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- Héritage bordelais -
2008-2009

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"Héritage bordelais 2008", en-tête

"héritage 2006-2007"

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"héritage 2009"

"2008", bas

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"2009", bas

03/01/08, Julien Rousset, SO, p. 2-9
[...]
[...] Cette petite cité de Transylvanie (Sibiu, 170000 habitants) était cette année, "capitale culturelle européenne 2007", à la faveur du fameux titre que convoite Bordeaux pour 2013.
[...]
[...] "Ce statut a beaucoup apporté en terme de notoriété, de tourisme, de passage. Plusieurs hôtels ont d'ailleurs été construits, notamment des Quatre étoiles." Cette position de capitale a donc servi l'image de la ville. Et son urbanisme. " Le Thalia Hall, notre auditorium, a été reconstruit. Tout le centre-ville a été rénové à l'approche de 2007. Il y a eu un déclic, une métamorphose."
En revanche, sur un terrain strictement culturel, Tiberiu Costachescu se montre perplexe. "En fait, on était plus dans l'événementiel, la publicité, que la culture. Il y a eu énormément de feux d'artifices, une vraie liesse, de grands concerts comme deux de Julio Iglesias, ou de Goran Bregovic… 220 événements ont été proposés toute l'année, avec une vraie dimension festive: une vingtaine de bars de nuit ont ainsi ouvertMais au niveau artistique… on aurait sans doute pu faire mieux. Je me souviendrai de quelques temps forts, comme le festival du film documentaire, Astra, ou le salon du livre."
Bref, un bon point pour la communication, moins pour la création. [...]

[Une bonne part de culture bidon dont "énormément de feux d'artifices" donnent le ton et le degré écologique de ce que représente le "statut de capitale culturelle européenne".
Le tout pour un prix secret… "En Roumanie, on ne parle pas trop des budgets".

Dans un tel "statut" pseudo-culturel, on peut se demander ce qui attire les élus d'une ville… pas les bistrots?…]

08/01/08, SO, p. 2-11 :
Le Promeneur de Bacalan a vu s'écrouler en quelques jours un monument de son quartier. Quelques pans de mur avaient été fortement endommagés lors de la tempête de 1999, les engins dirigés par la CUB ont achevé de détruire l'entrepôt Bur, rue Blanqui. Il ne servait plus depuis de nombreuses années, mais les publicités pour le Muscabur rappelaient aux nostalgiques un passé plus glorieux. Actuellement, seul un grand espace encombré de ferrailles rappelle que certains l'avaient surnommé "la cathédrale".

08/03/08a, Clément Le Goff, SO, p. 2-9 :
[...]
Malgré tout, l'issue semble inévitable et un nouveau collège [Cassignol] s'impose. Les terrains se font rares et celui-ci, situé [61 rue Laroche 33000 Bordeaux] juste en face du collège actuel tombe à point nommé. Et puis conserver la façade ressemble à un casse-tête architectural [...].
[...]
[...] "L'intérêt social et urbain de cette opération est plus important que la perte matrimoniale," affirme François Gondran, architecte des Bâtiments de France. Il s'était pourtant opposé au premier permis de démolir, mais la construction du nouveau collège, d'une capacité de 600 élèves l'a emporté. M. Gondran tient également à rappeler que la destruction de bâtiments anciens et une chose courante, "lorsqu'il n'est pas possible de les garder dans de bonnes conditions". Si polémique il y a, c'est plus sur le manque d'information [...].

Un premier permis de démolir est demandé par la CUB (alors propriétaire du bâtiment) le 13 octobre 2005. La demande est accompagnée d'une photo de la façade appelée "vue principale". Elle est refusée par la mairie de Bordeaux. Le maire se conforme à l'avis de l'architecte des Bâtiments de France selon lequel "le projet aboutit à démolir un bel immeuble ordonnancé, ce qui serait une perte inappréciable pour l'histoire de ce quartier et l'esthétique générale des lieux".
Le 26 janvier 2006, un second permis de démolir est déposé à la mairie de Bordeaux. Cette fois la demande de la CUB est accompagnée de deux photos, également titrées "vue principale" [...] prises derrière le bâtiment. Le permis de démolir est accordé.

Voir suite 08/07/08 è

[On peut donc s'autoriser à anéantir n'importe quel pertuis tant qu'on ne l'entretient pas. "Le manque d'information" et le choix du moment facilitent bien des disparitions brusques et autres faits accomplis de tous gabarits (le pertuis, vous dis-je). Des précautions oratoires font l'effet de luxes de casuistes (le Gaumont, vous répêtège! Se méfier de formules consacrées ("intérêt social", "issue inévitable", etc.) signes que l'affaire est dans le trou.]

