ê

procedure {?}, ßrochure, plan du site Ø, sommaire {GA}

Garonne-Avenir

Gazette 3

Pages de la Gazette 3 (déc. 2000)

p.1 8

p.2 8

p.3 8

p.4 8

Page 1, VIREMENT DE BORD:
Lundi 27: Vive le tunnel! Mercredi 29: Vive le pont!
Comprenne qui pourra l'attitude du groupe conduit par Alain Juppé au sein du comité chargé d'arbitrer cette option. Ou plutôt on ne comprend que trop bien: qu'importe l'avenir portuaire de Bordeaux l'espace d'une campagne électorale.
Les Bordelais connaissent notre vision du développement maritime local porteur d'un avenir que bien des ports nous envient. Tout cela risque d'être irrémédiablement gâché par une décision insolite car, nous le redisons sans crainte de démenti: un pont étroit au débouché d'une courbe soumise aux courants et aux vents, cible privilégiée de tous les aléas locaux, c'est une fin programmée de la croisière de demain, fondée sur les grands navires. Quel armateur acceptera, même pour toucher un port aussi prestigieux que Bordeaux, de faire du gymkhana à des navires d'une valeur considérable avec risque d'immobilisation in fine
8 ?
Nous arriverons à terme à cette situation ubuesque: sous prétexte d'économie, construire à grands frais un ouvrage faramineux pour des bateaux qui ne viendront plus.
Les Bordelais jugeront.
8

Jean Mandouze

QUEL PONT?
Il nous a été très difficile d'accéder même à un résumé des études qui ont servi aux membres du "comité de pilotage". Pourquoi? Où est la démocratie citoyenne? Pour renseigner nos lecteurs voici une photo de la maquette du [projet de] pont de Rouen, cousin germain de celui de Lucien-Faure par ses caractéristiques et sa conception. Ce pont, décidé il y a plus d'un an, a une silhouette qui déjà, suscite bien des remous chez nos amis rouennais {P}{G}. On les comprend! Avis aux amateurs…
Sachez que ce pont présenté pour 650MF coûtera au total 1760 millions (!) clés en mains selon le Préfet.
8

Page 2, PONT OU TUNNEL: FAUT-IL FERMER LE DOSSIER?

C'est la question à l'ordre du jour: un "Comité de pilotage" sur la composition duquel nous nous interrogeons s'est réuni le 27 novembre pour étudier les premières conclusions des études faites pour chacun des ouvrages par la SETRA et le CETU. Ce débat important s'est circonscrit à la discussion entre une dizaine de personnalités politiques, respectables certes et de tendances savamment dosées… Était-ce suffisant pour une sage décision? Car s'il est fait état de la présentation de fiches techniques complètes dont la qualité ne saurait être discutée, nous aurions aimé la présence, à leur côté comme conseillers, de véritables spécialistes de la navigation: autorités portuaires, agents maritimes, pilotes, représentants de la C.C.I. etc, car l'enjeu dépasse singulièrement les purs aspects techniques ou financiers.

Chaque ouvrage répondait-il de la même manière aux besoins de la navigation? En clair, un pont, même ouvrant, peut-il être agréé par les amateurs et si oui, à quelles conditions? Question corollaire: à quoi servirait la construction à grands frais d'un franchissement conçu pour des navires qui ne viendraient plus?
Telle était la seule et unique question, question fondamentale méritant une autre réponse que celle, stupéfiante, faite par M. Juppé au président de Bordeaux Escale de Croisières ("Si les armateurs ne veulent pas venir, on fera un pont fixe et ça coûtera beaucoup moins cher", Sud Ouest 28/11/00).
L'avis de personnes faisant autorité en matière de tourisme maritime mériterait meilleure prise en considération, nous semble-t-il, et l'avenir maritime de Bordeaux ne se joue pas sur un "à prendre ou à laisser" agacé.

En outre, il est évident qu'aucun autre critère isolé (coût initial ou délai de livraison) ne saurait à lui seul justifier du choix d'une réalisation séculaire dont l'aptitude à répondre aux besoins et à résister à l'usure du temps devra être la qualité déterminante. Nous ne souhaitons pas voir nos hommes politiques se disqualifier pour avoir ignoré l'avis des gens de mer.
Réouvrons donc le dossier avant le vote de la C.U.B. du 22 décembre. Nous nous bornerons volontairement à l'aspect purement nautique du sujet, les problèmes d'urbanisme et de trafic (qui nous intéressent ô combien!) débordant du cadre spécifique de ce bulletin.

