@ccueil

- FRANCHIR 2008 :-
franchir la Garonne
/ contourner Bordeaux /
sauver la passerelle

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"franchir… 2007"

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"franchir… 2009"

"franchir 2008", bas ê

Les références des extraits sur les ponts sont en rose;
celles sur les
contournements, en rouge;
les autres, en
bleu.
Les extraits sur les Bassins à flot et le pertuis figurent dans la suite
"port…".

On peut s'exprimer sur les projets (contournement, pont-levant, passerelle, etc.)
par le forum SUD OUEST :

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09/01/08c, Maryan Charruau, SO, p. 2-6 :
[...]
Hier, lundi 7 janvier 2008, [on apprenait] que le gros œuvre du 6e pont de Rouen s'achevait. Les travaux ont débuté en 2004. La livraison est prévue "juste avant ou juste après" l'Armada de Rouen" qui se déroulera du 5 au 14 juillet 2008.
Pourquoi évoquer cet ouvrage érigé en Normandie? Parce qu'il s'agit du pont levant franchissant la Seine. Il s'inscrit dans l'esprit du projet du pont Bacalan-Bastide. [...]
Le pont levant de Rouen a mis 8 ans pour passer de la version papier à la réalité béton. Pour le pont Bacalan-Bastide, le premier accord politique remonte à décembre 1999, entre Alain Juppé, alors président de la CUB, maire de Bordeaux, et Philippe Madrelle, président du Conseil général.
[... investissement prévisionnel de 120 millions d'euros], début mai, la commission d'enquête publique a émis de fortes réserves sur trois principaux points: la destination de croisière, les risques d'engorgement du trafic quand le pont est levé, son incompatibilité avec le tramway. [...] Vincent Feltesse a adressé à l'entreprise fin 2007 l'ordre de service pour les lourdes études du pont Bacalan-Bastide.
[...]
Espéré aujourd'hui pour 2012, le pont Bacalan-Bastide vivra d'autres épisodes avant que sa construction ne soit effective. Reste que chacun peut se rendre en Normandie afin d'apprécier le "pont Flaubert".

 

Le pont Flaubert

A 55m en 12 mn

[...] pont levant le plus grand d'Europe:
n 120m entre les 2 pylônes sis à 8m au-dessus du niveau de l'eau,
n 2 pylônes à 90m de haut coiffés de papillons de 450 tonnes chacun, sur lesquels s'enroulent les câbles de poulies avec 900 tonnes de contrepoids pouvant soulever les 2 tabliers de 1300 tonnes chacun grâce à 32 moteurs.
Long de 200m, le pont monte à 55m de haut en 12 mn.
Son coût, infrastructures comprises, s'élève à 300 millions d'euros.

 

[2 pylônes, pour 4 au projet BaBa.
Largeur de la Seine nettement moindre à franchir pour le trafic routier.
Pont franchi par des voiliers seulement, et principalement ceux de "l'Armada de Rouen", car les paquebots s'y refusent, à cause des risques connus (sociaux, maritimes…), et accosteront à un mouillage spécial en aval du pont Flaubert et encore plus loin du centre-ville. Ainsi, inutile aux paquebots avant l'inauguration, ce pont le deviendra également aux voiliers au premier accident, ou incident; sans oublier que le montant des assurances évoquées par les armateurs peut inciter les voiliers à accoster avec les paquebots.
On sait qu'à Rouen, aucun mouillage, car tous hors du centre-ville (à l'instar de ceux de La Rochelle), n'a lieu d'être recherché comme celui de la Bourse à Bordeaux. Au contraire, l'absence de risques et de frais, ainsi que la promiscuité des touristes de croisière avec les prestigieux équipages, deviendra un atout pour les armateurs.
Pour voir ce pont à l'œuvre, point n'est besoin d'un billet de train (cher): "il faut en il suffit" de lire les journaux (SO, par exemple) dans quelques années.
Les 300 millions d'euros de Rouen ont évolué à partir d'un devis initial moitié moindre: attention à Bordeaux si l'on y commettait la même erreur de jouer par vanité avec l'inutilité.

On a déjà un miroir qui ne rapporte pas autant que les 50 paquebots par an qui mouillaient quelques mois par an devant la Bourse avant qu'on ne les en chasse R9.
Combien de moteurs assoiffés a utilisé le pont d'Aquitaine pour s'user en ces quelques courtes décennies? Quant au pont Bacalan-Bastide, sa longévité aurait dépendu de son inutilité assurée
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09/01/08b, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 2-12 :
La chance de voir le pont Eiffel maintenu dans le paysage bordelais: les défenseurs de l'ouvrage ne cachaient pas leur joie lors de l'assemblée générale de l'association Sauvons la passerelle [...].
[...]
Pour franchir les derniers obstacles, l'association doit dorénavant gagner la confiance et l'aide des décideurs. Pour Alain Juppé, c'est fait. "Sans lui, nous ne serions pas là où nous en sommes", confie le président.
Selon Xavier Larnaudie-Eiffel, le maire de Bordeaux aurait joué un rôle déterminant lors des discussions avec les services de l'État et des responsables du réseau de France pour obtenir le fameux sursis: on maintient la passerelle tant qu'on n'a pas bouclé la réflexion sur sa réhabilitation et sa réutilisation éventuelle.

[...]

Avant toute chose, cependant, il faut sauver la structure de la rouille et la maintenir en état. 8 millions d'€ au moins sont à trouver pour la restaurer. 2 millions sont promis par la ville de Bordeaux. Qui va donner les 6 autres millions?

23/01/08, O. Dupont, 20 Minutes Bordeaux, p. 3 :
[...]
[...] Il serait regrettable que la passerelle soit démontée et vendue au prix de la ferraille. Pourtant, à ce jour, seule la mairie a accepté de financer une partie de la reconversion (2 millions d'€), qui coûterait entre 7 et 10 millions d'€. La CUB réfléchit encore: "La conservation du patrimoine ne fait pas partie de nos compétences", note son président, Vincent Feltesse. Même réponse au conseil général, où l'on promet une décision pour février. Quant à Alain Rousset, il attend d'en savoir plus. L'échéance va vite arriver, car en mai, Réseau ferré de France, propriétaire, doit savoir ce qu'il fait de l'ouvrage.

