@ccueil
- FRANCHIR 2009 :-
franchir la Garonne / contourner Bordeaux /
sauver la passerelle |
procédure {?}, |
index Ý |
, plan du site Ø |
"franchir 2008" |
ï u ò |
"franchir 2009", fin |
"pont levant 2010" |
ï u ð |
"franchir 2010" |
|
Les références des extraits sur les ponts et franchissements sont en rose;
celles sur les contournements, en rouge;
les autres, en bleu.
Les extraits sur les Bassins à flot et le pertuis figurent dans la suite "port…".
Cf. remarques générales dans "index" Ý |
Par le forum SUD OUEST, on peut s'exprimer sur des projets :
(contournement, pont-levant, passerelle, etc.). |
Pour cela, ouvrir < sudouest.com > puis l'accueil :
colonne de gauche, " opinions ", " forums ", et " forums Gironde ".
Cliquer un choix ; puis " poster un nouveau message ", qui apparaît.
Cliquer et suivre les invites pour remplir les cases. |
|
10/01/09, SO, p. 19 :
Depuis hier jusqu'à demain matin, un atelier de travail réunit, à la demande du maire de Bordeaux, plusieurs architectes internationaux. Cette réunion, qui se tient à huis clos à Cap Sciences, a pour but de réfléchir au futur pont Bacalan-Bastide et aux améliorations à y apporter afin de le rendre "Unesco-compatible". [...]
[On n'a jamais entendu dire que l'on allait démonter les trémies de Pey-Berland pour incompatibilité avec le message de Ange Gabriel, personnage inconnu des élus.
On n'a jamais entendu dire que l'on allait déporter fastoche le clownesque lion en plastoche, car pas "Unesco-compatible".
On n'a jamais entendu dire qu'un label Unesco eût été jamais confisqué pour cause d'anéantissement de ponts de pertuis, ce qui met en doute la valeur de labels que les intéressés — sic — se taillent sur mesure.
On serait bien surpris, et marri, que l'atelier à huis clos, "réuni à la demande du maire", décide que le pont levant soit "Unesco-incompatible" bien qu'il défigure un décor urbain classique aussi renommé que celui de Bordeaux. Dans le cœur du port, un pont levant est incompatible avec la navigation moderne, mais peu leur chaut. L'héritage s'en va à vau-l'eau.
Et vogue la galère…]
12/01/09, Dominique de Laage, SO, p. 13 :
[...]
Avant ce rendez-vous décisif pour Bordeaux, son pont et son label, une autre échéance très importante a lieu dès ce jeudi 15 janvier. Le recours formulé par le Front associatif contre le projet de pont levant (et pour l'alternative d'un tunnel) sera examiné en audience publique. Toute l'agglomération sera pendue aux lèvres du commissaire du gouvernement lorsqu'il requerra jeudi. Le jugement sera rendu entre deux semaines et deux mois plus tard. [...]
Rappelons que le Front associatif oppose quatre arguments principaux à la Communauté urbaine :
défaut de concertation; défaut de procédure; violation de la loi d'orientation sur les transports intérieurs; et enfin, erreur manifeste d'appréciation avec pour base la conclusion du rapport de l'enquête publique, qui ne fut guère enthousiaste sur ce projet de pont.
13/01/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 16-17 :
"Si le pont levant est rejeté, il faudra trouver une autre solution, car un franchissement est indispensable pour développer la rive droite. Pourquoi pas le tunnel? Je vous rappelle que j'étais favorable à cette solution au départ. C'est la question du coût qui m'a fait préférer le pont, car les études révélaient que le tunnel était deux fois plus cher. "
Alain Juppé [...] a répondu tout net à une question qui l'était tout autant. Si on ne fait pas de pont, qu'est-ce qu'on fait?… "Un tunnel".
[...]
Ce qui fait remonter d'un coup à la surface l'hypothèse tunnel défendue par les 15 associations réunies.
Une hypothèse que la CUB avait elle-même envisagée, comme le prouvent les études préalables que nous nous sommes procurées et qui ont été réalisées par le CETU [voir Google], le Centre d'études des tunnels à la fin des années 90. Trois projets de tunnels ont été proposés (voir pavé): trois tailles, trois prix.
[...]
La dépense était équivalente [à celle du pont], voire moins élevée, si on choisissait un tunnel adapté aux besoins, soit le plus petit ouvrage proposé, de 25m de large avec 2 X 2 voies: un tunnel largement suffisant. Avec une galerie centrale qu'il était possible d'élargir pour créer un passage 2 roues et piétons, comme dans un tunnel d'Anvers [voir Google, tunnels de belgique].
Avec les raccordements, ce tunnel réduit, mais tout de même aussi large que le pont d'Aquitaine, coûterait, selon les évaluations de CETU à l'époque, 125 millions d'euros alors que les dernières estimations "pont levant" font état d'une possible dépense de plus de 160 millions.
Les tunnels proposés par le CETU |
45 m de large |
37,20 m de large |
25,10 m de large |
[...] 2 fois la largeur du pont d'Aquitaine! Un triple tunnel en fait puisque constitué de 3 immenses passages séparés par 2 galeries de sécurité et d'évacuation de 2,1m. [...].
Coût estimé au moment de l'étude à: 900MF (137M€) d'investissement et 10MF (1,5M€) de fonctionnement. |
[...] 2 X 2 voies et un passage transport en commun, soit 3 tunnels jumelés séparés par 3 galeries de sécurité et d'évacuation de 2,1m. 2 tunnels de 10m de large pour accueillir la circulation voitures-poids lourds et un tunnel de 9m de large avec 2 voies tram (ou bus) double sens. Coût à l'époque: 835MF (130M€) d'investissement, 10MF (1,5M€) de fonctionnement. |
[...] 25,10m de large avec 2 tunnels jumelés séparés par une galerie de sécurité et d'évacuation de 2,1m. 2 X 2 voies voitures-camions possibles avec utilisation éventuelle d'une voie de chaque côté pour faire passer le tram. Coût à l'époque: 615MF (94M€) d'investissement, 8MF (1,22M€) de fonctionnement. |
Selon les études du CETU: [...] Pas de grandes saignées [...]. Les bouches d'entrée-sortie se trouvaient à 300m environ de la rive avec des ouvertures n'excédant pas 150m de long. Exemple: l'entrée-sortie rue Lucien-Faure se trouvait environ à hauteur des entrepôts maritimes, soit loin des quais donc peu visibles. |
["Je suis oiseau, voici mes ailes…"
Aujourd'hui, qui peut prétendre qu'un tunnel urbain adéquat revient plus cher que le pont d'Aquitaine. On n'a pas voulu apparemment consulter les entreprises ayant construit des tunnels (par exemple, Bouygues
8 , 8 ) parce qu'elles envisagent un péage?] 8 , 8
14/01/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 01 :
Plus de minibac entre Le Verdon et Royan! À compter de l'été prochain, un deuxième transbordeur amphidrome [= qui travaille dans les deux sens, sans avoir à faire demi-tour] baptisé "l'Estuaire" assurera les navettes continues entre la Gironde et la Charente-Maritime.
Ce navire sera aussi grand et impressionnant que le transbordeur "la Gironde" mis en service en avril 2002: 78 m de long, 18,50 de large. Un deuxième bateau capable de transporter d'un seul voyage six poids lourds, 146 véhicules de tourisme et 600 passagers.
Ce navire n'est pas un luxe. Il est indispensable pour améliorer les liaisons régulières dans l'embouchure, traversées quotidiennes assurées par le Service maritime départemental dépendant totalement du Conseil général de la Gironde.
Pour mémoire, ce service maritime propose deux lignes régulières: Blayes-Lamarque et Le Verdon-Royan. [...] la fréquentation ne cesse de progresser. [...]
D'où l'obligation de commander un second transbordeur tout aussi performant que celui mis en service en 2002. [...]
[...] Plus de 25 millions d'euros (hors taxes) couverts par le Conseil général de la Gironde.
[...]
La construction du navire a débuté l'an dernier… à Gdansk, en Pologne, au bord de la Baltique. Pourquoi si loin? "Parce que nous avons dû soustraire la fabrication de la coque", précise la Société Piriou [de Concarneau, 2e groupe de construction navale civile de France qui a gagné le marché 8 ].
[Il n'est pas interdit de penser qu'un tel bateau peut offrir un service régulier, ou de secours, entre deux rives: un pont à la demande meilleur marché que certain et qui ne bloque aucune circulation, ni routière ni fluviale. Et ne s'envole pas avec notre argent.]
16/01/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 14 :
[...] Cette loi [Loti, d'orientation des transports intérieurs] impose une information totale sur l'ouvrage à réaliser et les travaux annexes qui en découleront. Or, dans la présentation du projet, il n'est question que du pont. "Nulle part ne sont évoqués les aménagements nécessaires de chaque côté, comme les voies de desserte", constate le commissaire du gouvernement.
[...]
Autre faiblesse dans le dossier: l'évaluation financière. Une estimation trop succincte, insuffisamment développée et expliquée, ne serait-ce que sur les modalités de financement.
Il y a pire cependant, selon le commissaire: l'appréciation du projet et le bilan "coût/avantage". Un pont levant étant trois fois plus cher qu'un pont classique, il faut obligatoirement justifier un tel choix et démontrer que l'ouvrage retenu répond bel et bien aux besoins, ce qui ne serait pas le cas pour le projet bordelais.
"Il n'y a aucune garantie que des bateaux puissent passer sous ce pont levant", résume le commissaire du gouvernement, tout en constatant que l'avis des services maritimes figure dans le dossier, mais pas celui des compagnies maritimes qui fréquentent le port de la lune. Si bien qu'il devient difficile d'affirmer que l'ouvrage est parfaitement conforme à ce qu'attendent les éventuels utilisateurs et qu'il s'agit donc du seul et bon choix à faire.
[...]
[Dans ces deux papiers de Jean-Paul Vigneaud, datés 16 & 17 janvier 2009, on saisit mieux pourquoi on a pu reprocher au projet de pont d'être peu réfléchi par endroits, d'où des retards sur ce qu'aurait dû être son calendrier.
S'ajoute le fait de ne pas reconnaître que le coût "du tunnel" n'est pas plus cher, à services équivalents. L'étude du pont aurait dû être présentée comparativement en toute honnêteté avec celle d'un autre "traversement", donc d'un tunnel. Cette lacune rendait le dossier incomplet, d'où autre retard. Peut-être ne voulait-on pas aligner côte à côte les deux devis
8 .]
Voir suite ci-après, 17/01/09.
17/01/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 15 :
Curieuse similitude entre Seine et Garonne. À Rouen, il y a près de cinq ans, comme à Bordeaux aujourd'hui, la même et double question s'est posée: faut-il construire un pont levant pour ne pas condamner les activités nautiques à proximité du centre-ville? Et, si l'on fait un pont mobile, est-on sûr que les navires passeront dessous?
[...]