PONT OUVRANT

Avantages: Un coût moindre à la construction (630MF dans la mesure où ce chiffre est fiable pour un prototype) comme au fonctionnement (2,3MF/an). Il écarte "théoriquement" la possibilité d'un pont fixe aux Quinconces toujours en filigrane.

Inconvénients: Probabilité d'une réaction négative des armateurs de tous temps sensibles à un "effet de nasse", comme aux risques de navigation. Cette hypothèse est confirmée par leur critiques au congrès de LA BAULE (30/06/00) contre les ports fermés. Les exemples des ponts ouvrants comme ceux de St-Petersbourg ou Rotterdam, souvent cités en exemple, ne sont pas valables: leurs caractéristiques, leurs implantations, leur rôle n'ayant que peu de rapport avec le colossal projet Lucien-Faure.
Placé sur la courbe d'entrée, hypothéquant la meilleure zone d'évitage naturelle et l'exploitation aisée des quais des Queyries, sa valeur stratégique est déterminante. Les dimensions de l'ouvrage avec une travée mobile de 110 m, pesant 4000 tonnes s'élevant à plus de 60m (une première en Europe) font craindre le pire quant à l'esthétique, au coût définitif, à la maintenance. L'exemple des ponts de Tancarville et d'Aquitaine, dont il a fallu changer le haubanage de suspension après 30 ans laissent, sceptiques quant à la résistance à l'épreuve du temps. Le trafic sera interrompu, au moins 1h, 120 à 140 fois par an
8 . Des ouvrages de protection en amont et aval semblent indispensables. Enfin, les conditions de franchissement d'un tel ouvrage imposent de sévères restrictions quant aux créneaux horaires et aux possibilités de manœuvre des grands navires. 8

TUNNEL

Avantages: Aucun obstacle à la navigation. Aucune atteinte à l'esthétique. Ouvrage moderne se répandant partout dans le monde avec satisfaction (Marseille). Sécurité assurée si bien conçu à la construction. Liaisons intermodales permanentes. Nuisances acoustiques faibles.

Inconvénients: Le coût (1200MF) qui semble le double de celui du pont. Il convient toutefois de relativiser: cette différence "théorique" représente le douzième du prix du tramway ou encore 18 mois d'exploitation déficitaire du réseaux des bus. En outre, le chiffre prévisionnel semble beaucoup plus fiable que celui du pont car il s'agit d'une technique éprouvée.

QUESTIONS NON POSÉES
Le choix du pont est tombé le 29 novembre 2000 sans que ne soient à aucun moment examiné quelques points essentiels:
• L'avis des Bordelais.
• L'impact sur le paysage, valeur esthétique et affective mais aussi valeur économique mesurable par des organismes comme le CRIDEAU.
• L'avis des armateurs et de leurs assureurs: le maintien de l'escale peut-il être garanti?
• Le coût réels des raccordements.
• Le coût architectural d'un grand projet.
• Les problèmes de soubassement, les risques de cassure géologiques, les dragages en profondeur.
• Les normes minimales des ouvrages de protection (pont-bateaux).
• L'avis des pilotes sur les dangers encourus par un navire de plus de 150 m en montée avec courant de flot (marée montante).
• Les conséquences, pour l'escale, des strictes contraintes d'horaire imposées pour raison de sécurité du fait des marées.

AUTRES QUESTIONS À POSER:
• Pourquoi ne parle-t-on plus du projet d'un tunnel central (Cours du Médoc), 360 m sous-fluvial dont Bouygues avait présenté une pré-étude en 90 (que nous avons) réalisable en 4 ans et dont le coût avait été estimé alors entre 400 et 600MF suivant le gabarit?
• Pourquoi n'a-t-on retenu que la plus chère des 3 versions du tunnel?
• Pourquoi n'est-il pas dit qu'A.V.F. Ingénierie a conclu dans sa synthèse générale (Art. F16 p.44) que l'option tunnel était finançable par la CUB surtout dans sa version avec péage qui a été étudiée et chiffrée?