26/02/08, Dominique de Laage, SO, p. 2-6 :
[... le] projet de pont Bacalan-Bastide, adopté par la Communauté urbaine le 21 septembre dernier. Trois mois après le classement de Bordeaux au patrimoine mondial en juin 2007.
[...] "Nous n'avons rien caché sur ce magnifique ouvrage. Et ceux qui instruisent le dossier de Bordeaux à l'Unesco n'y ont rien trouvé à redire", s'enthousiasme Hugues Martin au lendemain du classement. "On me disait que le futur pont serait un obstacle au classement, il ne l'a pas été, c'est un pur bonheur", renchérissait Alain Rousset.
[...] Cette ville [Dresde], portée au patrimoine mondial en 2004, a été inscrite deux ans plus tard sur le liste du patrimoine mondial en péril à cause d'un projet de… pont. Voici un mois donc, Alain Juppé a encore rassuré tout le monde: "J'ai consulté les experts de l'Unesco. Ils m'ont assuré que ce projet de pont ne menaçait pas le classement. Je pense que Denis Teisseire (Trans'CUB), n'est pas dans le vrai."
Or, le directeur du centre du patrimoine mondial, Francesco Bandarin, contredit la belle assurance d'Alain Juppé dans les deux courriers qu'il vient d'adresser au "Front associatif bordelais" et à l'ambassadeur délégué de la France auprès de l'Unesco, Joëlle Bourgois.
Les associations bordelaises [...] avaient écrit le 24 janvier dernier au directeur du centre du patrimoine mondial pour lui transmettre tous les détails du futur pont Bacalan-Bastide [...].
Dès le 7 février, le directeur [...] a accusé réception [...] remerciant les associations [...] laissant entendre qu'il ne disposait pas jusqu'alors de telles informations. [...]
Contacté hier par téléphone, Junaïd Sorosh, en charge du dossier France auprès de Francesco Bandarin, a confirmé "qu'aucune information détaillée" [...] n'était jamais parvenue [...]. "[...] l'éventualité d'un franchissement figurait bien, mais depuis, nous n'avons plus été destinataires de rien", confirme Junaïd Sorosh. [...]
Une chose est sûre. Le règlement de l'Unesco impose qu'il soit tenu informé "le plus tôt possible" de "toute nouvelle construction pouvant modifier la valeur universelle et exceptionnelle du site". Mieux, un autre article du règlement impose que chaque année, au plus tard le 1er février, les "états doivent remettre des rapports spécifiques et des études d'impact chaque fois que des circonstances exceptionnelles se produisent."
Un pont levant avec un tablier de 42 mètres de large, quatre piles de 90 mètres de haut et 35000 véhicules par jour… Ces éléments auraient été jugés insuffisamment exceptionnels pour être portés à la connaissance de l'Unesco.

[Il faut se rendre à l'ironie que ce pont de Dresde en question, modeste structure rasante, plus faite pour concurrencer le pont Saint-Jean, est la discrétion même. Alors, comparée au pont levant Ba-Ba... D'aucuns diraient, en parlant du machin des Grands travaux de Marseille projeté: "Y a pas photos!" ð

Bref, qui trompe ou qui se trompe? Depuis quand?]

03/03/08, SO, p. 1-6 :
La liste conduite par la députée PS Valérie Fourneyron l'emporterait dès le premier tour à Rouen avec 57% des voix, contre 38% à celle du maire DVD sortant, Pierre Albertini, selon un sondage TNS Sofres-Logica pour "Paris-Normandie". [...] R19

04/03/08, Karine Ménégo, MetroBx, p. 09:
[...]'
Si la décision en appel nous est favorable [sur le grand contournement autoroutier de Bordeaux], le projet est définitivement enterré", s'empresse d'ajouter Alain Blanc, soulignant que le débat est loin d'être clos: "Il faudra bien trouver des solutions pour alléger ce mur de camions qui passe par Bordeaux pour aller en Espagne, notamment." Par ailleurs, ce gros projet — une centaine de km d'autoroute, dont le coût estimé en 2005 allait de 1100 à 1610 millions d'€ — reste sans porteur politique local. Les élus des collectivités locales s'en sont désengagés les uns après les autres.

Il faut d'abord faire une autoroute maritime partant de Gijon, en Espagne. Je suis heureux de voit qu'Alain Juppé se rallie à l'idée d'un grand contournement ferroviaire pour tenter de mettre sur le rail ces murs de camions en transit vers ou depuis l'Espagne.
(Alain Rousset)

Ce projet n'est plus d'actualité. Il faut tout faire pour transférer de plus en plus de trafic de marchandises par voie maritime ou par l'autoroute ferroviaire annoncée à l'issue du Grenelle de l'environnement pour éviter que tous les trains de fret ne passent par la gare Saint-Jean.
(Alain Juppé)

[Dire que certains voulaient "tout faire pour transférer de plus en plus de trafic" automobile par voie d'autoroute pour massacrer la campagne. Si on les avait laissé faire, réparer leur sabotage nous serait impossible aujourd'hui — aujourd'hui où les saboteurs se sont désengagés les uns après les autres. Aucun n'aurait endossé ce crime de lèse-Nature. Ils hurlent maintenant à la lune: bel exemple de développent durable! Il n'aura manqué que quelques décisions hâtives et aveugles, comme pour le pont… 8 R18]

21/03/08, SO, p. 1-9 :
Alsace Nature (147 associations), 12 communes et deux communautés de communes directement concernées par le projet ont déposé un recours contre le tracé du grand contournement autoroutier de Strasbourg. Un projet jugé urgent et d'utilité publique par le premier ministre, mais "en contradiction avec le Grenelle", selon les opposants.

 

24/03/08, SO, p. 2-2 :
Les premiers sondages géotechniques, indispensables aux études détaillées du futur pont Bacalan-Bastide, devraient démarrer dès ce début de semaine. Cette opération est notamment conduite par deux entreprises sous-traitantes que sont Soltechnic et Balineau, du groupe d'entreprises GTM-Vinci.
C'est ce dernier qui est chargé de la réalisation du pont. Ces forages, "carottés" ou "pressiométriques", vont être menés, à partir d'une large plate-forme ancrée dans la Garonne, sur une profondeur de 40 à 65 m, à l'emplacement des futures piles du pont. La durée prévisionnelle de cette opération de sondage est de un mois et demi à deux mois.
{P}

[Le cliché de Sophie Delahaye montre cette étendue vierge de béton laid qu'un tunnel nous épargnerait pour un coût réel comparable. "Un geste fort" (comme certains qualifiaient un pont cours du Médoc, à l'époque), consisterait-il à copier Rouen — pont-levant barrant les trafics (tantôt fluvial tantôt routier) — ou Marseille — tunnel libérant les deux en permanence?—

Heureusement que les études et la première partie des fondations sont valables pour le pont autant que pour le tunnel…]

27/03/08, Patrick Faure, SO, p. 2-7 :
[...]
Nous avions effectué un premier sondage voilà six ans, explique Olivier Bonnot, ingénieur chez GTM. [...] Le tout sous maîtrise d'œuvre de la CUB.
[...]
En position basse, le pont se trouvera à peine plus haut que le pont de pierre distant d'un kilomètre et demi en amont; en position haute, à 87m, à hauteur du pont d'Aquitaine. C'est la partie centrale, de 150m qui se lèvera, selon un système d'ascenseur, afin de laisser passer les bateaux.
Une fois les études terminées, la construction proprement dite durera trois ou quatre ans.
[...]
Reste qu'un front uni d'associations d'opposants a introduit un recours auprès du tribunal administratif. Non comptés quelques atermoiements relatifs à cet ouvrage, du côté des services de l'Unesco.

