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Brochure,
Rubrique R25) : Expectative

procédure {?}, plan du site Ø, brochure {B}

"synthèse de la Brochure, R24"

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  L’EXPOSITION, qui englobait une période de congés (Pâques et 1er mai 98) comme l’enquête sur l’utilité publique du tram (fin de l’année 98), fut celle de la pensée unique et de l’absence criarde d’exposition d’autres possibilités plus modernes et plus respectueuses de l’âme de Bordeaux : une déception. 8

Pour, Éric Sarteaux (cité en R4 8 , & R19 8 ), "il est inadmissible que le choix politique du pont des Quinconces se soit fait sans étude préalable […]". (Benoît Lasserre, SO, 24/04/98)

  Comme devant la maquette de l’irréparable Mériadeck (où architectes et politiciens se font plaisir avec l’argent public), le prétendu choix à cette dite exposition était encore l’approbation d’un fait accompli: l’effacement de la rade, du port de la Bourse, des Quinconces. Mais cette fois-ci, aucune maquette n'était montrable; seulement d'impossibles simulations.

  L’impression est exprimée par ce visiteur de l’exposition remplissant le cahier : "C’est pour se faire plaisir, on sait bien que ça ne changera rien." "Une décision la plus large possible: exposition n’est pas concertation et concertation n’est pas acceptation des contre-propositions des intéressés.

Le TCSP coûtera plusieurs milliards de francs. Nous n’avons pas le droit de nous tromper. (Guy Etchessahar, projet GRETAB, 11/02/98)

  Les projets paraissent si flous, les devis si fluctuants, les mobiles si équivoques, les déterminations si surprenantes, les enjeux patrimoniaux et financiers si grands qu’on ne peut continuer à tenir la majorité des citoyens dans l’ignorance de toutes les implications.

[…] A vrai dire, ils [les présents] ne l’ont pas mis au supplice et à la fin, le maire se frottait les mains : "au moins, on ne pourra pas dire qu’on n’aura pas concerté". […]
Même s’il affirme que "rien n’est tranché", dans l’esprit du maire, c’est bien sur cette alternative réduite que doit porter le débat. (Christophe Lucet, SO, 17/04/98)

D’après ce que je crois comprendre, la messe est dite. M. Juppé fera pression pour que le pont soit érigé devant les Quinconces. Espérons qu’il sera obligé de faire marche arrière. Pour ma part, je départagerai les élus en optant pour un tunnel cours du Médoc ou [...] rue L-Faure, cette dernière solution ayant ma préférence [...]. (Pierre Joux, SO, 13/04/98)

Au sujet du franchissement, le Conseil [du 08] souhaite une meilleure exploitation du pont Saint-Jean, il demande en outre l’inscription en priorité du tunnel Lucien-Faure au plan État-Région, déclare inacceptable le pont du Médoc, et considère que le positionnement du pont de centre ville au droit des Quinconces apparaît comme le meilleur. (SO, 09/06/98)

Cela dit, ce pont n’est pas totalement abandonné et il faut rester mobilisé. Il faut continuer à développer, au-delà des arguments urbanistiques, des arguments économiques en insistant par exemple sur le tourisme fluvial. Notre Garonne n’est pas faite seulement pour être traversée. Elle est faite également pour être naviguée. (Eric Sarrat, SO, 10/06/98) è

[…] le Schéma directeur des déplacements urbains communautaires (SDDUC), voté à l’unanimité le 26 avril 1996, préconise la création de trois franchissements, soit un tunnel et deux ponts. Le vœu exprimé par la majorité municipale implique un changement dans les priorités mais ne remet pas en cause la globalité du projet. "Le dossier évoluera au fur et à mesure que les esprits mûriront", dit Alain Juppé, qui prend date avec ses électeurs. (Céline Edwards-Vuillet, Le Figaro, 15/06/98)

La construction d’un pont face aux Quinconces ou au cours du Médoc serait "un coup terrible pour l’activité des croisières" avoue François de la Giroday. Les paquebots ne pourraient pas, selon les ingénieurs du port, accoster face aux Chartrons, un peu plus loin en aval, faute de tirant d’eau. (Jacques Mahuas, SO, 03/02/96)