08/03/08, Cadish, SO, p. 2-11 :
Dans une zone peu hospitalière, au-delà du quartier des Chartrons et à quelques pas des écluses des bassins à flot, s'élève, au numéro un de la rue Achard et place Victor-Raulin, un des derniers beaux exemples d'architecture unitaire et militaire du XVIIIe siècle, témoin du passé glorieux du port de Bordeaux du siècle des lumières.
[...]
Pendant la seconde guerre mondiale, la construction d'un blockhaus rompit l'harmonie de la place. Seuls subsistent, bien que dénaturés, le bâtiment principal et deux pavillons qui servaient de "tueries" pour le bétail parqué sur la place. Ses différentes affectations, toujours assorties de déboires, ont altéré progressivement la qualité de son architecture ignorée par de nombreux Bordelais. Incendié en 1919, il fut restauré ensuite.
[...]
[...] Son classement au titre de monument historique le 22 mars 1991 n'a malheureusement pas interrompu son délabrement. Des arbustes achèvent de desceller les pierres et une décharge a pris place dans son ancienne cour. Le temps passe non sans douleur pour ce monument, un des plus beaux témoignages maritimes de notre ville. [...]

[L'auteur se lamente, mais il paraît ignorer les professions de foi des "nouveaux écolos", rongeant leurs freins, prêts d'en découdre dans d'innombrables situations de ce genre. C'est comme si tout était réglé, question des ordure comprise.]

20/03/08, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 2-13 :
Le pont de pierre en dates:

juin 1810, Napoléon 1er ordonne la construction du pont.

1810-1822, le pont (à péage) est livré à la circulation. Un sou pour franchir la Garonne.

1861, l'ouvrage est racheté par l'Etat, le département et la ville. Fin du péage.

1956, élargissement de l'ouvrage: 20 mètres (12 pour la chaussée, le reste pour les trottoirs).

Fin 1995, le pont est fermé à la circulation: la pile 7 menace de s'effondrer et tout emporter avec elle.

1996, plusieurs mois de travaux pour consolider la pile défaillante et ses voisines.

2000, l'Etat cède le pont à la CUB.

[Voir dans SO de ce jour des photos du nettoyage de l'intérieur du pont]

chronologie historique du pont de pierre

08/07/08, Denis Lherm, SO, p. 2-9 :
Cela ressemble à la démarche de la dernière chance. La Société archéologique de Bordeaux vient d'écrire à la mairie de Bordeaux pour tenter de sauver de la destruction la façade d'un chai du XIXe siècle à la place duquel le collège Cassignol doit construire une extension. La mairie n'est pas directement concernée [...].
En fin de semaine dernière, le Conseil général a confirmé que la façade du bâtiment serait effectivement détruite, l'administration des bâtiments de France ayant donné son feu vert. [...] L'architecte des Bâtiments de France avait refusé un premier permis de démolir pour éventuellement conserver la façade. Puis le collège a présenté un nouveau dossier avec des photos de l'arrière du bâtiment pour obtenir le permis! Ce que nous demandons, c'est que la façade soit conservée. "Ce bâtiment, [déclare Robert Coustet,] est très intéressant [...]. Dans ce quartier un peu banal, il offre une des plus belles façades de cette époque. [...]"
Côté mairie, on se borne à indiquer que l'institution la mieux placée pour plaider la cause de la façade, c'est la Drac (Direction régionales des affaires culturelles) et non la municipalité…
8

Voir suite 09/10/08, ci-dessous è

30/07/08, Anne-Louise Dupin, SO, p. 2-10 :
Il est 5 heures, Bordeaux s'éveille à peine, mais les employés du service de nettoyage sont déjà à pied d'œuvre sur le miroir d'eau des quais. Il va leur falloir près de 2 heures pour nettoyer l'installation, car le miroir d'eau est devenu le lieu où il faut finir sa nuit après avoir fait la fête en ville. Et au petit matin, les fêtards laissent l'endroit dans un état catastrophique. [... :] un spectacle affligeant.
Le dernier jeu à la mode sur le miroir d'eau consiste à casser sa bouteille vide et à en compter les débris: le buveur qui en a obtenu le plus de morceaux se fait offrir une tournée… [...]
[...] A la pharmacie de la Bourse, située sur les quais, on voit défiler depuis longtemps les enfants qui se sont coupés en marchant pieds nus sur des morceaux de verre.
"La mairie a mis en place il y a un an un nettoyage quotidien [...], mais il reste toujours de petits éclats de verre qui sont sans doute impossibles à ramasser", explique le pharmacien.
[...] Mais ce miracle quotidien n'est pas gratuit: 600€ par jour [...].
[...] Les touristes sont dans l'ensemble très propres et respectueux de la ville. [...]