FRANCHISSEMENTS ENVISAGÉS (d'amont en aval):
• Pont amont
pour le franchissement du tram suggéré dans le projet Perrault. Idée reprise par divers élus et Garonne-Avenir mais récusée par M Juppé et la SYSTRA.
• Franchissement centraI
(bus et deux roues) toujours en projet: sur les deux rives des enclaves de terrain sont réservées devant les Quinconces.
• pont ouvrant du cours du Médoc.
Ce projet envisagé par la CUB a fait l'objet d'un concours en 1991 et fut finalement rejeté après étude de Scetauroute.
• Tunnel Lucien-Faure: actuellement à l'étude par le CETU. 2 options envisagées:
a) tunnel foré à -35m env.
b) tunnel par caisson immergés avec trémies de 600 mI.
Coût 1200MF.
• Pont ouvrant Lucien-Faure: actuellement à l'étude par le CETRA. Le projet prévoit un travée mobile de 140 m s'élevant 60m environ au-dessus du fleuve. Prototype européen par ses dimensions. Coût 630MF.

NOTRE CONCLUSION:
Le tunnel est la seule solution réaliste. Son principe avait été adopté à la quasi-unanimité du conseil municipal du 8 juin 98.

Page 3, CROISIÈRE MARITIME EN L'AN 2000

quelques chiffres A retenir:
Nombre de paquebots en activité en 1998:
241 (source ISEMAR
8 ).
Nombre de paquebots en construction ou en commande dans le monde en 2000:
51 dont 35 de plus de 170m.
Nombre de navires en construction ou en commande à St-Nazaire: 14 (tous de plus de 170m).
Nombre de croisiéristes en 2000: environ 5 millions dont 300 000 français (153 800 en 69).
Nombre prévisible de croisiéristes dans le futur: 10 millions en 2005, 20 millions en 2010 (Croisimer).
Nombre de visiteurs en France et outre-mer: 500 000 en métropole et 750 000 aux Antilles en 96 (source J.-P. PAGES).
Chiffre d'affaires et niveau d'investissements annuels: 35 et 10 milliards en 1997.
Dépense par passager en moyenne: 600 à 1000 francs et excursion et emplettes.

L'ESCALE MARITIME À BORDEAUX

Elle a connu une progression assez modeste pendant une bonne partie des années 90: 25 à 30 unités. Son handicap principal vient de l'excentrement de la ville par rapport aux routes maritimes et la remontée de l'estuaire qui dure 5 à 6h. Mais depuis 3 ans un décollage est enregistré autant sur le plan quantitatif que qualitatif. La venue d'unités de plus de 230m a classé notre ville comme l'escale la plus polyvalente de la côte ouest. D'autre part, Bordeaux est fréquenté par de petites unités "de luxe" avec une clientèle haut de gamme qui fait savoir sa satisfaction de pouvoir à la fois faire des promenades et du shopping de qualité (commerce de luxe, Vinexpo, expositions…) dans une fort belle ville d'accès immédiat, sans parler des excursions fort intéressantes dans les vignobles et les châteaux.
Mais il convient ici de faire une mise au point: c'est Bordeaux-ville qui a la faveur des touristes (70% des excursions organisées sont intra-muros sans parler du tourisme individuel).
8
Selon les responsables accrédités, les perspectives immédiates sont plus qu'encourageantes. Prévisions pour 2001: 51 navires, 30 000 passagers, chiffre d'affaires entre 40 et 50MF, durées d'escales allongées. Mais surtout, sans verser dans la vanité de mauvais aloi, il faut dire que les taux de remplissage des navires venant à Bordeaux sont de 80 à 90%, que l'indice de satisfaction est proche de 100%. Que la qualité des agents maritimes et consulaire est reconnue et très vantée autant sur le plan national qu'international (cf. le colloque de La Baule du 30/06/00). Et que le savoir faire des pilotes et des services du port est unanimement apprécié des capitaines et des armateurs.