[...] Pas moins de 30000 véhicules [de toutes catégories] l'empruntent chaque jour. [...]
[...] un Rouennais bien placé dit tout net: "Que Bordeaux ne fasse surtout pas un copier-coller de ce que l'on a fait! Ce serait une erreur.
Les Rouennais ont beaucoup de mal au demeurant à avaler l'augmentation du coût du pont (ouvrage et voies d'accès): 155 millions d'euros, alors que la facture ne devait pas dépasser 137 millions. [...]
Il y a pire que cela cependant: le fameux "bilan coût/avantages de la réalisation" [...].
Si un pont levant a été préféré à Rouen, c'est bien pour faire passer les bateaux. Or le pont ne s'est pas levé une fois depuis l'inauguration de l'ouvrage en septembre dernier, car aucun commandant de navire n'a demandé à le franchir. Même les paquebots de croisières!
"Six sont venus depuis l'inauguration du pont, aucun armateur, aucune compagnie n'a souhaité passer le pont. Les paquebots ont accosté à hauteur du terminal aménagé pour les croisières en aval de l'ouvrage", précise le service communication du port autonome de Rouen.
Très loin des prévisions avancées par les services de l'équipement au moment de la construction de l'ouvrage.
En dehors de la "Grande Armada" (rassemblement de grands voiliers organisé tous les quatre ans), ces derniers prévoyaient une quarantaine de passages de navires par an.
"Aucun, les quatre premiers mois et il n'y en aura pas plus dans les mois qui viennent", déclare Jean-Marc Vintrin, président des pilotes de la Seine basés à Rouen. "Les armateurs refusent catégoriquement de s'engager dans un endroit où ils peuvent se retrouver bloqués pour des raisons techniques, sociales ou autres. Nous l'avions dit. C'est pour cela que nous étions, pour notre part, plus favorables au tunnel."
Un "exemple" à livrer au débat engagé sur les bords de Garonne...
Alain Juppé
, maire de Bordeaux, UMP :
"Le fait que ce projet de pont soit à travées levantes est un choix qui appartient aux politiques. C'est à nous de décider ce que sera la circulation des bateaux dans le centre de Bordeaux."
Voir 06/08/09
8
[Les coûts annoncés ne comprennent pas toujours (la totalité de) ceux des voies d'accès ni de travaux annexes, indispensables
8 . Quant aux prix des seuls ponts ou tunnels, à Bordeaux, on se fait un devoir de présenter ceux des tunnels "trop cher". Cette distorsion s'explique en particulier par le choix de tunnels "surdimensionnés" par rapport au pont déjà surdimensionnés.
Les comparaisons peuvent être faussées par l'élasticité des devis des TP : considérer les prix départs aux définitifs à Rouen (à Bacalan-Bastide?), à Boston (tunnels)… Faussées aussi par le montant souvent catastrophique des coûts d'entretien: penser simplement au pont… d'Aquitaine: après une quarantaine d'années, il est refait en permanence. Faussée encore par le rapport prix/service rendu. En l'occurrence, le pont levant fournit un service fluvial nul, comme prévu à Rouen et prévisible à Bordeaux. "Inutile", vous dis-je… Inutile, mais payant, de même que les équipements, coûteux bien qu'inutiles (sauf comme monuments, d'une esthétique discutable, à la gloire de certains élus ruineux omnipotents).
Les paquebots n'accosteront plus au-delà du pont d'Aquitaine et les véhicules auront tout loisir d'emprunter, seuls, le tablier du "pont levant qui ne se lèvera jamais"… Les paquebots, suivant une habitude qui se prend, de moins en moins ne s'aventureront plus amont que… Le Verdon.
Il est urgent que Bordeaux retienne la phrase venant de Rouen propre à guider les décisions —, tant qu'on peut et veut encore sauver la face et la rade — :
…le pont ne s'est pas levé une fois depuis l'inauguration de l'ouvrage en septembre dernier, car aucun commandant de navire n'a demandé à le franchir. Même les paquebots de croisière! (alias caisses à savon)
é . R9, R9, 8 ]
Voir début ci-dessus, 16/01/090.
22/01/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 17 :
[...]
La journée [d'hier] a été marquée par de nouvelles visites sur le terrain et plusieurs réunions de travail. Se faisant un devoir de relever les éléments "à charge" et "à décharge", les experts de l'Unesco et de l'Icomos ont rencontré, lors de cette seconde journée, ceux qui soutiennent les projets engagés et ceux qui les contestent en affirmant qu'ils vont mettre en péril le site classé. Ceci a conduit la délégation menée par Francesco Bandarin (Unesco) et Marcus Biney (Icomos) à recevoir pour la première fois les associations bordelaises qui ont tiré le signal d'alarme et qui les ont alertés par courrier. [... les] représentants de l'association Bordeaux-Marinopole et [ceux] du Front associatif. L'association Marinopole, que préside Daniel Binaud, a été une de toutes premières au niveau local à dénoncer la démolition du pont de pertuis au bassin à flot, dernier pont à culasse de France. Le Front associatif, réuni derrière Denis Teisseire, comprend 15 associations et milite depuis plusieurs mois contre le pont levant Bacalan-Bastide. Selon ce collectif, l'ouvrage envisagé n'est pas adapté au lieu et va anéantir définitivement l'activité portuaire de Bordeaux.
[...]
23/01/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 14-15 :
Pour savoir su Bordeaux conservera son label Unesco, sans avoir à annuler le projet de pont levant, il faudra attendre le mois de juin. [...]
[...]
Et alors qu'on demande à ce même Francesco Bandarin si Bordeaux pouvait se retrouver dans la même position que Dresde (ville allemande) à qui l'Unesco demande aujourd'hui de faire un tunnel plutôt qu'on pont, il répond que "les dossiers ne sont pas comparables". Est-ce à dire une décision différente? Nouveau sourire sur le visage d'Alain Juppé.
L'ultime rencontre d'hier avec Francesco Bandarin de l'Unesco et Marcus Binney d'Icomos aurait été déterminante. Une réunion à laquelle participaient de nombreuses personnes. [...] Des experts mandatés par la ville [...]. Cet éclairage très pro aurait fortement intéressé Francesco Bandarin et Marcus Binney.
De même que la création du club local Unesco bordelais (CLUB), cellule de réflexion et de concertation permanente pour mieux cadrer les choses et éviter à l'avenir les destruction comme celle du pont du pertuis ou encore celle projetée pour construire le futur collège Cassignol. Francesco Bandarin a vu cette façade et réclame d'ores et déjà son maintien.
Sur le pont levant, en revanche, les experts sont restés dans le vague. "C'est un ouvrage très complexe. Nous avons examiné sa nature et sa fonctionnalité. Grâce à ce que nous avons recueilli pendant trois jours, tout nous est dorénavant plus clair", note Francesco Bandarin sans donner son avis. "Il y a beaucoup d'éléments à prendre en compte: les dimensions, l'esthétique, son impact dans le paysage, l'intérêt qu'il représente pour la ville…"
Il n'a pas voulu en dire plus, indiquant, au détour d'une phrase: "Ce n'est pas sûr qu'on soit d'accord à 100%."
Pont du pertuis
Le pont du pertuis, dernier pont à culasse de France au cœur des bassins à flot, n'aurait jamais dû être détruit. Francesco Bandarin l'a souligné à plusieurs reprises, hier, en précisant que cet "accident" était fâcheux et regrettable.
"Rien ne pourra faire maintenant revenir le pont du pertuis", a-t-il regretté en disant que cela doit servir de leçon. "Il faut apprendre des erreurs, dit-il. Ce problème a beaucoup stimulé la ville et les collectivités. C'est bien. Dans nos conclusions, nous reviendrons sur ce point et demanderons quelque chose de plus pour sauvegarder le patrimoine que représente le port. Le port autonome a le devoir de nous présenter un plan de conservation et de protection pour toutes les installations qui restent. Nous allons lui demander de nous fournir tous les éléments à ce sujet et de nous faire part de ses projets. L'erreur du pont de pertuis est commise, il faut maintenant faire des gestes de réparation."Voilà de quoi réjouir ceux qui tiennent aux bassins à flot et à leurs installations. |
Passerelle Saint-Jean
[...Francesco Bandarin:] "Je fais confiance à Monsieur le Maire pour trouver la solution."
[...] L'objet est intéressant, l'endroit aussi, à vous d'imaginer ce que l'on peut en faire."
[Alain Juppé] a confirmé lui aussi son intérêt pour la passerelle: "Je souhaite la conserver, à la condition évidemment que ce soit techniquement possible et que le coût ne soit pas démesuré." |
[Tout le monde aurait dû comprendre l'enjeu du pertuis et de nombreux personnages cultivés ont fortement mis en garde les élus, les plus importants en tête. Tandis que d'autres personnages cultivés, et payés pour entretenir le patrimoine, ont brusquement détourné la tête — pendant que les soudeurs dessoudaient.
Le sauvetage du pont du pertuis était-il techniquement et financièrement possible?
30/01/09, courrier des lecteurs Bx7, p. 10 :
A propos du pont, pourquoi tant de propos frisant la haine?
Ce pont pose d'abord un problème simple: oui ou non, veut-on des paquebots dans le centre de Bordeaux? Notons que peu de villes offrent une telle opportunité. Quant à Bassens, au milieu des tas de charbon et des conteneurs (je ne pense pas que ceux-ci soient classés à l'Unesco), c'est sinistre! Et trop loin du centre.
— Si l'on ne veut plus de bateaux, pourquoi alors faire un pont ouvrant qui va coûter une fortune? Un pont [rasant] simple suffirait, mais merci pour le tourisme!
— Si l'on veut des paquebots dans le centre de Bordeaux, il faut que ceux-ci soient sûrs de passer sans problème. Or, le pont présenté ne semble pas garantir ce passage.
Autre problème non abordé rive gauche, ce pont débouche sur les boulevards ou les quais déjà saturés aux heures de pointe. Cela va-t-il améliorer tant que ça la circulation? Il faut donc prévoir un plan de circulation et donc des travaux, ce qui visiblement n'a pas été fait et va coûter cher!
En gros, on risque de se retrouver avec un pont qui ne servira à pas grand chose, qui aura coûté très cher et qu'on gardera 100 ans.
Question travaux pour employer du monde, pourquoi ne pas commencer par le pont Jean-Jacques-Bosc, qui est tout autant nécessaire, et ensuite réaliser un tunnel en face de Lucien-Faure. Autre avantage du tunnel: il peut être courbe et donc faciliter la détermination de l'emplacement de ses sorties.
[Le citoyen lambda voit souvent plus loin que le bout du nez de certains élus dépensiers, qui "gaspillent les fonds publics" en choix vaniteux et inutiles. Rarement les seconds écoutent le premier, même si son savoir est enrichi de recherches associatives poussées.
