale a vidé le croiseur "
Colbert" de son contenu muséographique. Durant l'automne dernier, plusieurs fonctionnaires du ministère de la défense se sont rendus à bord du bateau musée, quai des Chartrons, à Bordeaux, pour démonter et emporter les divers objets présentant un intérêt en terme de patrimoine.
Un dépouillage décidé par l'Etat après l'annonce du départ de navire, programmé pour juin 2007, pour mettre à l'abri les pièces de valeur. [...]
Première conséquence de ce vidage: le "
Colbert" a définitivement fermé ses portes. Deuxième conséquence: la convention qui liait l'Etat à l'Association Les Amis du "Colbert" pour exploiter le navire n'existe plus. [...]
[...]
Le "
Colbert" se retrouve donc aujourd'hui vide et totalement fermé. Comme abandonné en fait avant son départ prochain. Il n'y a même pas une personne à bord pour assurer un semblant d'entretien. Rideau. Sortis du jeu, les Amis de "Colbert" tentent juste d'éviter "la dispersion des pièces du musée". Sur son site Internet, l'association explique ironiquement que cette fermeture est intervenue "sur ordre de la mairie de Bordeaux", allusion au rôle joué par Alain Juppé auprès de la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, pour obtenir le départ du navire.

[On peut avoir tous les goûts et combiner quoi que ce soit, mais l'on reconnaîtra qu'il est plus facile de se débarrasser de navires que de ponts ouvrants.
A moins que ce pont, qui trône trop haut,
ne repousse sans efforts les vaisseaux.
Et comme à Dresde avec eux l'Unesco.]

23/02/07, Denis Lherm, SO, p. 2-6:
[...] Michel Corajoud est le paysagiste recruté par la Cub il y a six ans pour refaire les quais rive gauche. Soit actuellement, hors tramway, le plus gros chantier de l'agglo. Plus de 40 hectares [...] entre le pont Saint-Jean et les bassins à flot, tout en faisant admettre aux Bordelais que leur ville n'est plus un port [...] en centre-ville. [...]
[...] J'ai tout de suite été frappé par la rudesse du climat sur les quais. En été, ils sont infréquentables à cause de la chaleur. J'étais donc à la recherche d'un élément modérateur de la lumière, base de mon projet. Un jour, sur un vieux hangar, je suis tombé sur un graffiti: 'Des arbres!' Notre idée était née: l'unité générale de cet immense espace serait donnée par une couverture végétale. J'ai été sévèrement critiqué, sauf par Juppé, qui a tout de suite adhéré. "
[...] Michel Corajoud, c'est aussi l'homme du miroir d'eau des quais. [...]
[...]

La nouvelle rambarde des quais est aujourd'hui posée sur 3km entre les hangars [... et les] Quinconces. [...] Cette rambarde a été spécialement conçue pour les quais de Bordeaux [...]. La rambarde est en retrait par rapport au tombant du quai, justement pour conserver l'impression d'ouverture de l'espace. A noter qu'elle est fixée sur les rails des anciennes grues. Seul soucis, le système permettant de faire passer les passerelles des paquebot de croisière par-dessus la rambarde n'a pas encore été trouvé. Michel Corajoud a proposé un système de passerelle portée par un camion, comme les escaliers permettant d'accéder aux avions. "Mais personne n'accepte de le financer", explique le paysagiste des quais.

[L'hypothèse a couru que le graffiti était de la main de quelqu'un de la mairie, mais elle se révéla erronée. Les exégètes firent remarquer que la majorité en place affecte de pencher plutôt pour le minéral. L'entente cordiale entre elle et le technocrate parut d'autant plus méritoire. Les mêmes analystes soulignèrent que la cordialité pouvait se fonder sur la haine que certains parachutistes semblent entretenir l'on ne sait pourquoi envers les transports de savon, produit pourtant biodégradable, et de première nécessité dans un pays moderne.

Même les voyageurs généreux se lassent de la goujaterie. Le coup du déplacement du port de marchandises ne peut être rejoué avec le port de croisières, qui est le seul atout restant à pouvoir compenser cette perte financière et culturelle pour Bordeaux. R6 , R6 , 8 ]

23/02/07, Jean-Paul Vigneau, SO, p. 2-6:
Le Colbert n'a plus ni tête ni pieds. [...]
[...]
Assurés par la société Donatian (avec une grue télescopique de 200 tonnes), ces opérations ont été très spectaculaires, mais se sont déroulées hier lundi dans une indifférence totale. Comme si plus aucun Bordelais ne voulait feuilleter les dernières pages de la chronique d'une mort annoncée...
Le croiseur est totalement placé dorénavant sous la responsabilité de la Marine nationale. [...]
Confirmé! C'est le 29 mai que les 10000 tonnes du croiseur quitteront définitivement Bordeaux. Avec "l'Argonaute", puissant remorqueur à l'avant, et le "Buffle", remorqueur de la Marine, à l'arrière. [...] Départ à 6h30 [...], puis treize heures de remorquage dans l'estuaire. Il mettra ensuite quatre jours pour gagner le cimetière des bateaux de Brest.
Toutes les pièces anciennes représentant une valeur muséographique ont été retirées du navire et confiées au service historique de la Marine à Vincennes. [...] Le
Colbert va servir de "réserve permanente" de pièces de rechange pour le navire école d'officiers de marine la "Jeanne d'Arc". [...]
Une partie du trésor abrité par le croiseur demeure sur place, à savoir "l'appartement du général de Gaulle". Il s'agit d'une cabine spécialement équipée [...]. Dans cette cabine, le fameux bureau sur lequel le général a écrit son discours historique conclu par le non moins célèbre "Vive le Québec libre!"
[...]
L'une des deux énormes hélices en bronze du
Colbert pourrait rester au port de la lune. [...]
[...]
[...] La preuve que le
Colbert est bel et bien mort est qu'il ne bénéficiera même pas d'un ultime adieu avec musique militaire le jour de son départ.