[On peut ajouter:

[...] voici la fontaine des Trois-Grâces, dans le même secteur labellisé Unesco l'an dernier, transformée en lavoir. Ce week-end plusieurs promeneurs ont pu voir du linge sécher sur une chaîne qui ceinture la place de la Bourse, après avoir été lavé dans la noble fontaine toute proche. [...]
(SO, 29/07/08, p. 2-1)

"Bordeaux - Unesco" ou "Bordeaux - 2013" ?

Il n'y a guère, un des ministères du gouvernement de la République se nommait "Ministère de l'Instruction publique". L'Ecole était plus spécialement chargée d'instruire et les parents d'éduquer les futurs citoyens. En fait, Ecole et parents empiétaient l'un sur la rôle de l'autre suivant leurs aptitudes.

De nos jours, il semblerait que l'Ecole n'enseigne plus et que les parents n'éduquent plus. Le nom du ministère en question a changé. Il est devenu le "Ministère de l'Education nationale".]

02/08/08, Olivier Escots, SO, p. 2-10 :
[...]
"Les habitants du quartier ont montré qu'ils étaient attachés à leur patrimoine. Ils ont été entendus", affirmait hier Vincent Feltesse. Les Bacalanais peuvent néanmoins peuvent avoir l'impression d'avoir été délaissés jusque là, en se contentant d'un réseau de transports jugé insuffisant par de nombreux riverains.
[...]

[Quant aux Bacalanais "attachés à leur patrimoine", le quartier des bassins à flot est propre à les mettre à l'épreuve. Celle du pertuis n'est pas la première ni la dernière.]

18/08/08, Julien Rousset, SO, p. 2-11 :
BORDEAUX UNESCO : LE VRAI-FAUX BLOG
Les terrasses qui dépassent,
les poubelles pas belles,
les panneaux qui en font trop…
Un blog met en images les imperfections du paysage bordelais. Il a été ironiquement baptisé Bordeaux Unesco. Son préambule annonce: "nous aimons Alain Juppé, il faut l'aider, il ne peut être partout et tout voir."
Suit un festival de clichés présentant les grains de sable faisant tache. Cibles de choix: les abus constatés sur le miroir d'eau, les terrasses qui prennent trop leurs aises et les chevalets publicitaires encombrant les trottoirs. Les légendes sont acérées, souvent drôles, mais elles versent aussi dans l'attaque personnelle. Le blog a ses têtes de turc; il épargne peu les "notables", les élus, à part Hugues Martin.
Derrière cette plume à vif et cette connaissance intime de Bordeaux, il n'est pas très difficile d'identifier le photographe Richard Zeboulon, franc-tireur, amoureux du patrimoine bordelais, ancien candidat à diverses élections locales.
"J'assume totalement. Cette ville est mise en péril par l'anarchie." Pourquoi ce ton parfois violent? "C'est le ton du chansonnier, de l'excès, le seul ton possible ici pour se faire entendre."

[Adresse du blog de Richard Zeboulon :

< http://33Bordeaux.blogspot.com/ >.]

[On s'y attendait…
Qui aime bien châtie bien.
Photos + textes = voir + lire : du travail complet.
Qui ne voudrait pas avoir pondu ce blog ?!

Pour le blognaute, on peut mentionner un renvoi à :
Bordeaux7 du 27/08/08, p. 3,
qui présente ce blog avec la même veine.]

17/09/08, Jean-Denis Renard, SO, p. 2-2 :

Stéphane Pusateri, Président de l'Association des Riverains de Bordeaux—
"Marseille a une politique culturelle de longue date, un grand musée de la culture européenne est en voie de création. Si, à Bordeaux, le projet était intéressant, il a manqué sans aucun doute de bases solides, c'est-à-dire une politique culturelle de longue date. Bordeaux a perdu [...]."

Michèle Delaunay, députée de Bordeaux—
"Ce soir, chaque Bordelais se sent recalé… Cette distinction aurait impulsé une dynamique culturelle susceptible d'entraîner l'ensemble des acteurs de notre ville et de les faire bénéficier de moyens à la hauteur de leurs possibilités et de leurs ambitions. On ne peut également que regretter de ne pas voir se concrétiser un investissement esthétique et financier substantiel. La décision du jury européen — venant après le jugement de l'Unesco sur la destruction du pont du pertuis et le projet de franchissement de la Garonne qui insécurise le classement au Patrimoine mondial — atteint les Bordelais, qui sont également fiers de leur histoire et soucieux de la dynamique culturelle de leur ville.