Ceux des élus qui n'ont pas la faculté de divination, par honnêteté, peuvent au moins se renseigner, car, par exemple, aucun n'a le droit d'ignorer l'existence du pont de Rouen, du tunnel du Vieux-port, de celui de Nogent, du double tube de Toulon, ou encore du grand tunnel de Boston qu'a visité, tardivement, Philippe Madrelle, etc.
R20
Personne non plus ne peut ignorer la possibilité de construire un pont Jean-Jacques-Bosc, ou un pont Latresne meilleur marché.
R18
Prétendre "vouloir des paquebots" d'une part, et refuser des "caisses à savons" de l'autre, conduit les Bordelais à se poser la question de l'utilité d'un pont levant, déjà posée dans divers actes officiels.
02/02/09, SO, p. 17 :
Le pont levant de Rouen suscite l'inquiétude. Le fait qu'aucun navire ne passe sous le pont levant de Rouen depuis 18 mois (SO du 17 janvier 8 ) en inquiéterait plus d'un à la CUB. Aussi, nombre d'élus, le Vert Gérard Chausset en tête, auraient demandé au président de la CUB Vincent Feltesse, de se rendre sur place pour voir à quoi ressemble ce pont géant et juger au plus près le phénomène constaté.
Afin de repenser le projet bordelais?
[En vrac:
l Les assos peuvent instruire ceux qui veulent l'être, parmi lesquels peu de responsables.
l "Ceux qui savent" depuis longtemps sont inquiets; ceux qui disent l'être depuis peu étonnent.
l Ne pas être curieux de ce que fait un voisin qui se vante d'avoir "a better idea", c'est une lacune (scientifique et, pire, économique). Se sentir irresponsable de l'argent des "classes moyennes" dépensé pour ce pont, c'est un vol sans circonstances atténuantes, car le résultat est prévisible et observable par tous. Pour certains, la connaissance du résultat est une raison d'éluder le débat.
l Toujours par honnêteté, pourquoi ne font-ils pas le tour de France des tunnels? R20
l Pour les uns, "repenser Bacalan-Bastide" en lumière de Rouen est une "perte de temps". Pour les autres, le construire est la plus grande faute de l'Histoire commise contre Bordeaux.]
07/02/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 20 :
[...]
Attention, cette concertation ne porte pas sur un ou plusieurs projets de pont [Jean-Jacques-Bosc] déjà imaginé avec plans, maquettes et descriptifs. La CUB n'en est pas encore là, la présentation de l'avant-projet ne pourrait se faire que dans 2-3 ans, voire plus.
[...]
C'est la toute première phase qui débute [...] sur les questions clés qui serviront de base de départ.
Des questions telles que:
— Faut-il un franchissement supplémentaire entre le pont Saint-Jean et le pont François-Mitterrand?
— Dans l'axe du boulevard Jean-Jacques-Bosc?
— Pont ou tunnel?
— Pour qui? Automobilistes, piétons, cyclistes, transport en commun?
— Etc.
[...]
Les habitants [...] pourront consulter <concertations.lacub.fr> [...]
[Voir Axe Latresne
8 ]
13/02/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 20 :
Depuis lundi, les habitants de Bordeaux, Bègles, Floirac et Bouliac sont invités à s'exprimer sur l'opportunité de créer un franchissement (pont ou tunnel) dans l'axe de boulevard Jean-Jacques Bosc (lire "Sud Ouest" de samedi 7 février). [...]
[...]
Pour Vincent Feltesse, la nécessité de réaliser cette liaison saute aux yeux. [...]
"Plus tôt sera le mieux, précise Alain Juppé [...]" Conchita Lacuey confirme. Pour elle, c'est un vieux rêve [...].
Place donc maintenant à la concertation [...]. 8 , R17
19/02/09, Julien Rousset, SO, p. 22 :
Passerelle Eiffel:
Un pauvre bougre s'est attiré les foudres d'une partie de l'assistance en déplorant que tant d'efforts soient faits pour tenter de préserver la passerelle, un "paquet de ferraille" semblable à "plusieurs autres ponts de la région". "On aura en tout cas du mal à y faire, comme certains le réclament, un lieu de promenade et de repos, vu que de nombreux trains passeront sur le pont ferré à côté, et qu'il n'y a même plus les deux extrémités!" a précisé, goguenard, Alain Juppé.
[Le "pauvre bougre" semble ignorer pourquoi la passerelle en est arrivée là!]
20/02/09, Jean-Bernard Gilles, SO, p. 11 :
[...] Hier matin, le tribunal administratif de Bordeaux, a levé la dernière hypothèque juridique à ce projet [de pont levant]. Il a rejeté le recours déposé par un front associatif, qui conteste depuis le début ce projet et lui préfère une solution de tunnel. Les associations diront la semaine prochaine si elles font appel de cette décision, ce qui est probable, mais celui-ci n'est pas suspensif. Le démarrage des travaux est annoncé pour l'été. Ce pont à travée levante, qui doit laisser passer les bateaux de croisière, représente un investissement de 127M€. Il pourrait être opérationnel en 2012.
[...] Seul un avis défavorable de l'Unesco susceptible de remettre en cause l'inscription du port de la lune au patrimoine mondial peut encore contrarier le projet. [...] Mais [Alain Juppé] semble résolu, comme Vincent Feltesse, à réaliser ce franchissement.
[A Bordeaux, décidément, personne n'avoue être au courant de l'aberration rouennaise, opportunément réalisée un an avant le vote de l'aberration bordelaise. Ceux qui n'ont pas anticiper Bacalan-Bastide ont la faveur d'une séance de rattrapage gratuite pour quelques jours encore sur Rouen. Gratuite, mais décisive pour les siècles futurs.
Quant à "laisser passer les bateaux", là est une des questions.]
21/02/09a, SO, p. 18 :
[...] concernant le pont Bacalan-Bastide. Son coût estimé au premier janvier 2006 par la CUB s'élève à 127,50 millions d'euros (ttc) (et non à 227 millions comme nous l'indiquions par erreur hier page 15 de notre édition Gironde).
Ce chiffre inclus le prix des travaux de l'ouvrage principal et la réalisation des carrefours à feux de raccordement, aux quais de Brazza et de Bacalan. Il aura sans doute évolué d'ici à sa livraison en 2012 [...] il est déjà estimé à 139 millions TTC. [...]
21/02/09b, les réactions, SO, p. 18 :
Philippe Dorthe :
"La décision de tribunal administratif est une mauvaise nouvelle pour Bordeaux, qui va la payer longtemps. Je reste persuadé qu'un tunnel aurait été une solution plus satisfaisante et plus économique au bout du compte. Il ne reste plus qu'à s'en remettre à la sagesse des décideurs de l'Unesco pour tenter de prévenir l'irréparable."
Michèle Delaunay :
"D'abord, je veux dire ma surprise. Je suis étonnée du décalage entre les conclusions du commissaire du gouvernement et la décision du tribunal. Je tiens ensuite à rendre hommage au travail remarquables des associations. [...] Je garde des réserves sur ce pont, qui risque d'hypothéquer la circulation maritime [...]." R9
Max Guichard :
"C'est avec une grande satisfaction que nous apprenons la décision du tribunal administratif. [...]"
[Les montagnes ne changent pas d'avis, mais les communistes furent célèbres pour leur engagement passé en faveur du tunnel, engagement qu'ils avaient gravé dans la pierre sur le lieu où devait s'ouvrir l'entrée du tunnel à Bacalan.
{P}]
25/02/09, SO, p. 13 :
"Quand on aura réduit l'émission de CO² de 20% dans la CUB, on pourra reparler du grand contournement autoroutier de Bordeaux."
Alain Juppé, lors du dernier conseil de CUB.
27/02/09, Michel Gavout, courrier des lecteurs, SO, p. 20 :
La conservation de l'intégrité du port plaide pour la construction d'un tunnel à Bacalan et d'un pont ordinaire à Jean-Jacques-Bosc. Va-t-on faire le contraire?
Opposé au pont levant, j'ajoute une information provenant du Canada. Faisant suite à une erreur humaine, un pont levant a désormais la renommée de "scalpeur" de passerelle de navire.
Par simple principe de précaution, les responsables devraient éviter de faire installer des mécanismes présentant de tels dangers. Je conseille au maire de penser à la gravité d'un incident survenant sur un paquebot chargé de passagers. Il serait plus sage de construire d'abord le pont J.-J. Bosc. Ensuite, les moyens financiers venant, on construirait le tunnel à Bacalan.
[On comprend qu'une partie du mécanisme levant a dû tomber ou frotter sur le pont d'un paquebot. L'accident aurait été relaté à la TV dans "Planète", sous toute réserve.
Rien ne dit que la perte de contrôle du fameux bateau grec, pourtant au centre du fleuve, ne se reproduise pas dans la passe moins confortable du pont levant.
{P}]
11/03/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 19 :
[...]
[...] Le pont levant, les études et les raccordements rive droite et rive gauche compris, le chantier devrait revenir à 157M€ TTC.
"Valeur 2012, soit à la fin du chantier !", précise le service des grands travaux à la CUB. [...]
"Le prix d'un chantier évolue au rythme du coup de la vie, plus parfois. Entre le chiffre que nous donnions en 2004 et celui qui s'affichera en 2012, il y aura donc une différence sans qu'on ait pour autant modifié le projet."
COÛT EN 2004 (travaux, études et raccordements) : 117,6M€ TTC.
COÛT EN 2008 (tout compris, après augmentation constatée de 4% par an) 138,9M TTC.
COÛT EN 2012 (tout compris. Évaluation fin de chantier après une augmentation estimée à environ 5% par an) : 157M€ TTC.
[...]
[157M € = 102985M NF = 10298500M AF…
On pense tout de même à la vocation d'inutilité maritime qu'on lui prédit ça et là ?
Pour ce prix, "l'Histoire jugera".]
24/03/09, SO, p. 22
[...] La ville de Biloxi (Mississipi) possède un pont avec, en son centre, une partie levante. La semaine dernière, alors que le pont était levé, un convoi de huit barges a manqué ce passage et est allé percuter une arche. Bilan: une barge coulée et une section de 180m de pont dans les flots. [...]
[Cela sent le fameux "emmerdement majeur"…
R19]
28/03/09, Jean-Denis Renard, SO, p. 13 :
[Consulter dans "recherches" les extraits contenus dans "niveaux des eaux",
dont celui portant cette date.
Il suffit de monter à l'entête, puis de descendre dans le "plan du site".]
13/04/09, SO, p. 13:
Bacalan-Bastide : l'appel de front associatif—
Le front associatif, qui regroupe une quinzaine d'organisations citoyennes locales opposées à la construction du pont Bacalan-Bastide, ne désarme pas. Il annonce son intention de se pourvoir en appel auprès de la cour administrative d'ici au 20 avril prochain. Le démarrage des travaux, qui dureront 33 mois, est annoncé pour l'été par Vinci {R} et la Communauté urbaine. Le 19 février dernier, le tribunal administratif rejetait le recours des associations.