[La preuve, que les Français (qui se font passer pour des gaullistes) sont toujours des veaux, est qu'aucune institution à tendance muséographique, patrimoniale ou simplement historique ne s'est proposée pour récupérer l'exceptionnel "appartement du général de Gaulle", sa cheminée, ses meubles de luxe, sa salle de bains complète avec bidet, etc. S'il assistait à ce départ, mesquin dans des conditions mesquines, il penserait: "Je vous avais compris et prédits". Sans que la réciproque soit vraiment vraie, même à Bordeaux.
Les bateaux meurent aussi, mais, pour les enterrer dignement, il faut avoir la classe.
Voir SO 16/05/07, p. 2-13.]

29/05/07, Jean-Paul Vigneau, SO, p. 2-10:
[...] [Le "
Colbert", Michel Baillard] l'a dirigé pendant plusieurs années [de 1993 à 1995]. [...]
[...]
Selon Michel Baillard, l'aventure du
Colbert illustre comment Bordeaux ignore la Garonne. [...]
[...] la ville laisse filer ce qu'il considère comme une attraction touristique de poids, en même temps qu'elle fait des misères aux rares navires qui animent tant bien que mal le plan d'eau.
"Le
Colbert était devenu une ruine, c'est une première occasion manquée. La deuxième, c'est que l'aménagement des quais n'a rien prévu pour les deux derniers bateaux réguliers: le "Ville de Bordeaux" et "l'Aliénor". Le premier a du mal à vivre, le second a mis la clé sous la porte. Tout cela parce que les pontons ont été démontés et leurs activités déplacées.
Sur les quais, on a bien prévu un skate-park ou des restaurants. Pourquoi n'a-t-on rien prévu pour les bateaux fluviaux? On aurait quand même pu aménager quelque chose pour eux, non? C'est lamentable de voir comment cette ville se désintéresse de son fleuve", se désole-t-il.
Pour lui, tout est clair: Bordeaux perd une occasion de mettre son fleuve en valeur. "Je suis un homme de tourisme, il faut que Bordeaux se rende compte que la Garonne est un atout, une richesse. C'est un capital dont il faut se servir", dit-il encore. Lorsque le
Colbert aura définitivement largué les amarres, il est probable que le vide sautera aux yeux.

[Michel Baillard se rend-il compte que la volonté d'anéantir le dispute à l'inaptitude à gérer l'Histoire? On se cache derrière l'expression usée: "la volonté politique", qui sous-tend "les actes politiques" — expressions autorisant, bien qu'usées, le meilleur et le pire. 8 , 8 ]

suite et fin ci-dessous 01/06/07

01/06/07, Bx7, p;2:
De nombreux badauds s'étaient massés sur les quais de Bordeaux hier matin pour regarder partir le croiseur Colbert. Par un temps maussade, le navire, long de 181m, ne disposant plus de propulsion, s'est éloigné des quais, escorté par trois remorqueurs [...]. L'un des remorqueurs, venu de Marseille, a tiré trois coup brefs pour signaler le départ en marche arrière [...]. Remorqué à l'avant et à l'arrière, le Colbert a ensuite effectué un demi-tour avant de franchir le pont d'Aquitaine.
Le bateau devait arriver en pleine mer vers 20h malgré quelques aléas sur son parcours. Il s'est échoué peu avant midi sur un banc de vase dans le Médoc. Au nord du banc de Saint-Estèphe, la coque du navire a fait une embardée, faisant céder l'aussière de remorquage. Sous l'effet du courant, le
Colbert s'est alors échoué sur un banc de vase, sans être endommagé. [...] En début d'après-midi, alors que le remorquage du navire avait repris, les remorqueurs sont à leur tour tombés en panne. Le Colbert a donc été contraint de passer la nuit au Verdon. [...] Le passage de l'estuaire était redouté par les marins en raison des nombreux bancs de sable. [...]

[Même le Colbert subit les conséquences du non-dragage par le port, que "la mairie" trouve trop autonome. Si le prestige de la Marine devait encore être défendu, on ne pourrait toujours pas compter sur la qualité de la maintenance des remorqueurs. Cela rappelle le spectacle désastreux de la mise au point de certain porte-avions. Il semblerait que le contribuable pourrait, malgré lui, être amené à juger des progrès en la matière.]

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