[Si l'Unesco ignore un tel "pont" dans le cadre bordelais (tout en ne l'ignorant pas ou l'inverse?), elle n'est pas difficile et son label ne vaux que ce qu'il vaut, tels ces prix de toutes sortes décernés à profusion dans le commerce. "Comme on connaît les saints, on les honore".
Les "atermoiements" sont tellement incompréhensibles qu'ils pourraient laisser supposer que des esprits malins tirent des ficelles déroutantes entre Paris et Bordeaux.

Si "la CUB" ignore les difficultés posées par ce pont, difficultés qui le rendent inutile car inutilisable (tel celui de Rouen, prouvé inutile et impropre au point qu'il a dû être doublé par un quai d'accostage pour paquebots en aval);
Si la "CUB" ignore le danger pour le trafic de croisière, danger d'autant plus sérieux que le climat est de plus en plus tempestueux
8 ), c'est que la "CUB" ignore qu'elle jette notre argent à l'eau.

Pour le dépenser à meilleur escient, elle pourrait mettre à profit une partie des dépenses déjà faites pour le pont (par exemple, ces fameux sondages) et qui pourraient resservir pour un tunnel réaliste.

L'honnêteté retiendra que la commission, qui examina la délibération de la "CUB" décidant de la construction de cette monstruosité, conclut que le monstre est INUTILE. Une autre monstruosité, inconsciente espère-t-on, fut le vote à majorité par des élus pour qui le nautique est une abstraction abstraite.

Pourquoi payer si cher pour défigurer notre cadre de vie historique?]

07/04/08a, Jean-Paul Vigneaud, SO,
1°) Bordeaux, p. 2-2 :
[...]
Lorsque l'on dit à Mechtild Rössler [chef de section, chargé de tous les sites d'Europe et de l'Amérique du nord] que l'on ne voit pas comment Bordeaux pourrait échapper à cette procédure (l'affaire paraissant identique à celle de Dresde), elle oppose qu'il s'agit bien, en Allemagne comme à Bordeaux, d'une histoire de pont, mais que les deux sites ne sont pas classés pour les mêmes raisons. "A Dresde, dit-elle, ce n'est pas la ville historique qui est classée. Elle avait demandé ce classement, elle ne l'a pas eu. C'est la vallée de l'Elbe, à laquelle appartient Dresde, qui est classée, autrement dit l'ensemble du paysage culturel. A Bordeaux, c'est la ville historique qui est classée."
Une différence de traitement n'est donc pas à exclure. Il est difficile de croire cependant que les membres du comité mondial du patrimoine laissent passer le dossier bordelais sans rien dire.
[...] l'Unesco a transmis un dossier aux autorités allemandes recommandant vivement la construction d'un tunnel plutôt que d'un pont.

[...]
Certes, on peut toujours penser — ce que ne manquent de faire les opposants au projet de pont à Bordeaux — que la création de l'ouvrage n'a pas fait l'objet d'une présentation suffisamment précise lors du dépôt de candidature. Mais les spécialistes de l'Unesco ne sont-ils pas suffisamment habitués pour dénicher, dans les dossiers qu'on leur présente, les faiblesses ou les projets qui pourraient poser problème? A Dresde comme à Bordeaux, des experts sont également venus bien avant le classement pour voir si les déclarations coïncidaient avec les réalités du terrain. Pourquoi n'ont-ils rien dit à ce moment-là?

Car Dresde se trouve dans une drôle de situation aujourd'hui. La construction du pont a commencé et on demande de faire un tunnel, sinon, adieu au label Unesco!

07/04/08b, Jean-Paul Vigneaud, SO,
2°) Dresde, p. 2-3 :
[...]
[...] Pour Winfried Hanisch, porte-parole de l'association favorable au tunnel, c'est la seule voie à suivre: "Dresde a besoin du titre de patrimoine mondial, dit-il. Ce n'est pas seulement une question d'honneur pour la ville, c'est une affaire de cœur. Ceux qui défendent le pont ne comprennent pas la dimension culturelle de sujet, ils ne s'intéressent pas aux monuments. La construction de cet ouvrage va être catastrophique pour la ville de Dresde".
[...]
[...]
Ce que refusent les "pro-pont". Hans-Joachim Brauns, leur chef de fille, se réfère au référendum organisé en 2005 et au cours duquel la population s'est montrée favorable au projet. "On doit continuer à faire ce que les gens ont souhaité", souligne-t-il. "L'Unesco savait parfaitement, ajoute-t-il, qu'on allait construire le pont, mais a été manipulée par les opposants." [...]
"[...] Un tunnel, c'est une utopie. Cela coûterait 100 millions d'euros, ce n'est pas faisable!"
C'est ce que pensaient les habitants de Dresde, c'est ce qu'ils ne pensent plus au demeurant. Plus de 40000 d'entre eux auraient signé une pétition exigeant l'arrêt immédiat de la construction du pont.
[...]
Les travaux ne s'arrêtent pas pour autant. Doris Schmidt du service d'urbanisme de la ville de Dresde explique pourquoi: l'obligation de suivre les conclusions du 1er référendum et des engagements pris après le vote.
"On n'a pas le choix, dit-il, [...]. Tout pourrait devenir encore plus compliqué [...] et personne ne peut calculer les frais, ni pour l'arrêt de construction, ni pour un tunnel."

[...]
Depuis une quinzaine de jours dans le port de la lune, il en est de même avec le début des indispensables forages [...]. Beaucoup d'argent a été déjà engagé. Des millions d'euros. Rien qu'à Bordeaux, les travaux préliminaires seraient estimés à 30 millions d'euros.

[Du label:

Si un label représente un jugement figé à la date d', on ne peut s'en réclamer et prétendre évoluer.

Si un label couvre une évolution (sous prétexte de contrer l'effet musée), il est au mieux incontrôlable et n'a aucune raison d'être.

Si un label couvre une zone voisine d'une deuxième qui offre des caractéristiques s'opposant à celles de la première, sa validité est discutable.

[Du pont:

Deux aspects de cet ouvrage le caractérisent, architectualité et utilité. Mais, a priori, quelle que soit son architectualité, son utilité de pont seule compte.

