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-Héritage bordelais-
1993

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23/11/93, Roland Castelneau, SO:
Vers la fin des années 60, une sorte de cabale venant de certains milieux tente de discréditer ces fontaines [des allées de Tourny] qui, pour certains, ne semblent plus au goût du jour. La fontaine proche de la place de la Comédie est, paraît-il, trop haute et masque la perspective sur le Grand-Théâtre. Quelques temps après, au grand étonnement des Bordelais, et sans leur demander leur avis, les deux fontaines sont enlevées.
Voyant leur surprise et leur déception, on annonce que très bientôt une autre fontaine à buffets d’eau va remplacer l’ancienne. Une maquette de grande dimension est même exposée dans l’entrée du PaIais-Rohan. Le public, nombreux, vient la voir (j’y étais). De conception classique, elle semble satisfaire les visiteurs.
Un mois passe, les années… Elle ne sera jamais réalisée. À la place, un bien modeste massif de fleurs tente d’égayer les allées de Tourny. Il est curieux que l’on ne puisse pas savoir, exactement, les motifs réels de leur enlèvement et surtout les conditions de vente (!) de ces fontaines. Il est également étrange que la mairie de Soulac et celle de Bordeaux refusent toute déclaration à ce sujet. Il ne s’agit pourtant pas d’un dossier défense top-secret!
Les Bordelais, me semble-t-il, ont le droit de connaître la vérité. [28/04/00
8 ]

La Cathédrale Inachevée, p.17-30 8 ,
[…]
[…] Au cours du XIXe siècle, le palais Rohan, devenu château royal, puis mairie, suscite dès lors de la part de la municipalité bordelaise de grands projets de mise en valeur et de mise en relation directe avec la ville. […] Le palais est pensé comme un lieu éminent de centralité, la cathédrale va l'accompagner, mais à sa place, un peu à côté. Puis, amputé du cloître, isolé sur la place qui enserre la base de ses murs et de ses contreforts, le monument devient ce phare sans lumière autour duquel nous tournons sans cesse, les yeux fixés sur l'horizon des calandres, depuis des décennies. Dans cet avènement du giratoire, le palais a finalement lui aussi perdu sa mise en perspective et la place qu'on lui promettait. De toute cette histoire, il ne reste aujourd'hui qu'un rond-point, une rivière d'asphalte et des espaces publics dissociés, peu lisibles.
[…]

[…] Sous la Restauration, le plan de Pierrugues propose dès 1815, de relier le nouveau pont [de pierre], alors en construction, à la place Saint-André, par l'aménagement continu des fossés de Ville avec "l'avantage de pouvoir arriver du pont par une belle promenade". La construction du pont bouleverse en effet l'organisation et les représentations de l'espace urbain: l'arrivée massive des voitures sur les quais rend urgente la création d'une liaison principale entre le pont et l'intérieur de la ville, mais en contournant les vieux quartiers trop denses et mal desservis pour cet usage. Les fossés des Carmes (cours Victor-Hugo) sont larges et l'on a pensé dans un premier temps les prolonger par une voie nouvelle aboutissant cours d'Albret, pour rejoindre la place Saint-André, la cathédrale et le palais [Rohan].
[…] Le parti d'une large place au sud [site du cloître, entre l'ancienne faculté de droit] aussi vaste qu'au nord [entre la cathédrale et l'actuelle place J.-Moulin], mettant en valeur la cathédrale, est évoqué mais sans suite, en raison du coût des expropriations à prévoir. La commission des travaux publics de la municipalité propose finalement "pour isoler complètement la cathédrale au midi… d'ouvrir une rue qui, de la petite place Saint-André (en face du portail sud), aille aboutir sur la place Rohan". Il suffit alors de traverser le cloître, avec l'accord de la fabrique(1)
8 Saint-André, "ayant offert à la ville de lui céder tout le terrain du cloître nécessaire pour le tracé et l'ouverture de cette rue… qui présenterait des deux côtés une rangée d'arcades en ogive d'un effet pittoresque et d'un bon goût". […].
Les idées sont lancées, reste le temps d'un conflit, celui de la destruction envisagée du cloître. Celui-ci s'achève sur le fond dès 1843-1845, même si la destruction des bâtiments n'est effective qu'en 1865-1866, au moment où commence le percement du cours Alsace-Lorraine. Mais c'est un fait constant dans les procédures de transformation du tissu urbain à Bordeaux au XIXe siècle, du délai parfois long entre la décision de principe et sa mise en application, en raison notamment des contraintes financières de la municipalité. […]
[…].