Patrick Duval, le directeur de Musiques de Nuit,
qui faisait partie de la délégation montée à Paris prend le contre-pied du fair-play affiché en façade—
[...] "Pourquoi Marseille a gagné? Ce sont des spécialistes des coups tordus, en foot comme en politique ! Vous pouvez l'écrire. On ne connaîtra jamais les dessous de la désignation, mais des dessous, il y en a".
La culture crue, l'art brut, un sillon à creuser pour se consoler?

[Encore faut-il la connaître, leur histoire, pour comprendre que les Bordelais ont quelque chose à protéger et développer ! Les pièces de notre patrimoine sautent aux yeux: en ce moment crucial, que dire du pont d'Eiffel ! Et à ce train-là, que ne vend-on pas sa tour aux brocanteurs ? A l'instar du seul pont à culasse restant du siècle passé, qui a pesé léger par rapport à un lion en plastoche bleu horizon. Madonna tient lieu de "Mai de Bordeaux".]

18/09/08, Dominique de Laage, SO, p. 2-9 :
[...]
Guy Lenoir, la cheville ouvrière de MC2A [...] [: "...] Le temps viendra de nous interroger sur notre copie [de candidature Bordeaux-2013]. C'est encore un peu tôt. Sans doute avons-nous mal utilisé le potentiel des Antilles, de la Guadeloupe et du Maghreb. Et mal traité également la mémoire de l'esclavage. Et puis, il faut le dire, nous avons sans doute payé des années et des années d'endormissement de la ville sur le plan culturel. On ne rattrape pas en un an ce qui n'a pas été fait durant… longtemps. [...]"
Autre son de cloche du côté de Anne-Gaëlle Coomber, qui tient la galerie "A suivre": "[...] tout est à créer ici, où la politique culturelle n'existe pas. Les choses ont commencé à bouger avec cette candidature. Pour nous, cette défaite est donc un coup dur. Nous revenons à la case départ. A la case démerdez-vous sur laquelle nous sommes tenus depuis des années. [...]"
Ailleurs, mais encore à demi-mot, de sérieuses critiques du dossier bordelais ont commencé de se faire entendre hier. [...], les explications de gravures vont probablement être assez rudes.
[...]

[Qu'a-t-on fait pour rattraper le temps perdu ? Des besognes n'inspirant pas l'approbation d'un jury ? Par exemple du saucissonnage culturel avec l'Unesco, du tronçonnage de pont à culasse, etc. De la politique sans doute? Du dénigrement portuaire alors que Marseille, dans son décor antique, est la championne du tourisme de croisière en France et en Europe.
Au même moment que Bordeaux crée des difficultés d'accostage aux "caisses à savon", Marseille, sans être aussi bien lotie en matière d'accostage que Bordeaux, Marseille s'efforce de reçoit un nombre incalculable de paquebots. Et ça lui rapporte revenus et label !]

Voir SO, 17/09/08, p. 1-2.

26/09/08, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 2-1 :
La connaissance, la conservation ainsi que la mise en valeur du patrimoine architectural et urbain du XXe siècle constitue l'une des actions majeures du ministère de la culture. Et pour protéger ces biens, il a créé le Label Patrimoine du XXe siècle.
[...]

Quinze sites girondins ont été labellisés hier soir, lors d'une réception officielle dans les locaux de la Drac.
Il s'agit de:

— la villa Kypris d'Arcachon (1923)
— l'ex-centre de tri postal de la gare St-Jean (1925)
— la maison-agence Ferret à Bordeaux (1925)
— la maison la Pergola (1928)
— le collège Goya de Bordeaux (1930)
— la crèche et les anciens bains-douches de Bacalan (1937)
— le stade Chaban-Delmas (1940)
— la caserne des pompiers de la Benauge (1954)
— la salle des fêtes du Grand-Parc (1964)
— l'Ecole nationale de la Magistrature (1973)
— le siège de la société Calvé à Bordeaux (1972)
— le nouveau palais de justice de Bordeaux (1992)
— l'hôtel Saint-James à Bouliac (1988)
— la maison Salier à Latresne (1966)
— et le laboratoire pharmaceutique à Mérignac Chemin Long (1967).

29/09/08, Bernard Broustet, SO, p. 2-8 :
[...]
[...] Redevco prévoit de déménager de quelques centaines de mètres le magasins C&A dont elle est propriétaire rue Porte-Dijeaux. Une partie des immeubles accueillera des commerces au rez-de-chaussée et au premier étage, puis des logements sociaux, au-dessus.
Une autre partie du magasin sera détruite pour aménager une rue parallèle à la rue Sainte-Catherine, aussi large qu'elle, descendant vers ce qui est aujourd'hui le siège de notre journal, après avoir enjambé rue Margaux.
Au bout de cette nouvelle artère, la place Sainte-Catherine, créée de fond en comble, sera le cœur de ce nouveau complexe, où le principe de la concentration verticale des commerces et des logements s'appliquera pratiquement à tous les immeubles.
A partir de cette trame initiale, Denis Valode et Jean-Pistre [aménageurs, avec antennes en Russie, Chine, Espagne] imprimeront leur marque. Ils ont décidé d'édifier au bout de la place Sainte-Catherine un immeuble "totem" doté d'un mur-rideau ouvert à des animations graphiques. Ils ont choisi une gamme de matériaux, incluant, au fil des niveaux, des moellons banchés, de la pierre de Bordeaux et des bardages en pin des Landes.

