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Contournements

[…] La rencontre, hier, entre d'une part Dominique Moyen et son équipe du grand débat public, et d'autre part les élus du département a montré l'unanimité en faveur de ce projet.
[…]
L'approbation ne va toutefois pas sans conditions. Philippe Madrelle a tout d'abord réclamé que le futur contournement, s'il se fait, passe par une autoroute à péage. Plusieurs intervenants ont insisté pour une réflexion plus large et un effort en faveur de tous les moyens de communications. Nicolas Florian a par exemple insisté pour l'achèvement de la rocade à 2 x 3 voies et pour le développement du cabotage sur la Garonne. Philippe Madrelle a suggéré l'étude de nouveaux moyens de transport "plus légers que l'air" pour les produits pondéreux. Alain Renard a insisté: son oui au contournement est aussi un oui à la LGV mais aussi aux petites lignes ferroviaires locales. Le contournement de Bordeaux doit être l'occasion de "changer la donne pour un rééquilibrage des moyens de transport en France et en Europe", a souligné Jean-Jacques Paris.
[…]
(Michel Monteil, SO, 12/12/03, p. 2-4)

[C'est la période des lettres au Père Noël: on peut croire réaliser par enchantement les bonnes intentions à la traîne depuis des décennies; ou compter sur un débat alibi baignant dans "l'unanimité" pour faire avaler une pilule toute prête.]

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Si une majorité d'élus du Conseil général est favorable au grand contournement de Bordeaux, "il se trouve d'autres élus dans d'autres instances qui ne partagent pas du tout cette option et qui combattent la logique du tout-camion", rappellent Pierre Hurmic, conseiller régional, et Noël Mamère, député.
Le 7 novembre, ce dernier a écrit à Dominique Moyen, président de la commission du débat public, soulignant que "la validité" du projet va "à l'encontre de la logique du développement durable". Noël Mamère cite la priorité donnée à la route sans prise en compte de l'impact environnemental et il déplore qu'aucune "solution alternative sérieuse" ne soit envisagée.
(SO, 17/12/03, p. 2-5)
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Sauf miracle, la part du rail dans le transport de marchandises devrait encore décliner en 2004, au profit du camion. Le plan de restructuration de la branche fret de la SNCF, discuté hier devant le Comité central d'entreprise, devrait déboucher sur une baisse de l'offre de traction et sur une hausse des tarifs. Cette cure d'austérité est destinée, dans un premier temps au moins, à restaurer la rentabilité de cette activité, dont les pertes pour 2003 pourraient atteindre 250 millions d'euros. Mais elle risque encore d'amoindrir la compétitivité du rail par rapport à la route.
[…]
(Bernard Broustet, SO, 18/12/03, p. 1-6)
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[…] Pour le Département, j'ai vu Philippe Madrelle il y a peu de temps. On a décidé de se rencontrer à nouveau pour soutenir le grand contournement. La contrepartie, c'était pas le tramway, c'était le pont Bacalan-Bastide. J'espère que les engagements seront tenus…
[…]
(Alain Juppé, SO, 20/12/03, p. 2-3)
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[…]
Seul Dominique Moyen, président de la CPDP, a décidé de rester a son poste pour mettre en forme le travail engagé en septembre dernier et assurer le compte-rendu des débats qui ont eu lieu jusqu'au 18 décembre. C'est à cette date, que le gouvernement a annoncé avoir décidé en Comité interministériel de développement et d'aménagement du territoire (CIADT) la réalisation d'un contournement autoroutier de Bordeaux, alors que la commission ne devait rendre son rapport qu'à partir du 15 janvier prochain.
[…]
[…] la CPDP a publié un communiqué très explicite où elle affirme que le gouvernement, "en prenant la décision de réaliser le contournement avant même la fin du débat public en cours, sans en avoir reçu le compte-rendu ni le bilan et donc sans avoir pu en tenir compte, manifeste ainsi un manque d'intérêt pour le débat sur les trois questions indissociables les unes des autres": opportunité du contournement? Par l'est ou par l'ouest? Sous quelles conditions? […]
(SO, 03/01/04, p. 2-3)

[Pour ceux qui ont des yeux mais ne s'en sont pas servi.]