08/05/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 12 :
La passerelle de Bordeaux-St-Jean, menacée de destruction depuis son remplacement par un pont ferroviaire, a probablement sauvé sa peau. Récemment, la Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) s'est prononcé pour "son inscription en totalité au titre des monuments historiques". Pour le CRPS, "elle présente un intérêt d'art et d'histoire suffisant pour en rendre désirable la conservation". Reste à venir la signature du préfet. L'inscription rendra impossible la destruction de l'ouvrage. Encore moins, s'il est classé, comme souhaité, monument historique.
[voir même SO, p. 13]
20/05/09, Guillaume Balout, directBx7, p. 03 :
[...] Réunissant quinze associations, le front associatif a déposé un recours auprès de la cours administrative d'appel pour annuler la déclaration d'intérêt général du projet par la CUB, ainsi que le jugement du tribunal administratif. [...] le commissaire du gouvernement avait dressé un réquisitoire sévère du projet en janvier. L'offensive du front associatif, partisan du tunnel, se déploie désormais sur deux manquements: celui d'une concertation effective préalable à toute décision sur "la nature et les options essentielles" et celui d'éléments à apporter au dossier d'enquête. Surtout, "le tribunal a dit que notre argumentation était plausible. Donc, on ne peut pas déclarer d'intérêt général quelque chose qui n'est pas certain", estime Denis Teisseire [...].
20/05/09, Denis Teisseire, Trans'CUB, SO, p. 13 :
Il est incroyable que le président de la CUB ait attendu huit ans pour annoncer une concertation avec les croisiéristes sur le pont levant.
["Incroyable" en effet. Depuis des millénaires, le rôle d'un port de croisière (Bordeaux particulièrement) est de recevoir le mieux possible le plus de visiteurs possible. Pourtant, à s'y méprendre, la politique de la mairie semble avoir pour vocation de chasser de Bordeaux croisiéristes et paquebots (caisses…).
Le pont de Rouen, tout neuf précurseur et modèle du projet bordelais, né inutile, est mort-né. Il n'a même pas servi à démontrer aux Bordelais le destin réel d'un pont levant.
A Rouen, pour éviter un de ces "ennuis majeurs", annoncés ou craints, les paquebots mouillent en aval du prétendu pont levant. Bien que déclaré pont ouvrant par le Gouvernement, sa passe et son tablier ne servent que de décor. En revanche, sa voie autoroutière en travers de la Seine, seule exploitée (et exploitable"?), canalise un fort trafic au-dessus de sa voie maritime qui reste immobile et vide de paquebots.
Vous avez bien dit, et répété, "inutile"?
Les croisiéristes, à Bordeaux, "on le sait", sont conditionnés pour accoster à la Bourse… et le faire savoir! Le sentiment des armateurs sur les ponts mobiles est connu depuis longtemps: sauve qui peut avant "les em… majeurs!"
R19, 8 .
Le résultat, prévisible, de la mise en service du pont mobile de Rouen ne permet aucune hypocrisie sur les ponts mobiles, de Bordeaux aussi bien. Peut-on croire que Bordeaux fasse exception à la règle?
Alors, pourquoi jeter de l'argent en l'air depuis 85m de haut? "Vanité des vanités…"
Si l'on veut observer en action le principal inconvénient des ponts levants, on peut observer les ponts tournants des bassins à flot, moins compliqués que des ponts levants.
Un canot (figurant un paquebot) demande le passage depuis un des deux ponts tournants aux extrémités de l'écluse.
Il se positionne et attend que le trafic urbain (trams, bus, voitures, camions, cyclistes, piétons…) empruntant les voies terrestres (rues, routes, ponts en particulier) lui laisse le champ libre. Finalement, les ponts qui ferment l'écluse se mettent en position ouverte au trafic maritime.
L'embarcation peut passer… enfin.
Puis les manœuvres inverses ont lieu: les ponts se referment, piétons et véhicules urbains reprennent possession des voies terrestres.
On n'oubliera pas que, pendant tout le processus de passage d'une embarcation, les usagers autres que les "marins" "regardent".
On est surpris du temps nécessaire à toutes ces manœuvres pour de petits canots: imaginer le temps que mettrait une suite de manœuvres pour un paquebot passant un pont levant… si c'était possible. C'est le temps que poireauteraient les automobilistes bordelais, rongeants leurs freins à disque en observant ces manœuvres depuis chacun des deux bouchons aux extrémités des trémies. Les piétons et cyclistes en feraient un spectacle… dont les horaires suivraient ceux de la lune… très lunatiques.
Ce qui amène certains automobilistes à pense "qu'il vaut mieux ne pas gaspiller son argent dans un pont mobile. Et d'aucuns de conseiller un tunnel dans de nombreux pays. Quant au pont d'Aquitaine…, il est en panne!"
Illustrant ces propos, voici un court dialogue digne d'un tunnelier expérimenté:
— Comment les pylônes vont-ils être montés?
— Ils vont être coulés sur place avec des outils coffrants. [...]
— Où seront construits les éléments préfabriqués?
— Dans les formes de radoub de Bassens. Nous préfabriquerons beaucoup d'éléments afin d'éviter des travaux dans le fleuve même. Ces éléments seront acheminés par flottaison.
(Alain Denat, patron de GTM-TPGC,
recueilli par Dominique de Laage, 05/09/09, p. 14)
Bassens même n'aurait qu'une seule forme de radoub (SO, 16/04/07) et les deux des bassins à flot seraient inutilisables. A qui la faute? Quant à la technologie exposée, elle montre qu'au denier moment, Bordeaux aurait pu tout aussi bien commander un tunnel aux mêmes entreprises.
8 , R20. R20.]
03/07/09, O. D., 20m Bx, p. 3 :
Le dossier est bouclé. Le [nouveau] préfet a signé, vendredi dernier, le décret permettant l'inscription de la passerelle Eiffel aux monuments historiques. Elle ne risque donc plus la démolition. Un soulagement pour l'association, qui militait pour sa sauvegarde depuis quatre ans et qui peut maintenant envisager l'avenir avec un projet de passerelle destiné aux déplacements doux ou un autre de lieu culturel. [...] Un diagnostic de la Drac a révélé que la passerelle était en bonne état. [...]
[voir SO: 02/07/09, p. 12; 03/07/09, p. 17]
[Le profane pourrait s'interroger devant les différences de temps et de traitements entre les méthodes appliquées dans chacun des deux cas pour "sauver" les mêmes genres d'ouvrages historiques inappréciables. Certains délais pourraient faire croire que les œuvres à "sauver" sont oubliées par la hiérarchie même.
Le pont du pertuis est un cas modèle. À rebondissements. Les "coupables" (ou les "responsables"?), font la sourde oreille avant que l'irréparable ne tombe du ciel. Puis, en jouant l'amende honorable, s'en sortent les pattes blanches.
Il ne reste plus de pont historique sur le pertuis, mais, sauf erreur, depuis des décennies, il reste à "sauver" deux formes de radoub sur trois : une aux bassins à flot ; l'autre à Bassens : SO, 16/04/07.]
10/07/09, Michèle Delaunay réclame un tunnel, SO, p. 16 :
A la veille du conseil de CUB, qui doit aujourd'hui revenir sur le pont Bacalan-Bastide, Michèle Delaunay a écrit à Vincent Feltesse pour lui demander… "de réexaminer la possibilité d'un tunnel urbain", seule solution capable à ses yeux, "de protéger le transport fluvio-maritime" et de "sauvegarder le patrimoine paysager". "Votre goût de la modernité, votre capacité à envisager l'avenir vous désignent à porter un projet du XXIe siècle pour Bordeaux et pour la CUB," conclut aimablement la députée.
[Encore faudrait-il qu'une notion telle que le "patrimoine" (paysager ou fluvio-maritime) "fasse sens" en politique. Si tel était le cas, les solutions propres à sauvegarder ce qui peut l'être seraient déjà en application. Le pertuis est toujours un cas exemplaire.]
11/07/09, Dominique de Laage, SO, p. 10 :
[...]
Il faudra attendre la prochaine session de juin prochain au Brésil pour savoir comment l'Unesco sanctionnera le pari pris hier par les élus de l'agglomération. Car, au-delà des précautions en cours, leur décision est prise. Le pont levant sera lancé à l'automne et livré en septembre 2012.
8
03/08/09, Denis Lherme, SO, p. 16 :
Le ferry amphidrome 8 destiné à remplacer le bac "Verdon" sur la liaison maritime entre la pointe du Médoc et [...] Royan [...] est pratiquement terminé.
Commandé au chantier naval Piriou, de Concarneau (Finistère), par le Conseil général de la Gironde, en juillet 2007, ce ferry de 78 m de long en est au stade des finitions. [...] livraison début septembre. Après avoir reçu la coque en provenance de Pologne, Piriou a assuré le reste de la construction du navire, nommé "l'Estuaire". [...] capacité de 600 passagers, 146 voitures et 6 camions. [...]
Le service maritime départemental propose deux lignes régulières: Blaye-Lamarque et le Verdon-Royan. [...]
[...] l'investissement s'élève à 25 millions d'€.
06/08/09, Xavier Sota, SO, p. 18 :
[...]
Sans faire montre d'un optimisme béat, Vincent Feltesse est sorti rasséréné de cet échange [avec Francesco Bandarin]. Il est vrai que le rapport du centre du patrimoine mondial produit en juin était extrêmement sévère envers le projet qualifié de: "surdimentionné", "économiquement non viable" et fondé sur "le principe selon lequel il convient de permettre aux grands bateaux de croisière d'entrer dans le port de Bordeaux [...] quand l'expérience montre à Rouen qu'un pont similaire, pour des raisons identiques, n'a jamais été utilisé." L'enjeu de ce feuilleton du bord de Garonne: la préservation du classement au patrimoine de l'humanité du port de la lune.
[...]
Après les explications, place aux bonnes résolutions. "La CUB répondra aux demandes de l'Unesco et enverra en septembre plusieurs rapports avec notamment les décisions prises lors du dernier conseil de communauté". En substance, le rabotage des piles du pont et l'aménagement, en amont du futur édifice, d'un quai pour l'accueil des très gros navires de croisière.
[Bordeaux, Rouen, même combat:
— addition d'un quai pour paquebots, (en remplacement du…)
— pont levant inutilisé mais qui serait insuffisant aujourd'hui,
— économiquement non viable, coûteux, non rentable,
— etc.
Les rapports sur l'avenir de ces ponts se terminent par le mot "inutile", mais ça ne tracasse pas ceux qui les achètent avec notre argent ni, curieusement, ceux qui le sortent de leur poche et ne tire point profit de la criarde expérience de Rouen — pourtant facile à appliquer à Bordeaux.
Cf. extrait de 14/08/09 ci-dessous.]
14/08/09, DR, WWW.LEXPRESS.fr :
A Rouen, le pont levant... qui ne se levait pas!
Le pont Gustave Flaubert est le 6e pont de la ville de Rouen [...].