09/10/08, Julien Rousset, SO, p. 2-9 :
[...]
Quant au Conseil général, on y affirme que le "projet [de démolir la façade du chai pour construire un nouveau Cassignol] n'est pas du tout suspendu!" La commission permanente a d'ailleurs autorisé, pas plus tard que lundi, le lancement des procédures de marché public.
[...] Il va bel et bien falloir compter sur l'avis de l'Unesco, décidément devenue la planche de salut de tous les défenseurs de vieilles pierres.
Un groupe de riverains, appuyés par quelques architectes et de grands amoureux du patrimoine bordelais tels que Robert Coustet, ont saisi l'Unesco sur le sort du chai promis à la disparition. "Cette façade est très riche, très bien dessinée, et témoigne d'une architecture commerciale assez rare dans notre ville", expliquait hier Robert Coustet.
[...]
Pourrait-on sauver la façade tout en construisant un nouveau collège? La réponse est non: "Si l'on garde le mur, on ne fait plus de collège, car ses ouvertures ne correspondes pas du tout à celles d'un établissement scolaire et il faudrait reconstruire une façade en retrait, ce qui impliquerait une perte de superficie majeure", explique un acteur du dossier.
L'Unesco devrait rendre son avis à la fin de l'année. Un avis que la mairie et le conseil général ne sont pas obligés de prendre en compte. [...]

[Nombre de technocrates entendent leur mission comme une démolition du passé.
L'exemple de ces façades, si près de nous, ressemble à une provocation. Comparer, si elle s'érige, la nouvelle façade du nouveau collège, celle du présent collège, et celle du présent chai.

A Toulouse, les élus et architectes se font un honneur de conserver et restaurer les façades des nombreux bâtiments dont ils rasent entièrement le reste par ailleurs.

A Bordeaux, on a oublié qu'une jolie façade, à quelque mètres du chai, fut démolie il y a des années. Qu'ont fait les esthètes à la place?
Dans le même voisinage alentour, comment les "responsables de tous bords" entretiennent-ils Bordeaux? Voir :

< http://33Bordeaux.blogspot.com/ >
<
http://bordeaux33.blogsudouest.com/ >

Il semblerait que les Bordelais aient besoin d'un Unesco pour respecter leur propre héritage?
Après avoir été bien inopinément prise de court au pertuis, l'Unesco maintenant se méfie de tout.]

Voir début 08/03/08a, ci-dessus ç

 

"2008", en-tête é

"2008", bas (ici)

Héritage bordelais, "2009", en-tête (ici)

"2009", bas ê

22/01/09, Michèle DELAUNAY, Députée de la Gironde, communiqué de presse :

Michèle Delaunay rencontre Franscesco Bandarin,

Michèle Delaunay a rencontré aujourd’hui Monsieur Francesco Bandarin, Directeur du Centre du Patrimoine Mondial. Cette rencontre a permis d’envisager de manière très ouverte et positive les différents dossiers qui interpellent à ce jour l’UNESCO.

Tout d’abord, Michèle Delaunay a tenu à rappeler combien les Bordelais, au nom desquels elle s’exprime, sont attachés au classement du Port de la Lune au titre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO et elle en a remercié ses instances.

Le dossier principal est bien sûr celui du franchissement Bacalan Bastide. Michèle Delaunay a exprimé ses interrogations à la fois sur l’impact paysager du projet du pont levant ainsi que sur l’avenir maritime et fluvial de Bordeaux.

Monsieur Bandarin a confirmé que le classement du Port de la Lune n’était pas seulement un classement du patrimoine paysager et architectural mais aussi un classement culturel dynamique prenant en compte l’activité passée et future de la ville, dont le nom lui-même est lié à sa spécificité de grand port maritime.

Michèle Delaunay, en sa qualité de Conseillère générale, a de plus évoqué le dossier du collège Cassignol. A ce propos, Monsieur Bandarin a insisté sur le fait que le classement n’était pas l’attribution d’un " label 5 étoiles " mais qu’il consacrait l’engagement des collectivités dans une politique patrimoniale que l’UNESCO accompagne.

A ce titre, il a souligné que le bâtiment ancien du Collège Cassignol, dans lequel doit s’insérer l’établissement, était un ancien chai, bien en accord avec la renommée viti-vinicole de notre ville.