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[…]
Pour Alain Juppé, "le gouvernement a parfaitement le droit d'afficher ses préférences et cela ne nuit en rien au travail de la commission. N'oublions pas non plus que le Conseil régional, le Conseil général et la Communauté urbaine se prononcent en faveur de ce contournement. Ce n'est pas rien non plus."
[…]
[…] le président de la Commission, Dominique Moyen, reste en place pour expédier les affaires courantes et transmettra donc l'avis communautaire. Un avis positif puisqu'il a additionné les suffrages du groupe Juppé et du groupe PS, moins les abstentions des deux élus de Parempuyre et de Saint-Aubin-de-Médoc qui s'inquiètent des conséquences environnementales pour le Médoc et ne sont pas certains que le contournement autoroutier désenclavera leur territoire. Quant à l'UDF Jacques Mangon, il a approuvé le projet "par défaut, car ne rien faire serait pire que tout." S'ils se sont prononcés pour ce contournement, les élus communautaires ont néanmoins posé des conditions. A savoir deux échangeurs seulement (presqu'île d'Ambès et aéroport de Mérignac) pour éviter le risque d'étalement urbain. Un risque que pronostique Marie-Claude Noël qui estime que ce projet, néfaste pour l'environnement, ne résoudra pas la saturation de la rocade car "celle-ci absorbe un trafic urbain et périurbain". "Et les camions espagnol, ils passent par où?" lui demande Alain Juppé.
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(Benoît Lasserre, SO, 06/01/04, p. 2-28)

[On ne parle pas d'ouest ni d'est mais l'allusion aux "échangeurs" (d'un nombre provisoire, mais "évolutif" vers la super-rocade: voir citation ci-dessous) indique que l'ouest (comme déjà dans le "consensus" à la mode) est imposé. Encore une fois pourquoi cette hypocrisie d'un (vrai faux) "débat" si tout s'impose de soi? Les "élus" font la loi mais apparemment pas ceux du coin qui vont être aux premiers rangs des pollutions.]

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[…]
En réalité, deux élus socialistes ont fait faux bon à leur groupe. Béatrice Defrançois (Parempuyre) et Michel Lamotte (Saint-Aubin-de-Médoc) ont manifesté par l'abstention leur crainte d'un projet dont le Sud-Médoc ne récolterait que les nuisances sans en retirer le moindre avantage. […]
[…]
"[…] D'entrée de jeu, je savais que ce débat public serait une farce", assure [Didier Mau, maire du Pian-Médoc…]. "Comment croire que le contournement va désenclaver le Médoc alors qu'il n'y a pas d'échangeur prévu?"
"Pierre Brana et Ludovic Freygefond, les maires d'Eysines et du Taillan, ont justement proposé à la CUB que le Médoc bénéficie d'une sortie", rappelle Christine Bost [conseillère générale PS du canton de Blanquefort].
"Alors, ce n'est plus un contournement autoroutier, mais une super-rocade, ce que la CUB ne veut pourtant pas", s'étonne Didier Mau, soutenu par son opposition de gauche. "L'agglomération bordelaise ne voit que son nombril en voulant desservir la presqu'île d'Ambès et ne voyant pas que le véritable désenclavement du Médoc et le véritable contournement de Bordeaux, c'est par le Nord qu'il se fera avec un pont sur l'estuaire."
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[…]
(Benoît Lasserre, SO, 07/01/04, p. 2-2)
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[…]
[…] [La Commission nationale du débat public (CNDP]) admet cependant comprendre la réaction de la CPDP girondine en constant que "de telles annonces en cours de débat peuvent casser le lien de confiance patiemment tissé par la CPDP avec le public". Elle a demandé à son président Yves Mansillon "d'appeler l'attention du gouvernement sur la nécessité de veiller à ce que rien ne puisse faire douter de l'intérêt porté par les pouvoirs publics à la procédure du débat public, élément d'enrichissement de notre vie démocratique".
[…]
(SO, 09/01/04, p. 2-4)

[Le haut-de-forme est-il obligatoire pour jouer au "premier qui doutera de l'intérêt porté au débat par les pouvoirs publics aura une tapette"?]