Ce pont Bacalan-Bastide, du fait qu'il est levant, condamnera le passage des véhicules aux moments où celui des bateaux sera ouvert. Ces moments devront être obligatoirement synchronisés aux heures des marées montantes, donc leurs horaires seront aléatoires.

Ce pont qui bloque la circulation routière pendant une heure aux pointes d'affluence, ce pont qui peut être bloqué pendant des pointes d'intempéries, on l'admettra, ce pont n'en est pas un.

Ce pont est limité par ses dimensions qui, comme celles du pont de Rouen, ne lui permettent pas de livrer passage aux paquebots modernes, c'est-à-dire aux paquebots tout court 8 .
Ce pont, on peut lui prévoir une inutilité croissante et onéreuse, dont le coût s'abaissera si on le laisse définitivement ouvert ou fermé.

Ce pont, dit ouvrant, en travers de la rade, s'apparente à un pont rasant ruineux: c'est le pont aux Quinconces qui réapparaîtrait aux bassins à flot; ou un pont de Dresde. A l'instar des responsables de Dresde, lesquels prendront la responsabilité de poursuivre un projet de pont? Il est urgent d'attendre.

A quelques centaines de km de Marseille, nier les tunnels et les paquebots, c'est une cruelle forme d'archaïsme. 8

[Du port et du paysage urbain:

Certains élus souhaiteraient que la candidature de Bordeaux ne repose que sur ses qualités urbanistiques (zones piétonnes, quartiers historiques et architecturaux, etc.), en faisant impasse sur le problème du pont.

Ce serait ignorer l'historicité portuaire de Bordeaux remontant à plus de 2000 ans grâce à son port romain qui, à plusieurs reprises, s'est signalé comme le plus grand d'Europe. Sans son histoire, le port, donc la cité de Bordeaux, ne seraient pas parvenus jusqu'à nous aussi qu'ils sont, porteurs de leurs valeurs (architecture, œnologie...). Ainsi on ne peut représenter un tel port par un pont levant en exergue, déplacé et défigurant. A l'inverse, la Bourse avec le port de la lune en ont toujours été les symboles dans les siècles classiques, qu'ils le restent. Le port a fait Bordeaux, Dresde a fait la vallée.

Il n'est donc pas responsable pour un élu d'ignorer le port historique de Bordeaux en bloquant son trafic maritime d'une ou l'autre façon. Qui plus est, ruinant son paysage portuaire, alors qu'un tunnel résoudrait élégamment et en permanence le problème des deux flux, maritime et routier.

NB. On peut réviser dans la "Brochure" : R2, R5, R6, R8…]

 

17/04/08, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 2-4 :
Les membres de l'association Sauvons la passerelle Eiffel sont furieux. Alors qu'ils pensaient avoir convaincu les responsables de RFF (le maître d'ouvrage) et les représentants des collectivités locales, ils découvrent que tout est remis en question. Le processus de démolition est en cours, la passerelle pourrait totalement disparaître avant l'été.
"On nous a trompés!", lance, très en colère, Myriam Larnaudie-Eiffel, l'une des descendantes de l'illustre constructeur et porte-parole de l'association. "En me rendant ces derniers jours au pied du pont, dit-elle, j'ai appris par un cadre d'Eiffage que la démolition était toujours à l'ordre du jour et qu'il serait difficile de la stopper. Le matériel nécessaire [...] serait déjà réservé [...]".
[...]

[On se croit revenu au drame du pont historique du pertuis, mais, au moins, ceux qui croyaient avoir intérêt à l'anéantir l'avaient coupé en tranches, ce qui coupait court, si l'on peut dire, à toute excuse de malentendu.
L'histoire est un perpétuel recommencement.
8 ]

18/04/08a, S. M., Bx7, p. 2 :
Le Front Associatif, qui regroupe 15 associations de l'agglomération bordelaise, parmi lesquelles Trans'CUB ou encore Garonne-Avenir, ne lâche pas l'affaire. Après avoir déposé un recours au tribunal administratif contre le futur pont Bacalan-Bastide, il a annoncé hier qu'il allait demander au président de la CUB et au maire de Bordeaux de suspendre les études et les travaux préparatoires du pont jusqu'à la décision de l'Unesco, mais aussi que soit réalisé un comparatif pont/tunnel en terme de développement durable. [...] Trans'Cub et les autres associations appuient leur argumentation sur le fait que la construction de ce pont produirait des nuisances sonores importantes. S'appuyant sur les documents annexés à l'enquête publique et donc aux études réalisées par la CUB elle-même, elles estiment que ce projet de pont-levant est "incompatible avec la nouvelle donne du développement durable".
Pour Denis Teisseire, de Trans'Cub, "les nuisances sonores toucheront l'éco-quartier cher à Alain Juppé. Outre ce futur éco-quartier, dont la réalisation est prévue le long du quai des Queyries, Trans'Cub affirme que d'autres secteurs plus éloignés seront touchés [...]. Selon l'association, tous les bâtiments situés avenue Thiers en droite ligne du pont, ceux situés en amont du pont de pierre près de la Gironde (Megarama, BPSO…) et même ceux, rive gauche, construits de part et d'autre du cours Édouard Vaillant seront victimes de nuisances sonores. Pour Trans'Cub, le fait que l'étude acoustique ait prévu que ces bâtiments nécessitent une isolation phonique en est la preuve. Déclarations qui n'ont pas manqué de faire vivement réagir Alain Juppé. Le maire de Bordeaux n'y est pas allé de main morte: "L'action de cette association est un véritable déni de démocratie. Un scandale voué seulement à assouvir les passions individuelles. Ce pont est une nécessité urbaine et je ne céderai pas quelles que soient les conséquences".

[Ce pont serait donc un véritable déni de développement durable.

Quant à l'hypothèse de ne pas céder à une passion individuelle de pont malgré les conséquences, elle se placerait hors politique.

Un comparatif tunnel/pont est ce qui aura manqué le plus à l'honnêteté des débats — et à leur validité.]

18/04/08b, Stella Dubourg, Bx7, p. 3 :
Si les piles de la passerelle Eiffel sont pour l'heure bien encrées au fond de la Gironde, cela pourrait ne pas durer. [...] "[...] Nous avons donc décidé de nous donner deux mois de réflexion supplémentaires, jusqu'au 1er juillet, avant de dire si oui ou non la passerelle sera détruite", souligne Alain Juppé. [...] Et si ces deux mois vont permettre d'obtenir des éléments d'appréciation plus précis, ils ne suffiront pas pour mettre en place un véritable projet de réhabilitation. "Des interrogations subsistent, ce qui rend le processus de décision compliqué. [...]", assure Alain Juppé. Quoi qu'il en soit, au plus tard au 1er juillet, le sort de la passerelle sera tranché. Le maître d'ouvrage exige maintenant une réponse rapide étant donné que la démolition de la passerelle fait partie intégrante du marché signé avec le groupement d'entreprises Eiffage (2,5 M€). Ainsi, même si les collectivités locales décident de sauver la passerelle, il faudra encore que RFF arrive à convaincre Eiffage de ne pas engager d'action pour non respect du contrat. Même avec beaucoup de bonne volonté, il semble aujourd'hui que sauver cet ouvrage d'art soit devenu bien compliqué.