L'argumentation concernant la destruction du cloître, alors en l'état d'abandon, se fait plus précise, en réaction contre la demande de la Commission des monuments historiques qui en souhaite la conservation et qui semble l'emporter par la suite, au moins jusqu'en 1851. Viollet-le-Duc se rend à Bordeaux le 16 septembre 1845 car il a appris, vraisemblablement lors de la séance du Comité des Arts et monuments du 15 janvier, que le conseil municipal de Bordeaux avait l'intention de démolir le cloître de la cathédrale. Selon l'argumentaire municipal de 1844, les cloîtres n'ont qu'un intérêt artistique médiocre; le sol est à un mètre au moins en contrebas des voies publiques voisines. Utilisés comme dépôt de vieilles pierres, "l'état d'abandon dans lequel ils ont été laissés atteste qu'on n'y attache aucune importance". La mairie l'emportera finalement, sans doute grâce à de solides appuis auprès de son autorité de tutelle, sur la Commission [SO, Tire-Bouchon 17/10/98 8 ]. En 1865, le cloître est détruit après avoir été mis à nu, lors de la démolition des maisons bâties sur le flanc sud de la cathédrale {P}. L'architecte restaurateur Paul Abadie après avoir proposé, mais sans succès, un projet de restauration du cloître, est chargé en 1866 de la construction de la nouvelle sacristie, le long du mur de la nef. La cathédrale a été entre-temps classée au titre des monuments historiques en 1862, mais sans le cloître.

[…] Jacques D'welles […regrette…] ces arcades du cloître de Saint-André, que l'urbanisme simpliste des percements droits et de l'alignement rigide a sacrifiées !" On se trouve à Bordeaux devant un cas banal de vandalisme municipal, comme le déplore Montalembert en 1833, dans sa lettre à Victor Hugo, à propos des pratiques courantes en France à l'époque. […] Il ne semble pas qu'il y ait eu, à l'exception du corps des experts de la Commission des monuments historiques, de réaction locale, populaire, violente. […]
[…] Le percement du cours d'Alsace-Lorraine, réalisé entre 1865 et 1869, au sud de la place vers les quais, devient physiquement l'axe drainant la circulation depuis le cours d'Albret […].
La nouvelle place Pey-Berland devient dès la fin du XIXe siècle l'un des nœuds de circulation du centre-ville. Les nouveaux espaces publics sont davantage destinés à la circulation des voitures et des transports en commun, comme le montrent les premiers plans d'organisation du réseau des tramways. […]
[…]
[…] Le premier projet de l'urbaniste Jean Royer pour le nouveau quartier Mériadeck en 1955 prévoit notamment l'élargissement de la rue des Frères-Bonie entre le cours d'Albret et la place Pey-Berland, en vue de mettre en relation le nouvel axe routier créé depuis les boulevards, à proximité de la barrière d'Ornano, et le cours Alsace-Lorraine. […] avec l'idée de raccorder cette avenue à une pénétrante entre le centre ville et l'aéroport de Mérignac. […]

(1) fabrique: "groupe de clercs ou de laïcs chargés de l'administration financière d'une église." (Hachette)

[Ça ne s'invente pas et ça se rejoue à perpétuité dans les moindres détails: "un véritable acte de vandalisme" Leo Drouyn, peintre de la région). Le XIXe siècle n'a pas toujours su construire sans anéantir et il a des émules au XXe. Mais maintenant on sait ce que ça représente, que s'est impardonnable et quels sont les vandales du patrimoine. Nicot a pu ignorer les méfaits du tabac, mais aujourd'hui?] [8 ; R4]

01/08/98, Benoît Lasserre, SO:
Plusieurs variantes [de la voie du Tasta] ont été mises à l’étude par la CUB, et le choix s’est porté sur celle qui passerait à travers la réserve naturelle des marais de Bruges [...].
[...tracé qui, selon l’association Bordeaux Grandeur Nature,] "constituera un préjudice très important à l’une des plus importantes zones naturelles d’Europe."

15/04/99: Voir Garonne-Avenir 8 .

