@ccueil
- Brochure, - |
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"unicité du quai d'honneur, R8" |
"R10, déclarations" |
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"rubrique R9", bas ê |
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La construction d’un pont face aux Quinconces ou au cours du Médoc serait "un coup terrible pour l’activité des croisières" avoue François de la Giroday. Les [grands] paquebots ne pourraient pas, selon les ingénieurs du port, accoster face aux Chartrons […]. François de la Giroday a donc l’intention de ressortir pour M.Juppé l’étude, "qui avait été cachée à Chaban-Delmas", réalisée par une filiale de Bouygues [Nogent R20] pour la construction d’un tunnel. (Jacques Mahuas, SO, 03/02/96) [SO, 23/11/91 8 ]
La "montée à Bordeaux" est coûteuse et compliquée [SO, 20/01/00 8 ]. Elle prend 2 fois 6 heures dans "l’estuaire de la Gironde aux caractéristiques remarquables uniques en Europe" (APS, 19/01/98). S'ajoutent des frais de port, substantiels comparés à la concurrence et à la concurrence 8 .
Ces contraintes R19 expliquent la brièveté des escales 8 , leur faible nombre, et la moindre quantité de visiteurs reçue par Bordeaux comparée à celle reçue par des débarcadères banals, loin des centres-villes, mais faciles et bon marché d'accès, et dont les autorités portuaires et territoriales "font ce qu’il faut" R7, R11.
La perte du seul avantage de débarquer à la Bourse R8, entraîne une délocalisation de l'accostage vers l'aval et une aggravation du nombre de contraintes, ce qui est évidemment propre à chasser une bonne partie des quelque 40 paquebots fidèles à Bordeaux.
Dans les anciens débarcadères au droit de la bourse (ou gare) maritime (devant les entrepôts Lainé {P}), seuls les navires de moindre gabarit peuvent manœuvrer et, sans dragages constants et coûteux à l’aplomb de ce quai, un grand gabarit ne peut même pas mouiller. La cause en est le banc des Queyries, exhibant ses épaves de 1944 {P}, complémentaire de la fosse naturellement creusée devant le quai de la Bourse de commerce. La proximité d’un pont, envisagé au droit des Quinconces, ou du cours du Médoc, en écourtant la marge de manœuvre dans la rade (en particulier celle propre au demi-tour, le fameux "évitage"), éliminerait au moins les grands paquebots R5, R19, les seuls intéressants de nos jours 8 .
A l'âge des grands gabarits R11, est-il raisonnable que les "décideurs" nous imposent un retour à l’époque des navires de 150m qui, pour accoster à la gare maritime, étaient obligés de se faire remorquer, vers l'aval et à reculons, pour descendre faire leur demi-tour (éviter) dans une zone accueillante au large des bassins à flot, manœuvre dont on sait qu'un pont Lucien-Faure la rendrait impossible. Un autre manœuvre consistait, inversement, à aller en amont pour éviter aux Quinconces {P}.
Encore plus problématique, et dissuasif pour nos visiteurs, serait l’évitage proposé par la mairie en aval des bassins à flot. Dans cette zone: pour les Bordelais, le spectacle de l'évitage devant la Bourse serait perdu; mais, vu depuis les bateaux par les touristes, il serait peu flatteur pour Bordeaux.
Faire la navette à reculons entre évitage et accostage poserait de délicats problèmes de pilotage, remorquage, coordination, sécurité et budget. La partie de rade disponible se réduirait à la portion congrue, ce qui en chasserait immédiatement au moins les grands vaisseaux, ceux d'avenir; et la majesté du site.
Tout pour décourager à tout jamais nos visiteurs, si sollicités par d'autres ports aux élus plus diplomates.
[…] François de La Giroday est moins enthousiaste. Chaque année, il fait accoster là une trentaine de bateaux de croisière [40 en 2000] qui déversent une jolie manne. Ils devront laisser la place à la plaisance et approcher plus en aval: "Les manœuvres seront trop délicates. Ils ne viendront plus. Tout ça pour un pont!" […] (La Croix, 11/03/00) [cf. plus bas R9]
Ces débarcadères dépassés convenaient aux voyageurs transitaires des années 60 qui, sitôt débarqués des bateaux de ligne mixtes (alors de moindre gabarit), sautaient dans leur train à quelques mètres sur le quai, plus animé qu'aujourd'hui. Ils ne recherchaient ni facilité ni prestige ni confort comme les croisiéristes modernes, qui paient cher la volupté de s’en faire mettre plein la vue en accostant à la Bourse, et de s’en vanter: en se trompant d’époque, nos "responsables" les déçoivent. Est-ce une politique de progrès ou de règlement de comptes? R7
Au Verdon, autre site dépassé R6, les escales peu courues du Norway sont prémonitoires:
Les façades, la Chambre de commerce, la cathédrale et les autres monuments sont splendides et il est agréable de pouvoir circuler dans les vieilles rues de la ville mais le Médoc est aussi très joli.