[Le gag du délai d'appréciation est usé depuis la lamentable affaire du pertuis. "Réponse rapide": le pertuis, vous dis-je… "sauvetage bien compliqué": le pertuis, encore.
Pourtant, c'est simple: qui veut peut, aurait-on dit à l'Ecole de Topaze.]

18/04/08c, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 2-3 :
La passerelle Eiffel ne sera pas totalement détruite avant l'été. Bruno de Monvallier, le patron de Réseau ferré de France (RFF), l'a promis hier matin à Alain Juppé, Vincent Feltesse et à deux directeurs de service représentant le département et la Région. RFF accorde aux collectivités locales un délai de réflexion supplémentaire de deux mois. [...] [chance] pas si prometteuse que ça si l'on y regarde de près car deux mois ne seront peut-être pas suffisants [...].
"Pour nous prononcer, poursuit Alain Juppé, il nous faut précisément savoir ce que cela peut nous coûter [...]".
[...] à voir en urgence: la solidité de l'ouvrage une fois que ses deux extrémités seront coupées [...] et l'état de santé réel de la structure métallique.
[...] L'ennui, c'est que [l'analyse] va durer six mois.
Autant dire que la décision de conserver la passerelle devra être prise avant [...].

18/04/08d, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 2-9 :
Les membres de Front associatif (15 associations) trouvent un peu étonnant que l'on n'évoque plus la réalisation du pont Bacalan-Bastide, donc ils en parlent! [...]
"Stop à l'Omerta!", disent-ils en affirmant que ce silence est calculé pour que les Bordelais oublient totalement le dossier. "Trouvez-vous normal que ce projet majeur ne fasse pas l'objet d'un débat lors d'Agora, alors que, au cours de ce même salon, il a été longuement question des trémies de la place Pey-Berland?", questionne Denis Teisseire de Trans'Cub. "Pire, ajoute Marie-José Cazeaux de Garonne-Avenir, un livre vient de sortir sur Bordeaux Unesco où l'on parle de protection du site et d'architecture. Il n'y est pas question du fleuve et donc pas du tout du futur pont. Ne l'a-t-on pas dit aux auteurs?" [...]
Les opposants sortent ici une nouvelle cartouche: les nuisances sonores. "Nous n'inventons rien. Nous ne faisons que lire les études qui figurent dans le dossier d'enquête publique, note Jacques Dubos, président de Trans'Cub. Ces études font apparaître une progression de nuisances de plus de deux décibels, donc l'obligation, pour le maître d'ouvrage (comme l'exige la loi) de prévoir et financer des protections phoniques supplémentaires sur tous les immeubles touchés. Pas seulement côté rive gauche, rive droite aussi".
Les cartes établies par le bureau acoustique Orféa démontrent effectivement que les nuisances sonores seront portées par le vent et toucheront de très nombreux immeubles [...]
"La caserne Niel, où Alain Juppé veut créer son éco-quartier modelé, n'y échappera pas. Il sera même frappé de plein fouet. Comme quoi, le pont levant est incompatible avec la nouvelle de développement durable que veut mener le maire", souligne Jacques Dubos.
Un point noir qui s'ajoute, selon les opposants, à la menace bien réelle aussi d'un déclassement à l'Unesco. Aussi, demandent-ils au président de la CUB et au maire de Bordeaux, de "suspendre immédiatement les études et travaux préparatoires jusqu'à la décision de l'Unesco" et de faire au plus vite "une évaluation pont-levant-tunnel en terme de développement durable" afin de faire le meilleur choix.

22/04/08, SO, p. 2-10 & 2-17 :
[...] Les travaux qui s'achèvent en 1860 vont assurer la réputation du jeune ingénieur Gustave Eiffel. Il réalise ainsi à Bordeaux sa première grande œuvre ferroviaire en raccordant la Compagnie de Bordeaux à Paris. La passerelle devrait cependant être démolie progressivement avec la mise en place du nouveau pont ferroviaire. (p. 2-10)

[...]
Dominique Godfrey: Est-il encore possible de sauver la passerelle Eiffel ?

Marc Saboya: Oui, en y mettant de l'argent. Un pont, c'est une entreprise tellement gigantesque, qui a tellement de sens symbolique et fonctionnel, que ça ne se détruit pas. (p. 17)

[Ironie, quand tu nous tiens… Existe-t-il un homme politique ou un homme d'affaires assez ironique et intelligent pour se rendre compte qu'il peut tirer autant de gloire ou d'argent à sauver ce pont que l'ingénieur qui l'a créé?]

09/05/08, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 2-4 :
[...] Seul le mécano du train de fret de 11h35 a osé actionner son avertisseur. Une seule fois seulement…
Le conducteur de TGV de 11h51, lui, n'a pas bronché. Même pas un signe de la main en direction des cameramen et photographes collés aux fenêtres du 1er étage de l'ex-centre de tri postal. [Le train] a quitté la gare St-Jean comme si de rien n'était.
[...] le conducteur du vrai "dernier train" [...] n'a pas fait mieux. [...] on a vu, à l'intérieur de l'autorail, des passagers touchés par l'événement, dont un, le corps cassé en deux, la tête par la fenêtre, un camescope à bout de main, pour filmer l'ultime passage "historique". Eh bien non encore! Pas de Klaxon, pas de coup de sifflet. Chut!…
Comme deux yeux rouges prêts à pleurer, les feux de l'autorail sont ainsi devenus de plus en plus petits et, d'un seul coup d'un seul, ont disparu dans la grisaille du couloir de fer.
Il était 11h58, ce jeudi 8 mai, la passerelle Eiffel venait de quitter définitivement le monde ferroviaire.

passerelle, fin de carrière

[Colbert, pertuis, passerelle: même enterrement. La fin d'une épopée ou "la France reconnaissante".
Rien n'empêchait de… Voir le 2e enterrement de la passerelle ci-dessous 12/05/08.]

12/05/08, SO, p. 2-8 :
[...] hier, à 12h30, lors de la fin des travaux de raccordement des voies ferrées, entre le nouveau pont-rail et la gare St-Jean. Une fois leur travail terminé (en 72 heures chrono!), plusieurs chemineaux et ouvriers se sont rassemblés en bordure de voie pour saluer le passage des premiers trains. Sympa.