Le journal SUD OUEST s’est fait l’écho de l’émotion suscitée dans les milieux maritimes et commerciaux rappelant que la venue des paquebots de croisière à Bordeaux générait un chiffre d’affaires de trente millions de francs pour le commerce local. Certes il y a cet aspect mais il y a, sûrement, beaucoup plus grave : interdire l’accès de ces grands navires au cœur de la ville constitue un crime de "lèse-Bordeaux". […]
Fort peu de cités en Europe voient s’accoster de si grands navires au cœur de la ville. Du cours de l’Intendance on aperçoit l’étrave d’un paquebot amarré face à la place de la Bourse. Ne laissons pas disparaître un tel patrimoine. Il y va de la réputation et du prestige de Bordeaux : souvenons nous de la reine d’Angleterre accueillant le président de la république à bord du BRITANNIA amarré face à la Place de la Bourse ou plus récemment, de la venue de six bâtiments de l’OTAN. […]
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Comment est-il possible de renoncer à ce port de prestige (que tant de villes européennes nous envient) alors que notre cité lui doit tout? Peut-on imaginer Paris sans Notre-Dame ou Rome sans le Colisée? Un pont mobile (c’était l’idée de Jacques Chaban-Delmas) ou un tunnel, permettrait aux grands navires de continuer à fréquenter le centre ville. […]
[…] Les générations futures ne vous jugeront pas sur votre bonne gestion mais sur le patrimoine que vous leur aurez légué.
Il doit y avoir une logique dans la gestion: une véritable fortune a été investie dans la construction du prestigieux "Pont d’Aquitaine" pour permettre le passage de navires de 52m de tirant d’air à pleine mer. Elle l’aurait été en vain si vous décidiez de construire un pont fixe en ville.
On souhaite, paraît-il "rendre le fleuve aux Bordelais". Soit, mais il ne faut pas alors, leur faire perdre leur port au cœur de la cité. Dans ce cas c’est une Garonne morte qu’on leur rendrait.
Le splendide port du dix-huitième, maritime et architectural, a traversé les siècles en restant presque intact et il retrouvera sa beauté après destruction de ces hangars qui l’enlaidissent. Avez-vous le droit de gâcher à tout jamais cet héritage par la construction d’un pont? […]
(Pierre Évenou, capitaine au long cours, pilote de la Gironde: Lettre aux conseillers municipaux, 10/97)

[…] il devient de plus en plus clair que la municipalité manœuvre les Bordelais sur ce sujet et attend le renouvellement municipal de 2001 pour leur imposer d’autorité le pont des Quinconces. (Gilles Savary, SO, 29/07/98) [LE NOUVEL OBS., 28/10/99 8 ]

L’an prochain, seront menées une ou plusieurs tentatives d’accostage devant la Bourse maritime [= Entrepôt Lainé] à Bordeaux. Non pour laisser la place à un ouvrage d’art mais pour tester les possibilités techniques du fleuve à cet endroit car là pourrait naître une véritable gare maritime grâce à laquelle le Port de la lune renouerait avec son passé. (Jean-Paul Taillardas, SO, 01/10/98) [Voir R6 8 & R9 8 ]

[…] l’accueil des grands navires est déplacé vers l’aval […] OOOOOOOOOO
[…] Les navires de croisières accosteront quai Louis-XVIII et les bateaux de moindre tirant d’eau, quai des Chartrons. (Benoît Lasserre, SO, 17/12/98)

"Une démarche sournoise" pour Denis Teisseire. […]
"[… Gilles Savary explique :] On découvre ainsi que le quai de la douane serait déclassé pour accueillir les bateaux de promenade fluviale […] tandis que les paquebots seraient déplacés plus en aval, vers la bourse maritime." […]
L’élu socialiste n’évoque pas que des arguments patrimoniaux mais aussi économiques et financiers.
"Le maire lui-même l’a déclaré lors du conseil municipal extraordinaire du 8 juin. [… Cela nécessiterait] un dragage estimé à 200000 francs par an.
"Quant à la zone d’évitage [demi-tour] de Bacalan, la seule qui restera si on supprime celle de la place de la Bourse, elle entraînera un coût annuel de dragage de un million de francs.
"C’est tout à fait extravagant puisque, place de la Bourse, le dragage se fait naturellement [R8
8 ]. Il n’y a aucune raison de déplacer les paquebots vers l’aval […], sauf celle de ressusciter le pont des Quinconces et de préparer les Bordelais au départ des grands navires."
"Alain Juppé utilise une procédure parallèle pour imposer aux Bordelais une chose qu’ils ne veulent pas, renchérit Denis Teisseire […]."
[R15
8 , 8 ] (Benoît Lasserre, SO, 18/11/98)

"Alain Juppé fait en sorte que toutes les conditions de réalisation du pont des Quinconces soient furtivement mises en place pour l’imposer aux Bordelais après 2001, s’il est réélu." (Gilles Savary, cité par B. Lasserre, SO, 13/01/99)