Les escales des 3 juin et 7 septembre seront plus classiques avec accostage le matin, habituelles excursions dans le vignoble et retour à bord en fin d’après-midi pour gagner un autre port.
[…] la clientèle européenne […] a tendance à se développer en même temps que les croisières deviennent plus courtes et "démocratiques".
(Gier Lokoem, commandant du Norway, cité par Jacques Mahuas, SO, 11/02/98)
Parmi les passagers du "Norway", ils sont environ 200 [sur 2200] à avoir participé aux sorties organisées à l’intérieur des terres [les autres ont joué au scrabble?].
(Frédéric Sallet, SO, 03/08/98)
Ainsi, l’escale du Verdon {P}, "classique", de faible intérêt comme le démontre le Norway, que certains font passer pour "l'escale à Bordeaux" R6, reviendrait à promouvoir, modestement, tout au plus, le seul vin et le vignoble, ce que le maire regrette à juste titre R7. Les armateurs ne pourraient imposer, en supplément, un aller-retour Verdon-Bordeaux (100km × 2) avec ses aléas. L’allongement de l’escale résultant ne compenserait pas la privation du prestige et de l’intérêt d’accoster en centre-ville, devant la Bourse, seul vrai attrait pour les croisiéristes. Bordeaux serait ignoré au lieu d’être apprécié comme par les Écossais pendant la coupe du monde [cit. de P. Tillignac & S. Bruce R7].
"La venue du "Norway" [annulée] était un test grandeur nature pour nous. Car, en cas de succès, nous envisagions que Le Verdon devienne un port d'escale pour les navires de croisière" (Alain Martinet, maire du Verdon, SO, 02/06/99 8 ).
Pour caser un pont central (et quelles illusions?), on laisserait rêver certains que la Bourse s'est déplacée au Verdon (comme le temple d'Abou Simbel…). On ignorerait définitivement l’escale de la Bourse, comprise avec la visite de Bordeaux-centre, ces 2 atouts les plus propices à "faire mieux connaître Bordeaux en Europe et dans le monde" R5. Eric Tabarly répétait qu’en France, les choses de la mer sont traitées par des gens qui les ignorent [Olivier de Kersauson, M6, Capital, 12/07/98].
Les marins, civils et militaires, les pilotes et les commandants qui apprécient les qualités nautiques de cette rade, se décourageront progressivement d’une possibilité d’escale plus difficile et moins prestigieuse […].
Les passagers visiteurs de notre belle ville souhaitent débarquer et accéder à pied dans le centre puis regagner le bord sans contraintes. Enfin, qui peut imaginer aujourd’hui toutes les animations que nous ou nos enfants pourrons créer pour utiliser ce bras de mer que beaucoup d’autres villes nous envient?
(Éric Sarrat, SO, 20/04/98)
En auront-ils des raisons? En quatre points, le scénario, et ses stratagèmes, qui se mijotent depuis ces 10 dernières années, semble être le suivant:
1º) L’exclusion hors de la Bourse des paquebots éloigne les croisiéristes de l’hypercentre R1, R1. Malgré les nouveaux handicaps qu'on lui impose de ce fait R9, l'accostage des bateaux se voit repoussé en aval, assez loin du centre, à l’ancienne gare maritime.
2º) Cette tristounette escale alibi, de faible gabarit, n’offrant ni les possibilités nautiques ni l’attrait mondial unique à la Bourse et au centre-ville, seuls désirés des touristes, les escales à Bordeaux-centre, devenues d'une manœuvre plus délicate et encore plus coûteuses, mais de moindre attrait, se raréfieront R6.
3º) Les armateurs se rabattront peut-être un temps sur Le Verdon (qualifié pour lors d'escale de Bordeaux R6, bien que "pas folichon"), d’où ils proposeront une visite œnotouristique et des plages du Médoc. Bordeaux sera ignoré et les revenus du tourisme, pécuniaires et de prestige, perdus.
4º) L'œnotourisme, offert de plus en plus de par le monde, isolé de "sa cité historique", perdra de son intérêt (comme le vin français déjà). Logiquement, les paquebots s’éloigneront définitivement du Verdon aussi: même les anciens sites d’accostage finiront abandonnés une fois de plus, avec, pour Bordeaux, perte de recettes, de renommée; et, cette fois-ci, perte définitive de la rade, qui restera vide; sans parler d'un pont maritime quelconque.