Voir ci-dessus 09/05/08

29/05/08, SO, p. 1-7 :
Deux ans et demi de travaux sur le pont d'Aquitaine.
Le pont d'Aquitaine entre dans une nouvelle phase de travaux. A compter de l'été prochain, et durant six mois, la société Baudin-Chateauneuf va vérifier et resserrer les colliers situés au niveau des tiges de suspension qui portent le tablier. L'année prochaine débutera la mise en peinture de la structure métallique, qui durera deux ans. [...]

[Qu'on ne croit pas que les ponts sont gratuits pour les contribuables. A croire que celui-ci est encore toujours en travaux coûteux, après tous les travaux longs et coûteux qu'il vient de subir.

Voir SO, même date, p. 2-3.]

02/06/08, SO, p. 2-15 :
Les travaux de destruction du pont Eiffel ont bel et bien commencé par la tentative des nostalgiques du quartier et du pont métallique. Sa démolition complète risque de durer plusieurs mois et de perturber l'accès au quai de Paludate.

[Sans tambour ni trompette, quelques lignes anonymes, comme pour un pertuis bis. Décidément, le patrimoine des environs est soumis à rude épreuve depuis le sacre par l'Unesco!]

05/07/08, Dominique de Laage, SO, p. 2-1 :
[...] Le comité doit inventorier les sites "en péril" du fait d'une dégradation de leur qualité patrimoniale. Un an après son classement, Bordeaux fait partie des mauvais élèves mis à l'examen. La mise en péril du dossier bordelais devait être évoqué hier ou aujourd'hui. Trois éléments sont venus écorner le label tout beau tout nouveau de Bordeaux : la destruction de pont du pertuis; la menace (aujourd'hui temporairement levée) sur la passerelle ferroviaire Eiffel; le projet de pont levant "monumental" dit Bacalan-Bastide.
L'an passé, la ville de Dresde avait été mise à l'index par l'Unesco pour avoir entreprit un projet de pont similaire à celui de Bordeaux en travers de la vallée classée de l'Elbe (depuis 2004). Un an après ce coup de semonce, le Comité du patrimoine mondial devait décider ces jours-ci à Québec de déclasser ou non définitivement le site, les autorités de la ville de Dresde n'ayant pas renoncé aux travaux du pont levant.
Finalement, l'Unesco a accordé hier un sursis d'un an à Dresde. "Le Comité est convenu de retirer ce bien de la liste du patrimoine mondial en 2009 si la construction se poursuivait et si les dommages n'étaient pas réparés, a-t-il été déclaré hier à Québec. Entre-temps, le bien demeurera sur la liste des sites en péril".
[...]
[...] Pour les antipont, le message à la fois très diplomatique et très ferme du Comité à l'égard de Dresde, fait écho au dossier de Bordeaux et à leur combat.

 

09/07/08, Bx7, p. 3 :
Un an après avoir obtenu le label Unesco, Bordeaux pourrait le perdre. C'est en tout cas la menace que fait planer le Comité du patrimoine mondial, qui a des doutes quant à l'impact visuel du futur pont Bacalan-Bastide.
Le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a demandé à la France de lui remettre, pour le mois de février prochain, un rapport sur l'impact visuel des ponts pour franchir la Garonne à Bordeaux. Ce rapport pourrait conduire à remettre en question l'inscription de Bordeaux sur le liste du patrimoine mondial de l'Unesco. "Nous avons demandé à la France de fournir des renseignements sur l'impact visuel des différents modes de franchissements de la Garonne, a indiqué Roni Amela, du bureau de l'information du public de l'Unesco. Selon lui, "le comité a l'impression de ne pas avoir eu l'occasion d'évaluer l'impact du pont" levant [...]. Francesco Bandarin, directeur du centre du patrimoine mondial, a, de son côté, expliqué au Monde daté d'aujourd'hui: "Nous mettons Bordeaux sous monitoring renforcé durant l'année à venir. C'est un procédé spécifique aux villes ayant un problème." [A la fin de cette année-là, le] comité aura alors trois choix: décider que Bordeaux reste inscrite sur la liste [...], retirer la capitale girondine de la liste ou bien l'inscrire comme capitale en péril.
Sa destruction [de la passerelle] risquait aussi de remettre en cause le classement [...] de Bordeaux [...]. La passerelle a depuis été placée sous la protection du ministère de la Culture pour un an. Enfin, toujours selon le journal Le Monde, la destruction de pont du pertuis [...] a également pesé dans la balance. "Le Comité a été franchement choqué par cette décision", a expliqué M. Bandarin.

[Le Comité n'a plus qu'à se barder de courage: le port, entre autres, ne changera pas. Le Comité va subir le sors de la passerelle, celui des petites constructions en briques, etc.

Le tout baigné dans l'hypocrisie habituelle. Qui pouvait ignorer le sors ce tout ce patrimoine? Et l'Unesco, les hommes en général et certains en particulier?

Quand d'aucuns sont invités à décrire l'impact de "différents modes de franchissements", ils se limitent au cas du pont alors que leurs interlocuteurs entendent deux catégories d'impact, dont l'une, celle du tunnel, doit être toute aussi étudiée que celle du pont.

Mais quand, aussi, l'on se fait déjà reprocher de ne pas laisser "évaluer l'impact du pont"…] 8

02/08/08, Olivier Escots, SO, p. 2-10 :
[...]
[...] Actuellement, seul le pont tournant auxiliaire peut être utilisé. Une seule voie de tramway l'emprunte, ce qui empêche des franchissements trop fréquents.
Le pont principal accueillera quant à lui deux voies de tramway. [...] Lorsque l'édifice principal sera ouvert à la circulation du tramway, le pont secondaire ne sera utilisé qu'en cas de passage de bateaux dans les écluses. Lorsqu'une embarcation franchira la première écluse, le pont principal tournera; la circulation, que ce soit celle des piétons, des cyclistes, des véhicules motorisés ou des tramways, sera alors temporairement déviée vers le pont auxiliaire. [...]

[Le jeu de passe-passe à transformation bâti aux bassins à flot sur ce qui reste de voies, d'écluses, de ponts démontre que, quel que soit le gabarit d'un pont ouvrant (levant, roulant, tournant…), tôt ou tard il doit s'ouvrir, puisque telle est sa profession.

Son ouverture livre passage à une embarcation, ce qui ferme la voie aux véhicules, comme dit dans l'article ci-dessus, comme on le lit dans les "études" et comme on le voit sur place, d'où le très gros avantage du tunnel.