Certes, M. Juppé, sollicité par mille tâches harassantes, ne saurait avoir l’œil à tout. Il a pu échapper à son regard d’homme pressé cette vérité bi-millénaire que Bordeaux est un port et que la disparition définitive de toute activité maritime (quel capitaine, quel pilote s’aventurera dans la nasse sournoise entre un pont-étrangleur, un pont-barrière et le banc des Queyries?) est une double insulte à un passé historique et un avenir économique riche de potentialités, sans parler de l’irréversible mutilation d’un site unique. (Jean Mandouze, Pt de Garonne-Avenir, SO, 05/02/99)

[…] En se défaussant sur le tunnel, vieille revendication des écologistes et des communistes, Alain Juppé a brisé le front anti-pont des Quinconces et isolé Gilles Savary qui avait repris l’idée de Jacques Chaban-Delmas d’un pont ouvrant au droit du cours du Médoc. Il a ainsi stoppé net une polémique qui aurait pu se révéler dangereuse à l’approche de l’échéance électorale. Mais il semble clair pour tout le monde qu’Alain Juppé n’attend que son deuxième mandat pour revenir à la charge. Les signes ne trompent pas. Plusieurs documents municipaux conservent l’hypothèse du pont aux Quinconces; le publi-reportage que vient de réaliser Paris Match annonce qu’un "nouveau pont franchira la Garonne" mais ne parle pas de tunnel; et la décision de déplacer l’escale des paquebots en aval – que seule la construction du pont aux Quinconces peut justifier – est maintenue dans le concours d’architecture pour l’aménagement des quais. Au cours d’un conseil municipal, Alain Juppé lui-même s’est amusé à préciser, en réponse à une question sur le manque de ponts, qu’ "il y a des vides qui sont des appels... On ne sait jamais".
[…] Le tunnel […] n’est toujours qu’une "intention affichée" du maire: pas de décision officielle, pas de chiffrage et cet investissement, qui doit passer par le prochain contrat de plan, ne pourrait, au mieux, être réalisé avant "quatre ou cinq ans". […] Hugues Martin, fidèle premier adjoint et manitou de la politique bordelaise – formé par Chaban depuis 71 – dissimule à peine l’astuce: "Les vents contraires ont conduit le maire à préférer ne rien lancer dans l’immédiat. […]" (Éric Conan, L’Express, 06/05/99)

"Alain Juppé fait en sorte que toutes les conditions de réalisation du pont des Quinconces soient furtivement mises en place pour l’imposer aux Bordelais après 2001, s’il est réélu." (Gilles Savary, cité par B. Lasserre, SO, 13/01/99)

Sur le grand contournement, Pierre Hurmic, cite Alain Juppé en juin 1998 qui qualifiait d’inacceptable ce projet. "Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. répond le maire. En 1998, j’étais frais moulu et je ne connaissais pas tous les problèmes de Bordeaux. Aujourd’hui, je pense en effet que le grand contournement est indispensable à condition de ne pas y mettre une sortie tous les kilomètres afin d’éviter l’étalement urbain. Et j’aimerais bien que vous mentionniez aussi que j’ai changé d’avis sur le pont des Quinconces."
(SO, Benoît Lasserre, 21/10/03, p. 2-8)

  La conservation de conditions nautiques naturelles uniques et des traditions maritimes qui en découlent n’est pas nostalgie rêveuse, elle est adaptation réaliste à une opportunité inespérée offerte à notre centre-ville. La technocratie à courte vue n'est pas prétexte à ruiner cet avenir.

  Nous pouvons encore éviter l’irrémédiable [R5 8 ]. Faire la synthèse entre passé, présent et futur en préservant le patrimoine, les finances et l’avenir, n’est-ce pas la meilleure façon d’entrer dans le XXIe siècle?

  Au quadruple sens relationnel, maritime, économique et patrimonial, un pont central serait le coup de grâce après lequel le port de la lune ne renaîtrait plus jamais. Qui voudrait le porter devant l’Histoire? Qui voudrait incendier la bibliothèque d’Alexandrie aujourd’hui? Quelle désespérante ironie si le Port de la Lune, nanti d’atouts extraordinaires, sauvé en 1944 de l’anéantissement par le sous-officier allemand chargé de le détruire 25 8 , devait être fossilisé par des Français censés le perpétuer!
[SOD, 31/01/93
8 ; SO, 22/12/99 8 , 07/04/00, 08/04/00, 29/05/00 8 , 08/06/00 8 ; {P}]

 

Toutes les idées qui triomphent courent à leur perte.
Il faut absolument convaincre l’homme qu’une fois acquis
le consentement général sur un sujet, la résistance individuelle
est la seule clé de la prison.
(
André Breton)

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