Enfin Monsieur Bandarin a exprimé son grand regret de l’absence " catastrophique " de conservation du Pont du Pertuis remplacé par une construction médiocre.

Sur aucun des dossiers, il ne s’est bien sûr prononcé car ils doivent être approfondis. Il a cependant tenu, à rappeler aux Bordelais, par l’intermédiaire de leur députée, que l’UNESCO n’était pas un juge mais au contraire un compagnon dans la mise en œuvre d’une politique patrimoniale en phase avec les réalités actuelles et les ambitions des territoires classés.

____________________

Contact : Marie-Anne MALGOUYRES. Tél : 06 80 89 47 37

Permanence parlementaire : 20 rue Saint Laurent - 33000 BORDEAUX

Tél. 05 56 44 84 80 - Fax 05 56 52 57 06 - E-mail : delaunay.deputee@orange.fr

8

06/03/09, D. G., SO, p. 26 :
L'exposition "Sur les quais", qui ouvre ses portes aujourd'hui au musée des Beaux-Arts de Bordeaux, est une invitation à se souvenir du passé portuaire de la ville, qui n'en garde plus trace.
Les magasins à vivre, les hangars, les grues, les entrepôts et les pontons ont été rayés du paysage. Les peintures et photographies, outre leurs qualités propres, apportent donc les derniers témoignages d'un temps révolu, objets de nostalgie pour les plus âgés, d'ignorance pour les jeunes générations.
[...] Les grands vaisseaux apportaient sur les rives de la Garonne une moisson d'images empruntées à des pays lointains et des couleurs contrastées quand les reflets grisés du fleuve reflétaient la finesse des mâts, les tons sourds des coques et les costumes des voyageurs, ou des dockers affairés sur la rive.
Ouverture sur l'ailleurs, monde industriel à la conquête de la modernité, rien n'a échappé au regard aigus des peintres, à Bordeaux ou ailleurs. Marquet, Boudin, Braque, Paul Signac, Camille Pissaro, André Lhote et bien d'autres ont marqué ce thème de leur regard singulier. Et ils nous restituent ce qui aussi était une identité culturelle.
{G}

[Qui est coupable de la criminelle méconnaissance dont les électeurs font preuve concernant l'Histoire, locale autant que générale? Les élus ou les enseignants? Les premiers édictent ex cathedra les règlements que les seconds appliquent.

Qui est coupable de la criminelle mort de "l'identité culturelle" du port de la lune; effacée afin "qu'il n'en garde plus trace"?

Bordeaux, ta culture fout le camp! R2]

09/03/09, Cadish, SO, p. 15 :
[...]
Quelques années auparavant, Bartholdi [auteur de la statue de la Liberté] avait été sollicité par la ville de Bordeaux pour fournir un projet de fontaine destiné à l'hémicycle des Quinconces. Il obtint le premier prix, mais son œuvre, trop coûteuse, ne fut pas réalisée. Malchanceux mais pas rancunier, Bartholdi fit don à la ville d'une réduction de sa célèbre statue. [...]
[...] Le maître fait le déplacement à Bordeaux en septembre 1886, peu de temps avant son départ pour New York où se préparent des fêtes destinées à l'inauguration de la statue de la Liberté. Le 18 novembre 1887, plus de 10 tonnes de pierre provenant d'Échaillons, en Isère, arrivent à la gare d'Orléans. Les travaux bordelais peuvent donc commencer: 80 pieux en bois de pin gemme sont enfoncés à 12m de profondeur pour soutenir les maçonneries. Montée sur un haut piédestal de pierre, la statue fait corps avec une fontaine publique [...].
[...] En 1941, la statue est démontée par les troupes allemandes [...]. Depuis l'an 2000, une copie en résine plus petite [...] est dressée au centre de la place [...].
§

16/03/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 19 :
[...]
Juste devant le portail nord de la cathédrale St-André, là, quelques centimètres à peine sous la chaussée de la route, qui contournait auparavant la cathédrale, se trouvaient les restes du portail de la 1re cathédrale de Bordeaux, construite au XIIe siècle.
Des bas de murs, des colonnes, des marches menant à une minicrypte, des peintures murales, des sarcophages. Au milieu de tout cela, un seul "historique": celui qu'auraient franchi en 1152 la belle Aliénor d'Aquitaine et Henri Plantagenêt, le jour de leur mariage.
[...]
Un moment donc, il a été envisagé de placer l'ensemble sous un immense couvercle de verre, ce qui aurait permis de voir les vestiges en marchant tout simplement sur la place.
Les études réalisées ont malheureusement fait apparaître une multitude d'obstacles: un coût exorbitant bien sûr, mais aussi de sérieux problèmes techniques. [...]
[...]
Aussi, tout projet de conservation a-t-il été abandonné. Il a été tout de même décidé de poursuivre les fouilles de manière à déterminer la valeur réelle du trésor et faire des images pour les archives locales.
[...]
Ceci fait, tout sera bien enveloppé et ensablé. Ensuite, les ouvriers recouvriront l'espace avec des dalles de granit grises comme les autres. [...]