Qui plus est, sur la Garonne, ce jeu d'ouverture-fermeture d'un pont ouvrant est réglé, non par la fantaisie de technocrates, mais par l'horloge des marées. Un paquebot ne peut passer le pont qu'à marée haute, laquelle se décale perpétuellement. Quant au vaisseau, il faut qu'il soit présent à l'heure h… Un tunnel, vous dis-je…]

10/09/08, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 2-3 :
[...] des ouvriers suspendus à des câbles vont examiner toute la structure béton du pont d'Aquitaine ce week-end pour vérifier la solidité de l'enveloppe, repérer éventuellement les endroits présentant des risques d'effritement; bref, établir un diagnostic et, si nécessaire, une "ordonnance".
[… "...] La suspension a été changée ces dernières années, aujourd'hui nous vérifions l'état des pylônes béton", précise Bernard Lambert, responsable du district de la DIRA chargé du secteur.
[...]
Les piles à examiner sont effectivement géantes. 103 mètres de hauteur! Ces pylônes constituent deux immenses portiques. L'un, rive gauche, avec deux pieds plantés dans le fleuve; un second, rive droite, avec deux pieds fixés sur des rochers. La traverse du bas soutient le tablier, la traverse du haut maintient l'écartement et supporte les câbles de la suspension.
[...]
Une fois ces travaux réalisés [...], sera engagée la peinture totale de la structure métallique qui supporte le tablier de pont.
Deux ans seront nécessaires pour gratter, décaper, traiter et repeindre l'ensemble qui s'étend sur plus de 600 mètres de longueur. Ce chantier géant commencera l'année prochaine et, suivant sa date de démarrage, se terminera en 2010 ou 2011. Evalué à 8 millions d'euros (dépense couverte par l'Etat), ces travaux seront menés par une entreprise spécialisée [...].

[Qu'on ne dise pas qu'un pont suspendu peut être (bien) moins coûteux qu'un tunnel…]

voir 11/09/08a & 11/09/08b, ci-dessous

11/09/08a, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 2-4 :
Quoi qu'il arrive, selon les élus de l'agglomération bordelaise, le pont Bacalan-Bastide se construira. A compter de juin prochain. Alain Juppé et Vincent Feltesse l'affirment. [...]
[...]
Penser maintenant que le projet va être mené à terme est malgré tout faire preuve de beaucoup d'optimisme… ou alors ne donner aucune valeur aux menaces de déclassement de l'Unesco.
[...] Ce que l'on peut résumer comme suit: "Prouvez-nous que le pont s'intégrera parfaitement dans le site et vous pourrez le faire, sinon vous serez contraints de revoir votre projet ou d'abandonner le label."
[...]
[...], on dit également que des experts mandatés par l'Unesco sont attendus. D'un jour à l'autre. Pour juger le projet, se rendre sur place et voir quelles seraient les conséquences de la construction dans le paysage.
Et la fameuse étude d'impact visuel réalisée par un organisme indépendant que réclame l'Unesco? "Tous les documents réclamés seront fournis", répète-t-on à la mairie.
Ce qui n'est pas, semble-t-il, l'avis du "Front associatif" contre le pont levant. Selon celui-ci, la mairie transmet "uniquement ce qui l'arrange." [...]

[...] Malgré les recommandations répétées du comité du patrimoine mondial — abandonner le projet de pont dans la vallée de l'Elbe pour construire en lieu et place un tunnel — la ville allemande continue de bâtir son ouvrage. [...]
[...], mais cette position un peu ferme pourrait tout de même provoquer des vagues jusque sur les bords de la Garonne. [...]
Francesco Bandarin, directeur du centre du patrimoine mondial, n'a-t-il pas déjà sorti le "carton jaune" lors de sa venue à Bordeaux en rappelant qu'il y avait des règles et qu'il fallait impérativement les respecter?
Bref, malgré ce que veut laisser penser Alain Juppé, Dresde et Bordeaux semblent bien embarquées dans le même bateau et ça commence à tanguer.

voir 11/09/08b, ci-dessous

11/09/08b, Anette Bender, SO, p. 2-4 :
[...]
Le juge Hans-Joachim Brauns, membre d'une association favorable au pont n'apprécie pas la façon de faire de l'Unesco. "L'organisation était informée dès le début, dit-il, si elle avait souligné un point critique à l'époque, nous n'aurions pas fait de demande". [...]
Le juge rappelle que la question de savoir s'il fallait faire un pont ou un tunnel a été étudiée en son temps, même soumise pour avis à la population dans le cadre d'un référendum officiel en 2005. [...]
La ville mise aujourd'hui sur le dialogue pour éviter une sanction de l'Unesco. [...] Le maire Helma Orosz a demandé à rencontrer Francesco Bandarin, directeur du centre du patrimoine mondial.
Helma Orosz, le nouveau maire, propose d'ériger un pont plus discret. Herbert Febenmayr explique: "L'Unesco devra regarder les nouvelles images du pont avant de porter un jugement définitif. Une solution favorable à tous me paraît encore possible".
Le ville de Dresde joue gros. D'autant plus gros que le débat dépasse dorénavant les frontières de la vallée de l'Elbe. Pour nombre d'Allemands, le label Unesco ne peut pas être gâché, ni pour des raisons économiques (compte tenu du tourisme) ni pour des raisons politico-culturelles. [...]
La population locale se rallierait aujourd'hui à cet avis. Favorable au pont en 2005, elle a totalement viré de bord en avril 2008 en signant massivement une pétition réclamant un tunnel et un nouveau référendum pour entériner ce nouveau choix. 50000 signatures recueillies. Le Conseil municipal était d'accord, mais pas le maire de l'époque, Lutz Vogel. La consultation souhaitée n'a donc pas eu lieu.
Les opposants au pont comptent sur la justice pour tout remettre à plat. Pas moins de dix procédures en cours. [...]
L'architecte Michael Kaiser, porte-parole d'une association "pro-tunnel", s'étonne de tout ce temps perdu: "L'alternative tunnel existe depuis le début, de même que la possibilité de construire le pont en trois autres lieux. L'Unesco a été délibérément mal informée." Selon lui, il est encore temps de revenir en arrière. "La construction d'un tunnel demeure possible. Il suffit que la majorité du Conseil municipal le décide."
[...]
"La construction d'un tunnel ne durerait que deux-trois ans de plus", affime Michael Kaiser. "De plus, avec une faible augmentation des coûts, en contre partie, l'humanité préserverait un site de patrimoine mondial grandiose et l'Allemagne respecterait ses contraintes de droit international public selon la convention de l'Unesco."

voir 11/09/08a, ci-dessus & 12/09/08 ci-dessous

[A Dresde, "l'alternative tunnel existe depuis le début", mais, comme dans certaines municipalités, un maire ("la mairie", dirait-on), même en poste pour seulement une journée, règle l'avenir des citoyens une fois pour toutes et revendique le Droit de la Loi, mais en refuse le Devoir.]