Stratagèmesº) Parallèlement à ce "scénario", on fera place nette aux Quinconces (après des fouilles ? — inutiles si l'on ne cherche pas à préparer l'esplanade pour une autre utilisation R4, R4 —). Comme dans un assaut d'échecs, plusieurs points de départ: la passerelle R15, le tunnel R20, le pont ouvrant R19, 8
la saturation des ponts urbains R21, le "remodelage des quais" par Corajoud (fatal, car faisant fi des paquebots, mais faisant place pour le pont, bien que reconnu "inutile"), R7, 8
, 8
, 8
, sans oublier lesdites "caisses à savon" catastrophiques pour le prestige des croisières R1.
Tous ces efforts convergent, d'abord sur la cible des Quinconces, ensuite sur Lucien-Faure, sur le pont dit ouvrant, mais qui, comme à Rouen, malgré le coût, pourra n'être qu'un pont alibi qui n'aura jamais besoin de s'ouvrir). Peu importe son prix puisqu'il ne s'agit que de faire semblant d'attendre des navires qui ne se bousculeront jamais au portillon de la nasse, ce que l'on souhaite.
À Bordeaux, il semble bien ne s'agir que d'exterminer les paquebots tandis que les autres ports en tirent fortune 8
, 8
.
Autant dire que les partisans d'un Bordeaux port maritime risquent de tordre le nez devant le projet Corajoud, d’autant plus que le paysagiste parisien prend acte de la disparition des activités portuaires. (Benoît Lasserre, SO, 22/01/00 8 ) 8 , 8
Tout se passe comme si cet urbanisme se réduisait du côté paquebots à une manière de phobie et, du côté ouvrages d'art, à une sorte de culte de l'éternité, fondé sur son inutilité.
Que de ruineuses démarches pour réaliser de ruineuses aberrations! Les résultats, maintenant, ne devraient étonner personne 8 . [cit. J.-P. Taillardas et suivantes R25] R5.
On devrait se demander pourquoi des bateaux, cherchant le profit, consomment du carburant cher et passent fois 5 heures pour remonter la Garonne, de l'océan jusqu’à la Bourse.
Simplement parce que les autres postes d’accostages sur l'estuaire, à commencer par Le Verdon {P}, ne sont pas folichons et ne remboursent pas les frais...
Simplement parce que le cadre unique de la Bourse R8 — rade, Bourse Louis XV et centre-ville: une des plus belles escales du monde — à lui seul, symbolise notre culture, notre goût, le siècle des Lumières dans notre ville. Il fait venir des croisiéristes qui, sans cela, ne verraient jamais Bordeaux, et continueraient à le prendre pour une simple marque de breuvage, comme champagne ou coca cola. 8
Certains prétendent susciter l'image d'un "Bordeaux historique" (colonial?). On s'étonne que le mot "bateau" soit absent de leur vocabulaire limité au vocabulaire terrestre. Un point de non retour, digne de "la Machine à remonter le temps", sommet de castration culturelle maritime du port de Bordeaux, est atteint.
Reste à savoir si nous, "Bordelais de souche", acceptons de laisser castrer notre exceptionnel port intra muros par des technocrates parachutés, par ignorance foulant aux pieds notre histoire, notre renom, notre avenir et les possibilités nautiques uniques de notre rade — notre culture. 8
Si oui, nous n'avons que ce que nous méritons. Les caisses à savon disparaîtront des alentours de notre Bourse. Nous ne les verrons plus jamais, remplacés par le paysage bastidien, son trompe l'œil perpétuel de paquebots, imposé en permanence depuis Bordeaux-centre {P}.
Quant aux caisses à savon elles-mêmes, perdues pour Bordeaux, il ne manque pas d'autres ports pour les accueillir R1, 8
, {P}; [SO, 22/01/00] 8
: éliminer l'accostage de la Bourse est "le pire choix" {D}. Certains le font régulièrement, cependant.
Gérard Barbé (adjoint au développement économique du Verdon) souhaite par exemple que l'appontement sur lequel 4Gas avait jeté son dévolu pour le terminal méthanier, soit utilisé à l'avenir pour l'accostage des grands paquebots de croisière. [...]
(08/10/09, Bernard Broustet, SO, p. 11)
Jacques Ange Gabriel a dessiné la Bourse en demi-place ouverte: la moitié opposée à la Bourse, c’est le Monde que la Garonne a destin d’introduire dans Bordeaux. §
Jacques était d'une autre culture.
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