19/03/09, Denis Lherme, SO, p. 21 :
[...]
[...] Ces fouilles ont démarré le 9 mars dernier et elles ont déjà fourni des éléments intéressants. À commencer par une construction en bois plongée dans une gangue de terre noire. "Il s'agit probablement d'un pont, puisque nous avons des pieux et des traverses", explique Jérôme Henique, le chef des fouilles. Nous sommes ici à 5m en dessous du niveau du sol actuel, dans un sol marécageux, qui s'est sans doute formé en recouvrement du sol antique. Nous sommes surtout sur les berges du Peugue, ce fameux affluent de la Garonne, au bord duquel un village, Bordeaux, est né. Un pont ici, ce n'est pas incongru [...]…
[...]
[...] Le plus étonnant pour les non spécialistes, c'est quand même de voir le lit du Peugue à l'air libre, le ruisseau originel, dont les abords auraient déjà livré, lors de fouilles plus anciennes, des traces de culture de céréales remontant à 7 siècles avant notre ère. [...]

04/07/09, Laurie Bosdecher, SO, p. 28 :
Dites Grattequina et vous pensez château, réception avec vue sur Garonne. Dans un autre temps, le site a aussi hébergé un port, où les bateaux déchargeaient des cargaisons de charbon, farine et grain; passé que peu de Blanquefortais ont connu de visu.
Les bateaux n'accostent plus depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. [...]

06/07/09, stephane.pusateri@wanadoo.fr :
Les fossoyeurs du patrimoine sont les fossoyeurs de l’avenir économique de Bordeaux

Charte Wilmotte, qui a fait disparaître les pavés bordelais de la rue de Ruat et de la rue St James faisant disparaître l’identité d’un grand nombre de rues de Bordeaux, destruction du Pont du Perthuis, cisaillage de la passerelle Eiffel, refus de mise en valeur des vestiges de la crypte romane de la Cathédrale St André, construction des trémies de Pey Berland, aménagement stalinien du cours Victor Hugo, érection prochaine d’une façade mussolinienne pour le futur auditorium, architecture indigente et déjà démodée du front de Garonne à la Bastide, construction du Pont
Bacalan-Bastide, décidément on ne compte plus à Bordeaux les atteintes au patrimoine et à l’environnement. Sans parler des investissements réalisés dans le cadre du 1 % lors des commandes publiques qui émaillent le cheminement du tramway : le lion bleuâtre de la Place Stalingrad, la colonne insipide de Theimer à la Victoire, la maison aux personnages Place Léon Amélie Raba Léon… qui feront date dans l’histoire au même titre que nombre de ronds points kitch au coût exorbitant.

Lors du classement de l’Unesco nous nous étions félicités du label Unesco, mais nous avions aussitôt souligné qu’il induisait des devoirs, des exigences, et nous nous demandions si la ville de Bordeaux avait bien compris à quoi elle s’était engagée en le sollicitant.

Très très vite le hiatus est apparu....

[...]

11/07/09, Michel Suffran, SO :

PLAIDOYER POUR DES PIERRES VIVANTES

Je ne me présente pas ici en donneur de leçons mais en poseur de questions. Ou, pour être plus exact, d’une question précise : pour quelle singulière raison (ou quelle inexplicable obstination) certains décideurs en cette ville s’arrogent-ils le droit de recouvrir sous une triple chape de ciment, de dalles de granit et de plaque de bronze (servant d’épitaphe !) ce bien collectif inestimable que constituent les vestiges du porche roman de la cathédrale Saint André primitive (du XIe siècle) ?

Rappelons brièvement les faits analysés déjà, à maintes reprises, avec rigueur et talent dans Sud Ouest par Jean-Paul Vignaud. Voici environ huit siècles lors de l’édification de la nouvelle cathédrale gothique, des mains ferventes aménagèrent, devant le grand portail actuel, une petite crypte où se trouvent préservées les quatre imposants piliers en pierre blonde du porche ancien qu’un matin d’été 1137 franchit la jeune Aliénor au bras de son futur époux, le dauphin Louis VII, apportant ainsi " en dot " l’Aquitaine, dont elle était duchesse, à la Couronne de France. En cette même crypte, providentiellement découverte au cours de travaux de voirie, voici un peu plus de trois ans, ont été sauvegardés quelques sarcophages en pierre sculptée ainsi que d’émouvantes fresques murales dont la mieux conservée représente un petit gisant (Saint-Jacques, semble-t-il) voguant au creux de sa barque sur une céleste mer azurée.