12/09/08, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 2-8:
Le "Front associatif" opposé au pont levant Bacalan-Bastide (15 associations) ouvre à nouveau le feu. [...]
A l'heure du déjeuner, hier, les opposants se sont réunis à une terrasse de café [...]. Les élus, Alain Juppé en tête, selon le "Front Associatif", "trompent tout le monde en faisant croire que les menaces de l'Unesco sont infimes, qu'elles n'auront aucune conséquence et que tout va s'arranger." (Voir notre précédente édition.)
"Faux!", lance Jacques Dubos, président de Trans'Cub, en soulignant le "caractère explosif des attendus des exigences de l'Unesco." Et de brandir pour preuve la copie du texte officiel relatant le "Cas Bordeaux" et soumis, en juillet dernier à Québec, à l'appréciation des membres du Comité du Patrimoine mondial. Ce texte fait précisément le point de la situation et il n'est pas tendre pour Bordeaux. Il est même très sévère.
"L'impact visuel sur l'entrée du port et de son paysage urbain et architectural, au centre des critères définissant la valeur universelle du bien, paraît des plus importants, mais reste à préciser. Le pont constituerait alors une porte monumentale au cœur de l'espace d'approche de la ville par le fleuve, dont il modifierait profondément l'intégrité du paysage urbain actuel."
Pour les opposants, [...] "On ne demande pas seulement à la ville de Bordeaux de fournir une étude d'impact visuel du pont projeté (ce qu'elle n'a toujours pas fait!), mais aussi une étude alternative du franchissement de la Garonne dans l'esprit d'une conservation à long terme de l'intégrité visuelle du bien et de la meilleure expression possible de sa valeur exceptionnelle." Et ce, au plus vite, le 1er février étant la date butoir.
C'est donc le grand retour de l'hypothèse tunnel! Comme à Dresde.
Un tunnel coûte toutefois plus cher. "Laissez-moi rire!", lance Denis Teisseire, "Là aussi, on cache tout aux Bordelais. Connaissez-vous la dernière évaluation du pont levant? 174 millions d'euros alors que 120 millions demeurent affichés." Peu à peu, on se rapprocherait du prix du tunnel et, selon certains, on pourrait même finir par le dépasser.

[Voir 11/09/08a & b, ci-dessus]

Dresde, en 2008, voir les dates: 26/02 é , 07/04a & b é , 05/07 é , 10/09a & b é .

25/09/08, Jean-Paul Vigneaud, SO, p.25-09 :
[...]
Le nouveau pont [du pertuis] n'a a pas l'allure de l'ancien. Le vieux enjambait un bras d'eau de 25 mètres de large. La nouvelle structure a toujours la même longueur mais comporte deux parties: une partie fixe qui repose sur une structure béton (côté Bacalan) et une partie mobile métallique sur un axe (côté Chartrons), ce qui réduit la largeur du canal de liaison entre les bassins 1 et 2 à huit mètres.
Ces travaux ont été réalisés par Véolia-Séborec pour la démolition (décembre-janvier) et le groupement Asten-Pétrisan pour la partie génie civil pour les charpentes [...].
[...]
Reste à savoir maintenant si ce nouveau pont va convenir aux plaisanciers et utilisateurs des bassins à flot actuels et futurs. [...]

27/09/08, Cadish, SO, p. 2-7 :
Sur la rive droite, face au cours du Médoc, émergent à marée basse, quatre énormes piles maçonnées. Ces socles sont les bases d'un pont jamais achevé. Les difficultés de franchissement du pont de pierre à la fin du XIXe siècle, unique passage pour se rendre sur l'autre rive, incitent le maire, Adrien de Bayselance, à lancer un projet: un pont à transbordeur pour permettre aux navires d'accéder sans difficulté au port de la lune.
L'ouvrage devait avoir une longueur de 480 mètres et deux pylônes d'une hauteur de 95 mètres chacun. Ceci en faisait un des plus grands ouvrages de ce type au monde. Au ras de l'eau, une nacelle suspendue acheminait piétons, voitures et wagons à la vitesse de 12 kilomètres à l'heure. On prévoyait seulement deux minutes pour aller d'une rive à l'autre. Le président de la République Armand Falières, viendra poser la première pierre le 19 septembre 1910.
Le 15 mars 1916, le pylône rive gauche est terminé, suivi deux ans après par son frère jumeau. Marise Bastié étrenne même son brevet de pilote en passant sous les trois câbles lancés entre les deux pylônes. Mais, faute d'argent, de volonté politique et par manque de fiabilités techniques, le projet est abandonné.
Pour avoir vu flotter le drapeau tricolore sur un des câbles, les Allemands dynamitent, le 18 août 1942, la pile de la rive droite, mettant un terme à cette grande aventure.

[Prémonitoire, mon cher Dupont!]

21/11/08, sur pont Bacalan-Bastide, voir "urbanisme08" è

22/11/08a, SO, p. 15 :
[...]
Sous la plume de Stéphane Saubusse et Gérard Chausset, les Verts de Gironde protestent. Ils rappellent que tous les projets autoroutiers sont morts, que l'abandon du grand contournement a été exigé et signé par tous les groupes politiques de la CUB et que des solutions alternatives sérieuses sont étudiées au conseil régional (SRIT) "comme un grand contournement ferroviaire de l'agglomération".

22/11/08b, SO, p. 18 :
La concertation sur le projet de pont sur la Garonne entre le boulevard Jean-Jacques-Bosc et Floirac va s'ouvrir. Le conseil municipal de Bègles a validé, jeudi soir, la "charte de la concertation" définie par la CUB pour ce dossier. Bordeaux, Bouliac et Floirac doivent aussi se prononcer.
La procédure sera ponctuée par deux débats publics en 2009 et 2010, et aura lieu aussi sur le site Internet de la CUB, qui en donne déjà les détails.
[Voir aussi p. 26c]

26/11/08, Jean-Paul Vigneaud, SO, p. 15 :
Le contournement autoroutier de Bordeaux, par l'ouest de l'agglomération semble bien mort. Toutefois, l'arrivée de la A65 pourrait fort bien faire renaître un autre projet: un contournement par l'est.
"Plus logique". [...] "Regardez bien la carte! Avec la A65, cela fera 5 autoroutes en éventail dont 4 vraiment à l'ouest de l'agglo. Il n'y a qu'à relier ces grands axes par des barreaux comme ceux qui relient les autoroutes autour de Paris. Ça permettra non seulement aux usagers de la route de contourner Bordeaux, mais aussi de passer d'un grand axe à l'autre, sans avoir à emprunter la rocade, ce que le contournement à l'ouest ne permettait pas, ce dernier ne prenant que le trafic nord-sud."
[...]
[...] Tous les grands axes seraient reliés et la rocade de Bordeaux serait complètement libérée du trafic de transit.
[...]
R18c

entête é

"franchir… 2009" è

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