Un an après sa mise en service, le nouveau pont mobile de Rouen, le plus grand d'Europe, ne s'est toujours pas levé [...]. Les armateurs craignent de voir leurs navires bloqués [...] par une grève ou une panne [...].
Ce pont de 155 millions d'euros a été conçu pour faciliter la circulation [...] tout en permettant le passage des grands navires [...].
Au vu du trafic existant, les services de l'État estimaient qu'il faudrait lever ses tabliers "trente à quarante fois par an". Mais, [...] aucun navire n'a demandé à le franchir [...] et le mécanisme n'a jamais eu à servir.
Premières concernées, les compagnies de croisière ne veulent pas prendre le risque de voir leurs paquebots enfermés dans un cul de sac. "Elles craignent que leurs navires ne soient piégés par une panne technique du système, une grève [...] ou une manifestation sociale" [...], explique Jacques Thyebaut [...].
Son confrère Didier Marquer, chez Sea Invest, partage cet avis en soulignant que les paquebots [...] ne souffrent pas du moindre retard. [...].
[...] "A la différence des navires de marchandises, les paquebots ne peuvent se permettre la moindre écorchure sur la coque", souligne Didier Marquer.
Martin Butruille, directeur commercial du Grand port maritime de Rouen, voit aussi dans ce refus de passer le pont un effet du durcissement des mesures de sécurité depuis les attentats du 11 septembre. "Aujourd'hui les armateurs ne veulent plus s'installer derrière des ouvrages d'art, ponts ou écluses, que ce soit en Europe ou en Amérique", assure-t-il.
Une levée à la mi-août... [*]
Le port avait anticipé le problème en ouvrant en 2007 un terminal croisière en aval du futur pont pour compléter celui situé en amont, proche du centre ville, qui accueillait jusqu'alors une trentaine de paquebots par an. "Nous continuons de proposer des escales en amont, mais cette possibilité n'a pas encore été utilisée", reconnaît Martin Butruille.
Les détracteurs du pont mobile, option plus coûteuse qu'un pont fixe ou un tunnel, soulignent que l'ouvrage se lèvera surtout pour laisser le passage aux grands voiliers de l'Armada, événement qui se produit "seulement tous les cinq ans". En revanche, ses défenseurs voient dans cet ouvrage élégant "un monument emblématique" au même titre que la célèbre cathédrale de la ville.
Tous pourront toutefois voir le pont se lever [*] à la mi-août à 55 mètres [...], dans le cadre d'un arrêt technique destiné à s'assurer du bon fonctionnement de son complexe mécanisme [...].
Voir suite ci-dessous 15/08/09
[Qui va croire qu'à cause du 11 septembre les navires de croisière ne mouillent pas dans les nasses des ponts levants? Les armateurs avaient donné leur avis avant le 11 septembre et ils semblent bien ne pas en changer... dans un pays où, toujours bien avant cette date, le "France" fut arraisonné dans la Manche quelques semaines pour des "questions sociales".
Rien n'a jamais laissé supposer que les ponts levants avaient un avenir en soi
R19. Et on verra bien, tous les 5 ans, si l'Armada tient toujours à se laisser enfermer.
La largeur utile du passage offert par le pont Bacalan-Bastide, est insuffisante pour les bateaux "conséquents", les seuls intéressants pour rentabiliser "le quai d'honneur", section du port de la lune recherchée par les touristes R8 et pourtant "oubliée".
Pourquoi compenser le court-circuitage des ponts levants de Rouen et de Bordeaux par des "avant-ports" éloignés du centre-ville, alors que l'accostage de ces navires se résout simplement en ne faisant pas de pont… mais un tunnel?
Cet accostage des paquebots hors du port est l'aveu qu'on "savait" que "le pont ne marche(rait) pas". C'est jeter une fortune à l'eau, sachant qu'elle est "INUTILE". Curieux d'en être réduit à chercher un ersatz d'utilité dans une discutable esthétique moderniste qui en gâche une classique.
"Ça n'est pas plus beau parce que c'est inutile!"] 8
Suite ci-dessous 15/08/09
15/08/09, SO, p. 17
Le pont Gustave-Flaubert de Rouen est bien connu sur les rives de la Garonne. Pour cause: il est le grand frère du futur pont Bacalan-Bastide, conçu comme lui pour laisser passer les paquebots remontant la Seine, grâce à un tablier levant.
Sauf que, s'il doit s'ouvrir aujourd'hui, c'est seulement pour des vérifications techniques sur son complexe système de câbles et de crémaillères.
Sinon, un an après sa mise en service, l'ouvrage rouennais ne s'est jamais levé devant un navire, aucun armateur ne l'ayant demandé! Les compagnies de croisière, craignant d'être bloquées par une grève ou un problème technique, préfèrent un terminal en aval.
Et à Bordeaux?
[Ces deux extraits, du 14 & 15/08, ci-dessus, ne font que rappeler un sujet depuis longtemps évident.
R19.
Le temps presse. Des anguilles restent encore sous roche.
Cf. 07/07/07; par exemple 8 .
Résumé du résumé:
ROUEN démontre l'utilité des ponts et l'inutilité des ponts levants.
La mairie de Bordeaux ressuscite son pont rasant des Quinconces en bois, matériau tendance. Mais ne suit pas, pour son pont levant, le conseil des rouennais de "ne pas faire comme eux": des orfèvres!
L'indiscrète superstructure des ponts levants semblent pour certains plus valorisante que l'efficace discrétion d'un tunnel.
Mesures de la démesure du pont Bacalan-Bastide:
Livraison: 2012. Coût: 150 à 200M€ (fluctuation prévisible comme à Rouen). 2 voies de Transports en commun en "site propre" (TCSP) de 8m au centre. 2X2 voies routières de 12m. Piétons. 2 roues à 2 sens de 4m. Passe navigable de 106m. Pylônes de 86m réduits à 77m. Largeur 2X pont d'Aquitaine. Longueur entre rives 425m.]
Voir 17/01/09, ci-dessus
8
29/08/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 15 :
"Encore!" peuvent penser certains. Le pont d'Aquitaine n'arrête pas d'être en travaux. Rien d'anormal toutefois. Un pont suspendu souffre énormément, encore plus lorsqu'il doit accueillir chaque jour 100000 véhicules.
Ainsi, au début des années 2000, tous les câbles de l'ouvrage ont été changés et, ces derniers mois, les nouveaux colliers ont dû être resserrés, vérification incontournable après le renouvellement d'une suspension.
Le chantier annoncé aujourd'hui va dans le droit fil de ce qui a été fait jusque là. Les câbles ont été changés, mais les pylônes de béton n'ont pas été restauré, car cela ne s'avérait pas nécessaire à l'époque. Aujourd'hui, ça l'est. Les pylônes vont donc être rénovés. Pour être plus précis, leur enveloppe de béton va être revue et traitée dans sa totalité, plus particulièrement dans les parties hautes, les plus exposées et les plus fragiles
[...]
L'ouvrage va donc être fermé six week-ends et dix-huit nuits. [...]
La direction interdépartementale des routes atlantiques profitera de ces fermetures pour réaliser des travaux d'entretien complémentaires [...].
[L'argument de certains contre un tunnel est sa cherté d'achat et d'entretien. Croient-ils que les ponts suspendus et levants sont gratuits?
Philippe Madrelle, un peu tard lui aussi, remarque: "Quand je vois les kilomètres de tunnel à Marseille et Toulon
R20, je ne comprends pas qu'il y ait tant de résistance ici."
SO, 04/09/09, p. 13]
03/09/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 11 :
Plus de navires de croisière au cœur historique de Bordeaux? La question a de quoi troubler au moment où la CUB s'apprête à investir plus de 150 millions d'euros pour construire le pont levant Bacalan-Bastille. Un ouvrage mobile surdimentionné et coûteux, conçu pour préserver l'éventuel avenir maritime du port de la lune et faire passer les bateaux de croisière qui y accèdent actuellement.
Or, les professionnels [de la croisière] ne tiennent pas à ce pont levant. On le savait déjà. L'exemple de Rouen le confirme. En un an d'existence, le pont levant de Rouen ne s'est pas levé une fois pour un bateau de croisière. Il a seulement été utilisé pour l'Armada en 20008 et, en août dernier, pour… maintenance.
[...]
Les malheurs de Rouen, François de la Giroday aurait pu en parler à la CUB… s'il avait été invité à le faire. Cela n'a pas été le cas, comme pour aucun autre spécialiste des croisières. Vincent Feltesse, le président de la CUB, affirme le contraire, mais François de la Giroday est formel: "Seul le service de pilotage a été invité à donner son avis; les compagnies maritimes et les professionnels directement concernés n'ont pas été contactés".
[...]
"Bassens, c'est un pis-aller", dit-il. "Pourquoi y prévoir des aménagements? Les quais existent et les bateaux y accostent déjà. Y faire des travaux serait jeter de l'argent par la fenêtre. Faire croire qu'une escale à Bassens a les mêmes retombées économiques qu'au port de la lune, c'est tromper les gens R6. J'ai analysé le phénomène lors de la venue du "Crystal Symphony" (1000 places) en juin. Dans la journée, les croisiéristes ont massivement participé aux excursions proposées, mais le soir, aucun n'est descendu du bateau pour aller en ville, ce qu'ils font systématiquement lorsque le navire est à quai à Bordeaux. Ils vont au restaurant, font des achats, bref dépensent leur argent. Là, rien!"
[...] beaucoup de questions demeurent sans réponses. Le navires vont-il pouvoir franchir Bacalan-Bastide dès cette fin d'année, lorsque le chantier aura débuté? [...]
En raison de ces travaux, l'escale Bordeaux peut-elle enfin être proposée au prochain salon de la croisière ? [...]
["On le savait déjà", mais les élus ne l'ont pas hurlé sur les toits de la CUB. Certains, muets, doivent se rappeler:
"Il suffit de voter le pont et c'est tout de suite gagné..."]
04/09/09, Xavier Sota, SO, p. 14-15 :
Un sondage révèle que 74% des habitants de l'agglo sont favorables au pont.
[Le public ne peut tout savoir. Lui demander son avis, c'est supposer que sa réponse sera fondée, clairvoyante. En l'absence de ces qualités chez le citoyen, l'élu se doit de l'instruire. Cela ne signifie pas, lorsque le premier découvre la réalité, que le second se contente de faire croire que "le pont de Bordeaux est différent de celui de Rouen." Le principe de précaution commande qu'on n'attende pas un an après la "dernière pierre" pour pleurer nos sous comme à Rouen.
Dans ces conditions, ledit "sondage" bordelais en question est frappé d'inutilité (leitmotive dans la conception de ce pont…), prouvée logiquement par l'illogisme de son résultat.
Le sondage, posé à l'envers, doit être lu à l'envers: 74% est le % de personnes révélant leur ignorance de la situation et donc leur inaptitude à voter. Aussi, nombre de "votants" pouvaient avoir confondu "franchissement" (ou "pont") avec "pont levant", concept mal compris, mais présenté comme miraculeux, d'où la confusion arithmétique comptée pour acte politique.