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Quelles que soient les péripéties connues par la commission particulière du débat public (CPDP), les "grands élus" sont plus que jamais favorables à la construction rapide d'un contournement autoroutier de l'agglomération bordelaise. […]
Alain Juppé a rappelé que leur accord avait été scellé "il y a plusieurs années".
[…]
Alain Rousset a par ailleurs souhaité que le débat public s'achève normalement, "parce qu'on ne peut pas prendre le risque que des aléas juridiques mettent en cause le chantier.
Il a espéré aussi que la maladresse commise par le gouvernement qui n'a pas, selon lui, su attendre la fin du débat pour annoncer sa décision de réaliser le grand contournement, puisse être l'objet d'une "réparation". […]
[…]
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[…]
"[…] C'est dire aux citoyens: causez toujours, de toute façon, la décision est prise. Pour dégoûter les gens de la politique, c'est l'idéal."
Sur le fond, Noël Mamère considère que ce grand contournement, "qui ne désengorgera nullement la rocade bordelaise, ne va faire qu'accélérer l'effet de serre dont la première cause est le transport. Il y aura encore plus de camions. C'est un projet suicidaire."
§
[…]
(SO, 10/01/04, p. 2-5)
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Le collectif Bordeaux incontournable espère que la réunion de la Commission nationale du débat public (CNDP), qui s'est tenue hier sur le contournement autoroutier de Bordeaux, ne sera pas la dernière. Il l'a fait savoir en refusant d'y participer et en annonçant, dans une conférence de presse, qu'il allait déposer une requête introductive visant à annuler la procédure. Opposants à ce projet, ils espèrent en y apportant tout le retard possible avoir une chance de le faire capoter. […]
(Jean-Pierre Deroudille, SO, 16/01/04, p. 2-12)
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[…]
Les Verts ont retenu six grands chevaux de bataille. En tête, bien sûr, le grand contournement. "Nous utiliserons toutes les armes administratives pour qu'il ne voie pas le jour", prévient Pierre Hurmic.
Il souligne le danger d'étalement de l'agglomération vers I'Ouest et cite une étude de la DEE selon laquelle la super-rocade ''n'apportera pas de solution pérenne" à la saturation de l'actuelle rocade.
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[…]
(Michel Monteil, SO, 21/01/04, p. 2-8)
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[Tous les citoyens n'avaient pas été dupes au départ du "débat":]

Mais face à l’impossible nul n’est tenu.
Malgré un coût bien plus élevé, le contournement se fera par l’Ouest suite à un clientélisme électoral exacerbé, et au Fait du Prince cédant aux divers lobbies régionaux.
(Michel Barry, 10/11/03)
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[L'organisation d'un tel débat coûte environ 1 million d'€ à la charge du contribuable. Il s'en organise plus d'une dizaine par an (= plus de 10 millions d'€ / an = 65,6 MF = 6,56 milliards anciens: en 10 ans, on se paie le tram!).]

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[…] Le dommage, et c'est autrement regrettable, a été causé au débat lui-même et au principe qui le sous-tend, c'est-à-dire à l'intérêt porté à la délibération citoyenne sur un enjeu déterminant pour les conditions de vie de chacun.
[…] privant ainsi le débat de toute pertinence sur la première question [Un tel contournement est-il opportun?], de toute évidence la plus importante. […] en se montrant incapable d'imaginer que le débat puisse éventuellement l'amener à changer d'avis, il [le gouvernement] a commis une double faute.
[…] Une intervention intempestive suffit à donner l'impression que tout cela est joué d'avance. […]
(Pierre Sadran, SO, 26/01/04, p. 1-9)
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[…]
[…] La plupart [des "pro-contournement"] estiment également que ce contournement serait insuffisant et veulent que les modes de transport autres que routiers soient enfin pris en compte.
(Marie-Claude Aristégui, SO, 21/02/04, p. 2-4)
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06/05 §
07/05
§
30/09
§
03/10a
§
03/10b
§
Pour mémoire
8 , 8 .
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Note:
Juan José Ibarretxe; président de la communauté autonome d'Euskadi, et Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine, ont signé hier une convention de coopération transfrontalière pour créer les bases juridiques qui permettront de créer sur le terrain la future plate-forme logistique commune aux deux régions.
[…]
[…] l'Aquitaine va poursuivre les études de "l'Atlantique écofret", "l'autoroute ferroviaire" qui permettrait de transporter des camions par le fer depuis la frontière jusqu'à Orléans. 500 camions pourraient […] être retirés de la route d'ici à 2006, et 2000 d'ici à 2010.
(SO, 20/02/04, p. 1-6)
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[…]
Le président [Philippe Madrelle] […] est aussi revenu sur son cheval de bataille: le grand contournement autoroutier, affirmant que "si l'Etat ne se montrait pas assez déterminé pour le réaliser, le Département prendrait le taureau par les cornes et, pourquoi pas, le réaliserait lui-même."
[…]
(Benoît Lasserre, SO, 02/04/04, p. 2-4)
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La mairie de Bordeaux et le Conseil général de Gironde ont annoncé hier que le grand contournement autoroutier de Bordeaux passera par l'ouest […] cette boucle d'environ 80 kilomètres, avec un pont sur l'estuaire […]
Plusieurs tracés sont à l'étude pour l'autoroute qui, une fois l'estuaire traversé, s'inscrira dans le vignoble médocain et la forêt de la haute lande girondine.