Allons-nous risquer de gâcher cet inestimable capital par des choix hasardeux de franchissements ou par le "basculement" vers l'aval des quais d'accostage? 8 (voir p. 4)

PAILLOTES SUR LE PORT

Garonne-Avenir s'est jointe à un collectif d'associations pour s'élever contre le projet d'accorder des permis de construire pour plusieurs établissements devant être implantés en bordure du fleuve rive droite. Déjà un premier a été établit pour un vaste restaurant (6m50 de haut, 26m de long, 20m de large).
Les conséquences sautent aux yeux: saccage du panorama unique au profit de quelques convives privilégiés qui involontairement confisqueront une vue exceptionnelle à l'humble citoyen lambda et plus particulièrement au Bastidien, éternel oublié, alors que les quais rives gauche s'embellissent.
Garonne-Avenir qui, par ses statuts, a pour vocation "la défense des sites et des paysages constitués par la Garonne, ses deux rives, ses quais, ses abords, etc", participera à toutes les initiatives pour l'abandon de ces aménagements dont l'assise juridiques semblent bien discutables.
Elle ne s'oppose pas pour autant à la mise en place de péniches, bateaux ou pontons flottants conformes à ceux qui ont déjà existé dans le passé, et qui peuvent offrir la même convivialité sans léser promeneurs et flâneurs.
{P} {P} {P} {P}

_____________________________________________________
Nous avons besoin de votre soutien pour sauvegarder l'escale pour les grands navires devant la Place de la Bourse:
Vous pouvez imprimer les formulaires si vous souhaitez adhérez
8 ou signer notre pétition 8 (avec, au verso, la grille d'émargement 8).

Page 4, CHERES ETUDES

Le bureau d'études Act-Ouest a été commis par la C.U.B., pour traiter des aménagements du tourisme fluvial sur la Garonne à Bordeaux. Le rapport final remis au printemps 2000 est intitulé: "Etude de définition des aménagements pour le tourisme fluvial sur la Garonne à Bordeaux".
La lecture du titre 3: "Basculement de l'accueil des paquebots" fait sursauter car, après une excellente introduction sur l'aspect porteur de la croisière, sont décrits soudain "les problèmes" nécessitant l'abandon de l'accostage traditionnel des navires à la Bourse.
Résumons :

• Regroupement de bateaux d'excursion. (?)
• Installation de navettes à Jean-Jaurès pour aller au Mégarama. (!)
• Possibilité de franchissement aux Quinconces "tiens tiens…"
• Projet CORAJOUD devant la Bourse (bassins, jardins, etc.). (!!!)

Autrement dit, pas d'autres problèmes que ceux que l'on crée artificiellement pour des motifs surprenants, voire futiles, mis à part le persistant projet de pont centraI. Aucune donnée technique à l'appui hormis de vagues statistiques sur les circuits et les dimensions des paquebots en 1995 (références obsolètes…) et de curieuses évaluations hectométriques sur les heureux élus à savoir en aval, les postes Tourny et Louis XVIII (numérotés avec quelques inexactitudes et sans mention de leur non-linéarité). On nous garantit qu'il y a de la place (une découverte!) bien qu'il manque un bollard d'amarrage (rassurez-vous il en reste 365). Certes, on avoue que, pour les touristes, ces postes sont "un peu moins attractifs" mais il y a quand même la "Cité Mondiale" et de toute manière, tram et taxis seront présents au quai Tourny. Bref, tout va bien… sauf que l'essentiel est complètement ignoré:

• 1)Impasse totale est faite sur l'adéquation des conditions d'accueil avec les exigences des armateurs d'aujourd'hui. Toute prospective sérieuse des marchés et des conditions de la réussite d'une escale est ignorée. 8 , 8
• 2)Alors qu'en matière maritime l'unité de temps est le quart de siècle, l'analyse d'Act-Ouest reste rivée au présent: Rien sur la taille croissante des navires de demain. A tout hasard, on nous assure que, s'ils s'aventurent jusqu'à nous, "ça pourrait arriver (sic)" qu'on évince une (?) unité de 220 à 240m pour ajouter aussitôt que, dans ce cas, elle pourrait escaler à Ambès (???), confusion probable avec Bassens mais on n'est pas à une approximation près quand il s'agit d'envoyer au diable tout grand navire empêcheur d'aménager les quais en rond.
• 3)Enfin si, malgré tout, les paquebots ont l'impudence de venir en nombre, on nous suggère, après les avoir cantonnés, dans un premier temps, à des postes à quai précis, de les caser quelque part à l'aval en repoussant plus loin le Colbert. Sont dédaignés du même coup, fonds moindres, dragages inévitables et sévères contraintes de manœuvre. Surtout dans l'hypothèse, passée totalement sous silence, de la réalisation d'un pont à Lucien-Faure. Ignoré bien entendu, l'avis des armateurs, des touristes, des capitaines, des pilotes.