On "sait" et comprend que ce sondage n'a aucun sens, car portant sur des domaines nouveaux et mal connus des votants lambda: culture locale et technicité maritime — disciplines éloignées aussi du domaine de la politique.
Pourtant, il appert que la CUB est considérée apte à "enseigner" ses électeurs si besoin:
Nous serons amenés, avec la Communauté urbaine, à un travail d'explication et d'animation continu. (Alain Denat, patron de GTM-TPGC, SO, 05/09/09, p. 14)
Sera-t-il question du cas Rouen dans ces "explications? Non, en toute honnêteté, non, car ce serait trop tard pour l'aborder, c'est-à-dire reconnaître qu'on a manqué de franchise.
Exemple de questionnaire "pédagogique" qu'on aurait pu présenter pour le sondage raté:
SOULIGNEZ VOTRE RÉPONSE, SVP:
1
) — Nombre de bateaux de croisière passant le pont levant de Rouen par an:
=> zéro/vingt/trente?
2) — Quel résultat souhaitez-vous à Bordeaux:
=> Les mêmes/meilleurs?]
A propos du surcoût que représente un pont levant par rapport à un ouvrage standard, le patron de la CUB tranche: "40 millions d'euros pour préserver la vocation maritime de Bordeaux, ce n'est pas choquant".
[Il se trouve que cette somme ne préservera pas, mais ruinera le port de la lune maritime. "Faut pas rêver". Voir 03/09/09, ci-dessus
é .]
[... le pont] ne s'est levé que deux fois dans son histoire: pour l' "Armada" et, en 2008, pour des raisons techniques, les armateurs refusant de prendre le moindre risque en passant sous l'ouvrage. A Bordeaux, les opposants au pont Bacalan-Bastide estiment qu'il entraînerait 75% de baisse du trafic maritime.
[On verra bien si ladite "Armada" persiste et signe… tous les 5 ans, fréquentation non rentable pour un pont levant. "L'Armada" fait penser à "La Cutty Sark", et à la fête mondiale des voiliers de 1999, dont les marins jurèrent qu'on ne les reverraient plus à Bordeaux, tant ils se trouvèrent mal reçus. D'autres rassemblements mondiaux de voiliers se tiennent, mais, en fin de compte, partout ailleurs qu'à Bordeaux; à La Rochelle, par exemple.
8 , 8 , 8
Pour ne pas laisser les araignées envahir "leur" pont levant, la CUB, et la mairie auront intérêt à copier les bonnes manières de la mer afin de recevoir tous les voiliers disponibles…
Quant aux 75% de pertes de trafic de croisière craintes à Bordeaux, elles s'expliquent parce que, comme François de la Giroday semble être un des rares à l'avouer haut et fort, les croisiéristes ne viennent que pour accoster à la Bourse puis, d'un bond stimulant, débarquer dans le quartier derrière la Bourse, d'où ils peuvent encore apercevoir "leur" bateau.
A Rouen, rien de ce folklore et le trajet centre-ville – paquebot reste toujours aussi longuet.
A Rouen, les cure-dents paraissent pratiquement aussi hauts que ceux de la maquette Bacalan-Bastide. Par un effet d'optique, l'ouvrage en béton de Bordeaux paraît plus impressionnant et ses cure-dents, plus hauts, même raccourcis éventuellement.
D'origine, la longueur des cure-dents bordelais offre un tirant d'air impossible aux "grands" paquebots. Et, une fois "rabotés", leur tirant d'air risque d'être trop court. Le remède: n'accepter que les barques de pêche. Les "professionnels" boudeurs ont trouvé leur solution, qui diminue radicalement les "ennuis majeurs"
R19.]
05/09/09, Paul Mouchel, Paris-Normandie :
[...]
Pour faire passer leur autoroute, les décideurs rouennais ont aussi hésité entre le pont levant et un tunnel. Pour le résultat que l'on connaît : un pont qui ne se lève jamais ou une fois par an, pour vérifier qu'il fonctionne. Et finalement, les politiques haut-normands vont certainement opter pour la construction d'un tunnel, afin d'y faire passer le train, concrétisation de la nouvelle ligne à grande vitesse Paris – Le Havre. Pas de jaloux donc. Si tout va bien, en quelques dizaines d'années, le contribuable se sera offert un pont et un tunnel au même endroit. Si "diriger, c'est 'prévoir", pourquoi ne pas avoir prévu de faire passer train, voitures et vélos sur un seul ouvrage ?
[Devant le cas de Rouen, pur et dur, droit dans ses cure-dents, appliquer le principe de précaution n'intéresse que peu la mairie — surtout que cela consisterait à étudier la solution tunnel en l'occurrence —, justement en train d'être étudiée par les Rouennais après le fiasco de leur propre pont.]
07/09/09, Stella Dubourg, DirectBx7, p. 03 :
[...] Vincent Feltesse et Alain Juppé ont par ailleurs justifié une nouvelle fois le choix d'un pont levant dont la travée centrale pourra s'élever à 55m afin de permettre le passage de grands voiliers et de paquebots de croisière. "Le surcoût de 40M€ (sur un coût global estimé à environ 145M€ TTC) va permettre pendant un siècle ou deux, de ne pas obérer la vocation maritime de Bordeaux", a indiqué Vincent Feltesse. Un choix néanmoins très contesté par un front associatif qui a déposé jeudi dernier une requête en référé devant la cour administrative d'appel. [...] Enfin, les élus avaient leur mot à dire sur la volonté de la CUB d'assurer la maîtrise d'ouvrage des études d'un plan de gestion
et d'accueil des grands navires ainsi que de la faisabilité d'implantation d'une zone d'accostage des très grands navires en aval du pont levant. [...]
["La vocation maritime de Bordeaux" est déjà obérée, comme le montre une comparaison avec son passé récent d'avant les caisses à savon. Faire mouiller les paquebots dans des sous-ports haïs des croisiéristes, hors du port historique abandonné, ne risque qu'accélérer la mort programmée de ce qui était le port de Bordeaux pour les Bordelais et leurs amis les croisiéristes.
La seule façon de ne pas "l'obérer" était de le connaître, de le respecter, de l'aimer, ce qui suppose une culture. Est-il encore temps de le restaurer afin qu'il franchisse les siècles dans son identité recouvrée?…
Quant à "la faisabilité" d'un nouveau port pour remplacer "le vrai", avoir conservé le vrai port de la lune aurait dispensé de cette question. On n'est jamais mieux inspiré que par soi-même pour la traiter.
08/09/09, Isabelle Castera, SO, p. 19 :
[...]
"Depuis le début le début, on désapprouve de projet, rouspète Michel Joigneau [président de "Hissez-haut"]. Ce pont va fermer définitivement la rade de Bordeaux-centre. Les armateurs ne viendront pas piéger leurs bateaux, craignant que le pont ne fonctionne pas. Une panne, un mouvement social. C'est fragile." Les adhérents de "Hissez-haut" parlent d'une fenêtre maritime qui se ferme.
Éric, marin dans la marine marchante [:"Depuis un an qu'il [Rouen] fonctionne, il ne s'est pas levé une fois. Les armateurs n'y vont plus. Ce pont sera une entrave à la circulation fluviale. Pour sortir des bassins à flot aujourd'hui, on a déjà du mal à couper la circulation des trams. Veolia rechigne. Alors, imaginez: couper la circulation d'une autoroute à l'heure de pointe? Bordeaux était en passe de devenir une tête de ligne de croisière C'est fini!"
Autre Bacalanais boudeur, Pierre Couteau. Depuis le début, il a défendu un projet de tunnel. "D'abord, ça coûte moins cher à l'entretien qu'un pont. Regardez le pont d'Aquitaine, toujours en travaux. Et puis, comment va s'organiser la circulation aux carrefour de la rue Lucien-Faure et les quais, lorsque les tramways se croisent toutes les deux minutes? Pour moi, ce pont signe la fin de 2000 ans d'histoire portuaire à Bordeaux. [...]"
[...] 8
[Le pont n'est pas seul à tomber en panne. Au Havre, le France n'appareillait pas régulièrement, car des syndicalistes faisaient grève; pour des gros sous, par exemple. Les passagers étaient rembourés. On n'oublie pas les problèmes de la ligne Marseille-Corse et de tant d'autres. Ces moyens de pression étaient considérés comme "plus efficaces" que les banderoles (sans juger les mobiles).
Telle qu'elle était "ouverte" naturellement, elle ne demandait pas à se fermer, la "fenêtre". Alors?
Le temps pressait: Bordeaux allait devenir "tête de ligne maritime", avec nombre d'escales et autres retombées classiques en pareil cas: trop de "caisses à savon"!
Michel prend les faits qui le désolent pour des maladresse de gestion. Que nenni!]
09/09/09, SO, p. 19 :
La passerelle, Evento et Alain Juppé
Alain Juppé est venu constater l'avancée des travaux de la passerelle Kawamata hier midi. Etrangement, le maire et l'artiste japonais n'ont guère échangé au lendemain de cette nuit marquant l'avancée des travaux.
—La passerelle sera-t-elle éphémère?
On va chercher des solutions pour la garder et pour cela, il faudra réfléchir aux différents usages qu'on pourrait en faire. Le débat est ouvert pour sa réservation.
—Nombre de Bordelais pensent que la passerelle liera les deux rives de la Garonne, est-ce envisageable?
On ne franchira pas la Garonne. C'était mon grand rêve d'atteindre la rive droite, mais cela aurait coûté trop cher. De plus, avec un tel ouvrage, Bordeaux ne pourrait plus accueillir les grands bateaux, ce qui annihilerait, à terme, le port de la lune. Le port faisant partie de l'identité de la ville, cette dernière ne peut s'en passer.
[Le terme de passerelle
{R} nous ramène des années en arrière au temps du projet de la "passerelle des Quinconces". Quand le maire le retira du répertoire, il reconnu l'erreur sur ce sujet et annonça qu'on n'en parlerait plus, la patate à la morue.
On ne peut assurer que la passerelle Evento sera éphémère, quand "le débat est ouvert pour sa préservation" et quand le projet de la première n'en finissait pas d'être mentionné, élégie aux nymphes des Girondins.
R9
Qui va croire qu'on plante un tel machin à cet endroit sans arrière pensée, alors que rien n'empêche le piéton d'aller des Quinconces au quai? Contradictoirement: "on ne franchira pas la Garonne". "Bordeaux ne pourrait plus accueillir les grands bateaux". La question des "grands bateaux" se pose en effet. Alors, à quoi sert-elle, cette passerelle, dans ce temps à économies, sinon à remettre "la passerelle des Quinconces" sur le tapis? L'identité du port étant peu connue des gens et changeant sans cesse, ils ne seront pas choqués de voir un jour une passerelle, de bois ou autre, enjambant froidement, tel un deuxième pont de pierre, une Garonne sans défense. Il suffit d'attendre, CQFD.]