Cet émouvant trésor, beaucoup de Bordelais ont pu le contempler avec admiration lors des visites organisées à l’occasion des récentes fouilles.

Or voici qu’après un inventaire purement technique la décision intempestive a été prise d’ensabler à ras bord puis d’emmurer à nouveau, radicalement cette fois, ces inestimables reliques sous un lourd revêtement minéral. Et ceci pour une durée indéterminée, laissant aux générations futures le soin de pallier nos actuelles défaillances.

Effacement méthodique s’apparentant à une privation patrimoniale pure et simple.

Pourquoi tant de hâte semi-clandestine jointe à une absence totale d’information et de concertation ? Pourquoi — nous avons pu le vérifier — l’Architecte en chef des Monuments historiques n’a-t-il pas été consulté quant à cette décision ? La crypte s’est trouvée dépouillée de son contenu originel, les sarcophages allant s’entasser dans les réserves du Musée d’Aquitaine. On nous promet, toutefois, une pâlotte " image virtuelle " en compensation de ces pierres vives, vouées, désormais, aux ténèbres souterraines ! Exaltante consolation !

Ensevelir pour protéger. Étrange dialectique apparentant l’archéologie aux pompes funèbres ! En bien d’autres sites identiques (là-dessus encore nous nous sommes renseignés) la mise en valeur par visibilité directe sous dalles de verre a été assurée sans le moindre problème grâce à une climatisation bien conçue et parfaitement maîtrisée. Mais en a-t-on seulement, ici, envisagé la possibilité ?

Que l’on me comprenne bien : je ne suis, en l’occurrence, qu’un porte-parole. Un peu partout (à l’Académie de Bordeaux, au sein même de la Direction des Affaires Culturelles, parmi nombre de nos concitoyens, aussi, des protestations s’élèvent contre une aussi inconcevable et arbitraire confiscation, une aussi morne table rase ! Comme si de rien n’avait jamais été…

Pour le moins une suspension des travaux mortifères en cours s’impose. Que notre ville ne s’adonne pas, envers ce lieu de Beauté et d’Histoire implanté en son cœur, à la même désinvolte indifférence qui a présidé à la démolition du Port du Pertuis et failli entraîner la destruction de la belle façade du chai de la rue Laroche et de la passerelle Eiffel.

Mais ne soyons pas pessimistes : une prise de conscience semble s’ébaucher en haut lieu. Monsieur Feltesse, président de la CUB, ne déclarait-il pas, tout récemment, en ces colonnes " éprouver du mal à se résigner à la fatalité d’un enfouissement de ces vestiges " ?

Rassurons-le : cette " fatalité " par abandon s’avère de bien peu de poids lorsque lucidité et volonté s’allient pour lui faire obstacle !

Michel Suffran

[Aurait-on pensé à un système périscopique balayant cette minicrypte étanche, qu'illumineraient savamment des projecteurs à diodes?]

31/07/09, Dominique Manenc, SO, p. 13 :
Elles sont visibles de la rue des Étrangers, à Bordeaux. Les deux formes de radoub, ou cales sèches, ont été construites pour réparer les navires.
La première (155 m sur 22) pour accueillir, dès 1885, les grands transatlantiques. [...] Le bassin était vidé grâce à quatre pompes [...].
La deuxième forme de radoub, de 106 mètres de long, a été mise en service en 1906. Elles ont été utilisées jusqu'en 1995 et font aujourd'hui l'objet d'une procédure de classement à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. [...]

[Les grands esprits se rencontrant, il s'en fallut de peu que ces deux "dry docks" ne partent à la poubelle —, en même temps que le pont du pertuis —.
D'autant plus que, à l'instar de la rade et particulièrement de sa section devant la Bourse, ces formes ont vocation à recevoir des transatlantiques et que tout le monde ne sait plus ce que ces embarcations signifient.]

22/08/09, SO, p. 13 :
L'ex-centre de tri [postal "Art déco"] de la gare Bordeaux St-Jean figure [rue Charles Domerck] parmi les 15 bâtiments labellisés "Patrimoine du XXe siècle" en Gironde.
[...]
Jusqu'au début des années 2000, l'immeuble était en très mauvais état, il est aujourd'hui tout beau grâce à la réhabilitation totale assurée et financée par Réseau ferré de France, son propriétaire [...]. Pour abriter des locaux techniques [...] et, à l'horizon 2013, le poste de commandement des lignes à grande vitesse.
[...]

 

"héritage 2009", en-tête é .

"héritage 2009", bas (ici)

 

 

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