(SO, 18/05/04, p. 1-8)

[N'auriez-vous pas envie de crier "écologie"?
Quant au pont: soit il "rase" et condamne tout trafic fluvial de taille (voiliers historiques, paquebots, etc.) de sorte que le pont Lucien-Faure peut "raser" aussi (et celui des Quinconces toujours sous le coude peut se venger de ses détracteurs); soit il culmine et pollue le décor, sachant que le pont d'Aquitaine est déjà à court de quelques mètres de tirant d'air pour être à jour — et les niveaux montent…
8 ]

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[…] "Comment peut-on laisser construire une telle infrastructure routière quelques semaines après que des études scientifiques ont démontré que la pollution de l'air due aux émanations de gaz d'échappement ont provoqué en 2002 le décès de milliers de personnes?"
[…] le ferroutage n'est pas encore prêt, mais il ne risque pas de l'être de sitôt avec des élus qui n'ont pas la volonté politique de le faire avancer et qui, surtout, accordent la priorité à la route. L'idée de créer un contournement ferroviaire à côté du contournement autoroutier est un leurre. S'il y a le choix entre la route et le fer, c'est la route qui l'emportera toujours, affirme Pierre Hurmic. […]
[…] "Alain Juppé assure qu'il ne s'agit pas d'une super-rocade avec des échangeurs, explique Pierre Hurmic. Mais comment les maires des communes traversées pourront-ils rester immobiles à regarder passer les camions? Ils demanderont des compensations avec des échangeurs, ce qui entraînera une urbanisation en tache d'huile comme cela s'est produit avec la rocade dans les années 70. Ce qui fait qu'aujourd'hui il y a des milliers de voitures prises dans les embouteillages." […]
[…]
(Benoît Lasserre, SO, 20/05/04, p. 2-27)

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"[…] En matière de circulation, l'offre crée la demande", tempère un spécialiste de la DDE. En clair: lorsqu'on ouvre une route, on génère des besoins supplémentaires de déplacement. Et la nouvelle route se retrouve vite saturée, sans que les axes environnants connaissent une baisse du trafic. Faire toujours plus de routes ne règle donc pas le problème de la circulation. "On gagne juste quelques années avant d'atteindre à nouveau la saturation", dit-on encore à la DDE. […]
(Benoît Lasserre, SO, 08/11/04, p. 2-2)
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[Une autoroute Limoges-Langon
soumise par un comité citoyen
: ]

L'idée est toute simple, comme un trait presque droit sur une carte: relier Limoges à Langon, soit une distance d'environ 250km, par une autoroute. Avancée par un groupe de Périgourdins, réunis au sein d'un comité citoyen pour un développement équilibré du Grand Sud Ouest (Develop'So), la suggestion ne tombe pas par hasard en ce début juillet: "Trois semaines après que le feu vert ait été donné à la liaison autoroutière Langon-Pau, cette prolongation de l'axe Nord-Sud devient pertinente. Elle désenclave deux régions et permet de rallier le Pays Basque et la péninsule ibérique depuis l'Europe du Nord en évitant Bordeaux. [...] cette possibilité mérite au moins d'être étudiée", expliquait hier Jean-Marc Richard, porte-parole [...].
[...]
"[...] Ce qu'on veut obtenir, c'est que notre proposition ne soit pas balayée d'un revers de main et qu'une étude de faisabilité soit réalisée", poursuit Jean-Marc Richard.
Les membres du comité avancent l'argument économique: les zones traversées par l'axe Limoges-Langon présentent l'intérêt, à la différence d'un éventuel contournement ouest de Bordeaux, de comporter moins de sites industriels à risques (exception notable: la SNPE) et moins de vignobles aussi prestigieux que ceux du Bordelais.
[...]
(SO, 15/07/06, p. 2-5)

   developso2@voila.fr
  
www.devlopso.fr

[Cette "idée toute simple", c'est l'œuf de Christophe Colomb — de même "l'Axe Latresne": R18.
Leur inconvénient est de n'être pas assez défigurants, ni pas assez chers pour laisser espérer de substantielles retombées enveloppées.

[On subira toujours des décideurs illustres dans "l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde." (Paul Valérie)
Ils accaparent le territoire en pratiquant à leur façon "la politique de la terre brûlée" ou "le fait du prince",
Peu leur chaut de gâcher le séjour terrestre de leurs électeurs.
8 ]

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Suite 8

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