Alors. à Garonne-Avenlr, nous disons: de qui se moque-t-on? Combien ont coûté ces gloses aussi sommaires que serviles? Car on saisit bien qu'il s'agit d'accréditer, sous une couverture a prétention technique, des décisions déjà prises.
Les citoyens des autres ports français acceptent les lourds investissements porteurs d'avenir.
Les Bordelais. à l'inverse, paient pour cautionner, à la fois perte de clientèle et de prestige.

ET MAINTENANT? VIE PORTUAIRE OU MASQUE MORTUAIRE?

Ce numéro-dossier, destiné à alimenter la réflexion des Bordelais et — rêvons un peu — apporter à nos élus quelque sujets de méditation, se trouvait mis en page lorsque le verdict du "comité de pilotage" (qui, soit dit en passant, ne comportait aucun pilote ni représentant des gens de mer) vient de tomber (S O du 01/12/00): le choix, selon toute apparence irrévocable. présenté comme triomphe "du réalisme et de la sagesse" porte donc sur l'option du pont-levant au détriment du tunnel.
"Réalisme et sagesse"... Bigre! Que voilà de nobles et intimidants arguments! Aurons-nous l'impertinence d'y regarder de plus près?
"Réaliste" un projet qui, nos enquêtes et nos informations en attestent, aboutira sous brève échéance à un rejet de l'escale par les armateurs, donc à une asphyxie programmée de toute activité dans la rade?
Réalistes des pseudo-économies à court terme qui ne manqueront pas d'engendrer un déficit considérable aussi bien dans le rayonnement de prestige que dans la vie économique de Bordeaux?
Sage un simulacre de consensus motivé (S O le souligne sans ambages) par le soucis de "couper l'herbe sous les souliers" de l'adversaire? Il nous semblait cependant que la sagesse était fille de la réflexion et étrangère à la stratégie…
Mais qu'il nous soit, dans la controverse, permis d'introduire un argument d'ordre moral. Car nous sommes et entendons demeurer de ces naïfs obstinés à croire que la politique, au sens fort et originel du terme, ne saurait se dissocier d'une certaine éthique sociale, qu'elle puise là, au contraire, sa plus solide légitimité.
Est-il "moral" de tenir pour négligeable une conscience publique de plus en plus acquise à la préservation et au développement maritime de la cité? Voici des années que Garonnc-Avenir, sur cet engagement crucial, demande une consultation permettant à l'ensemble de la population d'exprimer sans ambiguïté son opinion au terme d'un libre débat. Quel esprit démocrate pourrait s'y opposer? Or, force est de reconnaître qu'en la circonstance, il n'en a rien été. Aussi pouvons-nous considérer que ce 2 décembre est une entorse à cette règle démocratique qui fait ou devrait faire de chaque citoyen un participant à part entière dans les problèmes de société ou d'urbanisme.
Et pourtant.. "Comme l'espérance est violente!" s'écriait Apollinaire. Alors, risquons-nous à poser à Messieurs les Sages cette question: un strict décor minéral, serait-ce là le port "à jamais désert" que vous souhaitez plaquer en immuable masque mortuaire sur le visage embaumé de notre passé renié et de nos espérances trahies?

Michel Suffran

_______________________________________
SIGNEZ, FAITES SIGNER NOTRE PETITION AU MAIRE
Il y a quelques mois, par une courtoise lettre ouverte, nous avons demandé au Président de la C.U.B. de bien vouloir reconsidérer le projet déjà voté par les élus communautaires de faire accoster les paquebots en dehors de la place de la Bourse pourtant plébiscitée par tous. Malgré une campagne volontairement discrète, près de 2000 Bordelais de tous milieux et de toutes tendances ont signé spontanément. La plupart se montraient surpris devant ce vote qu'ils ignoraient et ne comprenaient pas.
Venez les rejoindre !
Nous devons montrer qu'en cette affaire nous sommes la majorité.

Vous pouvez imprimer les formulaires si vous souhaitez adhérez 8 ou signer notre pétition 8 (avec, au verso, la grille d'émargement 8).

{P}

é

mot clé:jpc33