11/09/09, in Blog participatif des habitants de la CUB,
<stephane.pusateri@wanadoo.fr>.
Association des Riverains et Résidents de Bordeaux et Stéphane PUSATÉRI :
Les politiques bordelais face au patrimoine et à l’économie. Une erreur historique.
Ainsi ce 4 septembre sera certainement marqué d’une pierre noire pour Bordeaux, la Gironde et l’Aquitaine avec le lancement de la construction du Pont Bacalan-Bastide.
La question d’un franchissement supplémentaire ne se pose pas. Il en faut un. La question est de savoir si le franchissement retenu est cohérent dans son dimensionnement, dans son environnement, pour le passage des navires.
Certains, dont nous sommes (1), sont partisans d’un tunnel qui a l’avantage de ne pas se remarquer dans le paysage et de permettre le passage aisé des navires.
D’autres considèrent qu’il faut construire un ouvrage surdimensionné pour faire face au développement automobile et un geste architectural, si possible "fort".
Enfin l’Unesco nous dit que le passage des bateaux ne doit plus être envisagé au droit de la Place de la Bourse et que le projet doit être remanié.
"Un an après sa mise en service, le nouveau pont mobile de Rouen, le plus grand d’Europe, ne s’est toujours pas levé pour laisser passer des paquebots vers la cité normande. Ce pont, qui a tout de même coûté la bagatelle de 155 millions d’euros, devait, selon les services de l’Etat, lever ses tabliers "trente à quarante fois par an". Problème : aucun navire n’a demandé à le franchir depuis sa mise en service en septembre 2008, et le mécanisme n’a jamais eu à servir… Les compagnies de croisière "craignent que leurs navires ne soient piégés par une panne technique du système, une grève du personnel du pont ou une manifestation sociale", selon Jacques Thyebaut, le directeur des croisières chez l’agent maritime Humann et Taconet. Armateurs, capitaines et pilotes seraient également "très réticents à l’idée de faire passer leurs navires de luxe entre deux piles distantes d’à peine 120 mètres." (Libération du 15/08/09)
La CUB et la ville de Bordeaux, qui portent une lourde responsabilité sur ce dossier, (La CUB ne s’opposera pas à la décision du maire de Bordeaux) n’entendent pas se donner un délai de réflexion complémentaire qui leur permettrait de tirer les enseignements du pont levant de Rouen.
Est-il utile ou non de construire un pont qui coûtera plus de 150 Millions d’euros (sans compter les dépassements et les aménagements à chaque extrémité) et qui ne servira jamais à faire passer des navires, selon les professionnels du secteur maritime?
Outre le fait que les bateaux de croisière ne viendront plus, la ville est, comme à Dresde, sous la menace du retrait du label Unesco. Pourquoi en serait-il autrement?
Nos élus, qu’ils soient de droite ou de gauche, manquent sérieusement d’intelligence et de connaissances économiques.
Le tourisme représente en France 6,8% du PNB, soit 120 milliards d’euros, premier poste avant l’automobile et l’agroalimentaire et 2 millions d’emplois. Les dépenses des visiteurs étrangers représentent 39,6 milliards d’euros et celles des français à l’étranger 26,8 milliards, soit un très large excédent. Dans les campagnes 30% des revenus des agriculteurs proviennent du tourisme (chambres d’hôtes, repas…).
La France est la première destination touristique du monde avec 86 millions de visiteurs, dont 86,6% proviennent d’Europe, 7,1% des USA, qui permettent d’obtenir 498 millions de nuitées.
La part de l’emploi touristique en Aquitaine ne représente que 4,4% de l’emploi total contre 29,3% à Paris, 12,2% en Rhône Alpes, 11% en Paca.
L’observatoire Mondial du tourisme prévoit pour 2020 1,6 milliards de tourisme, soit le double des chiffres de 2006.
L’Europe devrait recevoir plus de 700 millions de touristes.
Ces chiffres démontrent l’importance économique du tourisme.
Face à la disparition d’un grand nombre d’emplois dans le secteur industriel dans la communauté urbaine, les communes, agglomérations, départements et régions ont bien du mal à créer rapidement de nouveaux emplois. En Italie, en Espagne, en Grèce notamment les gouvernements ont compris l’utilité d’une forte politique touristique, avec de gros moyens de communication et une forte politique de conservation du patrimoine. En France, le tourisme "ce n’est pas noble". La part du budget du tourisme diminue, les dépenses liées à la réhabilitation des monuments historiques et du patrimoine chutent. Les budgets de communications touristiques ne sont pas regroupés. Il n’y a pas de synergie.
Personne n’a conscience de la chance extraordinaire qu’a la France de posséder un aussi riche patrimoine architectural ou environnemental (littoral, montagne, campagne…) et des emplois que celui-ci génère.
L’exemple du Pont Bacalan-Bastide est là pour nous démontrer encore que nos élus, même s’ils ont été élus, et bien élus, s’ils sont sortis de grandes écoles (et on ne les nommera pas), n’ont pas le sens des réalités, de l’économie, de l’emploi et des recettes fiscales, et des recettes très simples pour créer de l’emploi et des recettes.
Faire à tout prix le franchissement Bacalan-Bastide dans sa configuration actuelle relève de l’ineptie, mais ce n’est pas la première fois que l’on commet des erreurs aussi grossières. Et que l’on nous accuse pas de poujadisme ou de vouloir faire de Bordeaux une ville musée. Bien au contraire nous voulons une ville dynamique, un patrimoine sauvegardé, des emplois, une politique culturelle, un grand musée qui attire des centaines de milliers de visiteurs.
Alors ne conviendrait-il pas de réfléchir un peu?
(1) A défaut de tunnel et de pont levant faisons un pont traditionnel moins coûteux (100 millions au lieu de 150). Les navires ne passeront plus, et c’est dommage, mais l’environnement sera protégé. Ce serait un moindre mal.
23/09/09, SO, p. 13 :
Indiscrétion difficile à vérifier, mais ça se dit: des Bordelais se cotisent pour envoyer une gerbe de fleurs à la ville de Rouen pour marquer, vendredi, le premier anniversaire du pont levant qui… ne se lève pas, car aucun armateur n'ose s'y aventurer.
[…Ce qui était prévisible et prévu.
Pourtant, si l'on demande à la CUB pourquoi elle ignore cet exemple évident de Rouen, au risque de "commettre la même erreur", contre laquelle les Rouennais mettent en garde depuis un an les Bordelais, la CUB rétorque: "à Bordeaux, ce n'est pas la même chose!"
Comme dirait Maurice.
Mais entre Bordeaux et Rouen, n'existerait-il qu'un point commun, il existe bel et bien celui qui a déjà conditionné pour le pire le port rouennais et qui se prépare à conditionner de même le port de Bordeaux.
On ne peut plus faire semblant d'ignorer que tout port de croisière qui fonctionne comme une nasse refermée par des humains actionnant une machine levante souffre de ce point commun qui est le libre arbitre d'armateurs de croisière qui tiennent à la sécurité des fortunes qu'ils lancent sur les mers.
Cela signifie, comme le suggéraient tous les professionnels interrogés à temps que, pour mettre les armateurs — et leurs bateaux — à l'abri, il faut, comme à Marseille, se payer un tunnel.
Ou rien.
La question grave du pont ou du tunnel se divise en deux niveaux.
Le premier, qui semble tout accaparer malheureusement, est l'aspect procédurier; le second, l'aspect utilitaire et artistique, disons. On le voit, peut importe à certains que cette horreur de pont ne lève jamais pour un paquebot et qu'on le sache avant la première pierre. Le but semble-t-il est plutôt d'écrire des tas de papiers que l'intérêt de Bordeaux.
Pourtant, des sujets concrets existent à examiner: la sécurité (donnant confiance aux visiteurs), par exemple :
{P} ]
01/10/09, BxMag, N°368, oct., p. 11 :
[...] le Conseil municipal de Bordeaux a remis à la CUB un avis favorable [...concernant] une zone de mouillage des très grands navires en aval du pont, l'amélioration de l'impact visuel des pylônes du pont, ou encore une hauteur diminuée à 77m.
[On prend grand soin de ne pas expliciter le sens des phrases, camouflé derrière le style administratif, de sorte que le citoyen reste dans l'ignorance de ce qui l'attend. En l'occurrence, ce paragraphe modeste représente "l'erreur portuaire mondiale du siècle", la mort de la rade de la Garonne par strangulation après 2000 ans de prestige. Ignorance ou combine ? Peu importe.]
R9
02/10/09, Albert Rèche, SO, p. 18 :
[...]
Depuis mon enfance, j'ai toujours entendu parler d'un deuxième pont. A quoi tient l'impossibilité d'enjamber la Garonne? Je l'ignore. Sa construction était déjà au programme d'Adrien Marquet. Et tous les maires ont eu ce projet. Le pont levant? S'il empêche les paquebots de venir en centre-ville, ce serait une grosse erreur, tant sur le plan économique que pour la permanence du port. La pertinence d'un tunnel m'interroge encore. Pourquoi dénaturer un tel paysage?
[...]
8
12/10/09, SO, p. 19, : pont levant : une phrase pour fermer le banc
Il a suffi d'une phrase au juge des référés de la cour administrative d'appel, Francis Zapata, pour rejeter vendredi dernier la requête formulée en une centaine de feuillets par le front associatif opposé au pont levant Bacalan-Bastide : "considérant qu'en l'état du dossier, aucun des moyens n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération du 21 septembre 2007, la requête est rejetée."
[Une phrase résumant des kilogrammes de papier. Sans complexe.]
17/10/09, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 14 :
[...]
Certes, la surprise est moins grande que lorsque "la Gironde", le premier transbordeur, acquis pour remplacer les petits bacs d'autrefois, a fait son entrée dans le port. Le nouveau bateau, l'Estuaire", n'en est pas moins impressionnant :
78m de long, 18,50 de large, et, sous ses couleurs blanc et bleu, il avait vraiment belle allure.
Une fabrication française du moins presque. Le navire est si large que la Sté Piriou n'a pu réaliser la coque dans ses propres chantiers. Elle a été réalisée à Gdansk, sur les bords de la Baltique. Elle a été ensuite tractée jusqu'à Concarneau, où elle a été habillée et aménagée de fond en comble.
[...]
Le service maritime (dépendant du Conseil général de la Gironde) propose 6 allers-retours par jour l'hiver et 21 l'été. [...]
19/10/09, Jean-Denis Renard, SO, p. 9 :
[...]
"Dans le 4e rapport du Giec (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), publié en 2007, on évalue la montée du niveaux des océans entre 20 et 60cm d'ici à la fin du siècle. [...] on n'a pas tenu compte de l'accélération de la vitesse des glaciers du centre du Groenland, ni de la perte de volume de glace dans l'Antarctique de l'Ouest.
Certains parient plutôt sur une hausse de 1m, voire plus, d'ici à 2100. Et sur plusieurs mètres supplémentaires dans un avenir plus lointain. Il faut accorder du crédit à ces craintes sur le long terme. Il y a 120000 ans, la mer était plus haute de 4 à 6m du fait d'une calotte glacière moins volumineuse sur le Groenland.
Ce débat mis à part, l'Océan va de toute façon monter, en raison de sa dilatation dans un monde plus chaud. Ce phénomène est en route. Il va se poursuivre longtemps."
montée des eaux
è
20/10/09, SO, p. 15 :
R9
[...] Quant à la passerelle du plasticien japonais Kawamata, sans doute l'œuvre la plus emblématique de l'événement, elle restera "le plus longtemps possible" face à la place des Quinconces, dixit Alain Juppé. "Au moins jusqu'à la Fête du vin. Et au-delà si les conditions de conservation et de sécurité sont assurées."
[Qui parierait qu'elles ne le seront jamais !!!
Au contraire, tout sera "sécurisé" jusqu'à ce que le bon peuple oublie certaines choses, ou dépasse le temps de les apprendre.
En ces temps-là, les Bordelais auront déjà vécu leur premier incendie de Rome. Celui où l'on vit la CUB sortir de son palais, à pied, inaugurer un chef-d'œuvre sans bateaux de "Mr Pont Bacalan-Bastide": "un pont levant qui ne se lève pas". Mais, au fond, le but n'est-il pas de remodeler Bordeaux?
Le deuxième incendie sera à étapes ignifugées. La 1ere, c'est evento, un essai de disparition de mémoire. La 2e, sera la pérennité de dito. La 3e, un 2e evento à la Bastide pour, enfin, bloquer la rade sans en avoir l'air. La 4e, jonction de evento 1 & 3.
Et le fantôme de la passerelle des Quinconces, finalement, renaîtra dans l'inconscient. Freud n'en demanderait pas tant.]
21/10/09, Jean-Paul Vigneaud, SOéco, p. 2-4 :
Gilles Vanbremeersch, 57 ans, un sourire grand comme ça, une poignée de main sincère, le contact facile: c'est "Monsieur pont Bacalan-Bastide."
Ingénieur au groupe Vinci, il travaille depuis 18 mois pour la préparation du chantier et, durant les 3 ans à venir, il sera chargé de diriger les équipes mobilisées sur le terrain, jusqu'à 200 personnes durant les périodes les plus intenses, à compter de la fin 2010.
[...]
[...] "Je connais bien la Gironde", dit-il en souriant. Il n'y a pourtant pas encore élu domicile: "Depuis 18 mois, je vis à l'hôtel, mais je vais chercher un logement. Sur la rive droite, probablement. Vous allez voir, je vais devenir un vrai Bordelais!"
[...] "Je suis vraiment heureux d'appartenir à l'équipe qui va participer à la construction de cet ouvrage. C'est très gratifiant. Réaliser un pont levant, ce n'est pas fréquent et construire un pont est toujours un challenge. Ce n'est jamais la même chose. C'est toujours un ouvrage différent, un prototype."
[...]
[Ce fut l'occasion ratée, celle de rappeler que, chez l'Homme, Technique ne doit faire qu'un avec Esprit, Culture, Histoire, Honnêteté...
On note incidemment que "Mr Pont Bacalan-Bastide" se vante de travailler depuis 18 mois sur un chantier pas encore autorisé…
Le but semble non de perpétuer un message historique ignoré, mais juste de construire des ponts qui peuvent se révéler dormants et inutiles pendant des décennies. Les ingénieurs ont l'excuse de ne pas être inspirés au contact de certains élus se suffisant de quelques estacades et caisses à savon flottantes.]
07/12/09a, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 10 :
Pour les usagers de la route, l'image emblématique de Bordeaux, c'est le pont d'Aquitaine. Pour beaucoup, dans trois ans, se sera probablement aussi le pont levant Bacalan-Bastide. [...]
La pose de la première pierre de cet ouvrage [si l'on peut dire] aura lieu à 19h — avec feux laser pour inscrire de nuit dans le paysage la future réalisation —, mais la construction de l'ouvrage a déjà débuté [voir ci-dessus]. 90 ouvriers de l'entreprise GMT [Grands Travaux de Marseille?] (groupe Vinci) sont déjà à pied d'œuvre pour couler les premiers éléments en béton au port de Bassens [...].
[...]
On a bien cru un moment, aussi, que le label Unesco allait couler le projet ou… le faire passer sous terre, comme certains le souhaitaient. Le Comité du patrimoine mondial menaçait tout bonnement la ville de Bordeaux de lui retirer le label si un pont aussi grand se faisait dans le port de la lune, cœur du périmètre classé. La Communauté urbaine de Bordeaux a refusé de faire marche arrière, et elle a eut raison au demeurant.
Une simple révision du projet (les pylônes ont perdu quelques mètres de hauteur…) a suffi pour satisfaire les responsables de l'Unesco. [...]
[...] Leurs estimations [des experts] [...] font état de 3000 véhicules/heure (aux heures de pointe) dès l'ouverture de l'ouvrage, trafic exclusivement urbain, selon eux.
Projection sur l'avenir que les opposants ne partagent pas du tout. Ils pensent, pour leur part, que l'ouvrage sera beaucoup plus autoroutier qu'urbain et qu'il pourrait très vite accueillir 50000 véhicules/jour.
[...]
[L'histoire de ce pont est-elle contée pour rappeler qu'il en faut plus pour que l'Unesco "coule le projet"?… Le "cœur du périmètre classé" ne l'empêche pas de dormir. L'oubli du pont du pertuis est une sorte de permis d'oublier…
Et quelques millimètres de pylône horrible embellit tout. Et ce n'est pas une farce.
On n'a pas oublié que le pont Bacalan-Bastide a commencé sa carrière politique comme délesteur de ponts d'Aquitaine et fournisseur "d'ennuis majeurs
R19.]
07/12/09b, Jean-Paul Vigneaud, SO, supplément pub, extraits :
p. 3—
A chaque extrémité du pont, des raccordements par carrefour à feux sont prévus pour insérer la circulation sur l'ouvrage.
Actionné depuis le poste de commande situé rive droite, le mécanisme est mis en marche par des moteurs et des treuils placés dans les embases du pont.
Objectif: éviter que le vent ne provoque un effet de résonance et ne conduise à l'endommagement de l'ouvrage.
Des études sur modèle physique hydraulique ont été réalisées afin d'éviter que les courants de la Garonne ne perturbent localement les appuis du pont en creusant des fosses autour de ceux-ci. Un tapis de rochers va donc être installé autour des embases et des piles intermédiaires.
(Michel Kerjean, directeur de projet pour la CUB :)
Dans le cas du marché conception-réalisation, les deux parties sont liées par un coût annoncé dès le départ.
Cet ouvrage va être très visité par des techniciens et des ingénieurs de l'Europe entière, car il s'agit d'un ouvrage hors du commun, un peu comme le viaduc de Millau ou le pont levant de Rouen.
p. 5—
Un système de levage à quatre pylônes de 77m de haut au-dessus du niveau des plus hautes eaux du fleuve.
En position haute, le pont se lèvera jusqu'à 53m au-dessus du niveau des plus hautes eaux de la Garonne.
Le poste de commande permettra aux services exploitant de piloter et de suivre les manœuvres de levage au passage des navires.
[Ce qui ne devrait pas les surmener.
Justement, tout comme l'on ne mentionne pas la montée des eaux
è , on escamote la réputation du pont de Rouen. Il est vrai que la CUB prétend qu'il n'a rien à voir avec le sien… è ]
p. 8—
Pour laisser passer un navire de grand gabarit, il faut compter environ 1h30. Une demi-heure avant et après pour sécuriser et évacuer le tablier de tous les usagers. Dix minutes pour lever et dix minutes pour baisser la travée mobile. Reste environ cinq à dix minutes durant lesquelles le bateau franchit l'ouvrage. Ces navires, dont la programmation d'escale est prévue plusieurs mois auparavant, informent la capitainerie du port de leur arrivée environ 100km en aval du pont. Celle-ci prévient alors le poste de commande du pont pour préparer la manœuvre de levage.
[Rien d'étonnant que les élus prévoient pour les paquebots un port en aval du pont levant, ce qui rend ce dernier inutile !
On ne le répétera jamais assez
R19.
Quant au gabarit, le grand est exclus pour ce pont. Le dernier "grand" gabarit fut le Crystal Serenity. On ne verra jamais plus devant la bourse. Aujourd'hui, on comprend que le pont Bacalan-Bastide ne peut laisser passer que les moyens gabarits modernes, car les paquebots sont de plus en plus "importants"…
Il convient donc de faire preuve d'honnêteté en parlant de "gabarit". De même, en parlant de mouillage au "port de la lune" : devant la Bourse, se trouve le "port de la lune" (et plus précisément le "quai d'honneur" qui attirait les touristes
R8); et entre les deux ponts (de pierre et d'Aquitaine), s'étend le reste du "port de la lune" (la lune étant le méandre figurant dans les armoiries de la ville depuis des âges).
Intercaler un pont-rasant-levant en travers de la rade de Bordeaux, c'est la condamner à ne pas se relever.
Déjà, les caractéristiques du pont proposé ne semblent pas convenir au passage des paquebots modernes. Finira-t-on par s'en rendre compte trop tard avec un coût certain? Comme à Rouen?
Oui, la croisière tout court est allergique aux ponts levants… Tout le monde au fait des conditions maritimes et sociales s'en doute et le comprend. Les élus de Rouen, après-coup. Ceux de Bordeaux, apparemment n'en sont pas là.
Un pont inexploitable devient-il un chef-d'œuvre pour la simpliste raison qu'il est inexploitable?
Un pont est-il "urbain écolo" sous prétexte qu'il peut encaisser 50000 véhicules / jour? Ou juste une tentation autoroutière de plus en travers de Bordeaux?
Après avoir tué le fleuve, croit-on qu'il est encore possible de le ressusciter? Avec un pont rétro, inutile, qui barre définitivement la route au trafic maritime et, au mieux dans ce rôle, remplace un pont rasant ouvrant.
Aucun pont ne remplacera un tunnel à cet endroit de l'histoire de Bordeaux.
8 ]
Il sera un trait d'ignorance historique banal, indispensable à la vanité humaine.]
10/12/09, Julien Lestage, SO, p. 15 :
Hier, le président du Conseil général a inauguré le nouveau bac "l'Estuaire".
[...]
Sur cette ligne, Le Verdon-Royan, liaison stratégique, le service maritime dispose donc de deux navires de qualité. "L'Estuaire" a fait l'objet d'un investissement de 25 millions d'euros du Conseil général. Fabriqué par les chantiers Piriou à Concaneau, le nouveau bac (long de 78m et large de 18,5m) permet de transporter 600 passagers, 146 véhicules et 8 poids lourds. Selon les courants, la traversée dure de 15 à 20 minutes.
[...]
en-tête
é
{P} {P} {P}