08/06/99, SO:
Sous l'impulsion du Syndicat intercommunal des bords de Garonne, créé en 1995, sept communes (Bègles, Villenave-d'Ornon, Cadaujac, Isles-Saint-Georges, Beautiran, Castres-Gironde et Portets) ont élaboré deux schémas directeurs pour l'entretien des rives du fleuve et pour leur valorisation patrimoniale et touristique.
Parallèlement, la région, le département et l'Agence de l'eau Adour-Garonne ont participé au financement de cette étude.

09/06/99a, Claude Garnier, SO:
Le SIBG [voir 08/06/99 ci-dessus] présidé par Noël Mamère, maire de Bègles, s'est donné pour but, dans le droit fil de l'association mère des "Veilleurs de Garonne", de protéger le fleuve, de protéger son identité et son avenir et de valoriser tout ce qui peut concourir à sa promotion, à son animation et à son développement.

09/06/99b, Sylvain Viaut, SO:
"Sans le fleuve, que serait Bordeaux aujourd'hui? Sans la Garonne, la Guyenne anglaise n'aurait pas été ouverte à l'influence maritime. Elle ne serait pas devenue en deux siècles le vaste vignoble qui levait répondre à la demande croissante de son suzerain anglais. C'est là que s'est situé dès le XIIIe siècle la source du développement et de la renommée de Bordeaux, aboutissant à son apogée au XVIIIe siècle."
Si on l'avait oublié, Daniel Binaud se plaît aujourd'hui à le rappeler: le vin d'ici doit beaucoup à l'eau. Et les Chantiers du roy se proposent à la fois de rafraîchir cette mémoire et d'associer les grands châteaux, emblématiques de la civilisation girondine, au développement de la grande ambition qu'il poursuit patiemment depuis onze ans : donner à Bordeaux et à l'estuaire ce grand musée maritime qui leur manque.
[...]
"Maillon majeur", selon Daniel Binaud de la grande ambition du conservatoire, visant à retrouver et à développer sur l'ensemble de cet estuaire, "le plus vaste d'Europe", les grands thèmes d'une véritable culture estuarienne, ces Chantiers du Roy confirment l'intérêt que le Grand débat "Sud Ouest" organisé l'an dernier sur la question avait révélé. [...]

____________
Conservatoire de l'estuaire: place d'Armes, citadelle de Blaye
tél.: 05.57.42.80.96.

[Bordeaux n'a plus sa citadelle et n'a pas le musée de son histoire et de sa rade qu'elle mérite. Sans Daniel Binaud, ce conservatoire de Blaye aurait-il vu le jour? Et dire qu'on travaille à perdre aussi la rade de Bordeaux! Voir 19/10/00 8 ]

09/06/99c, Dominique Godfrey, SO:
Pierre Rosenberg, PDG de l’Établissement public du Grand Louvre, est devenu, hier, membre de l’Académie de Bordeaux.
S.O.—On dit que vous aimez beaucoup la ville.
P.R.
—C’est la plus belle ville de France par son architecture et son urbanisme. L’important, c’est qu’on y ait compris que l’architecture est une chose et que l’urbanisme en est une autre. Du point de la beauté, l’urbanisme a un rôle à jouer. Bordeaux a été fait par des gens qui avaient réfléchi à ce qu’est la beauté d’une ville.

08/10/99, SO:
Rappelons que le consulat des États-Unis de Bordeaux qui était le "doyen" des consulats américains dans le monde – il ouvrit en 1790 – a fermé ses portes en janvier 1996. Et qu’il ne reste plus que deux consulats américains de plein exercice en province, à Strasbourg et à Marseille. [02/10/00 8 ]

23/10/99, Tire-Bouchon, SO:
[…]
Question dans la salle: "Dans le cas du palais de justice, c'est l'État qui est maître d'ouvrage?" "Non, non, non!", réplique Roland Castro. "C'est le maire qui donne le permis de construire! Si le maire se fait baiser par la technocratie, c'est de sa faute. Ou alors, si la technocratie dirige ce pays, qu'on le dise! Un élu qui signe sans rien dire n'est pas un bon élu."
Pour tous ceux qui seraient tentés de faire un amalgame Juppé-technocrate-justice, rappelons quand même que le permis de construire à été délivré par la municipalité Chaban. [SO, 20/11/99
R13]

02/11/99, SO:
À deux doigts de disparaître il y a seulement cinq ans, l'observatoire centenaire du pic du Midi est aujourd'hui à l'aube d'une nouvelle vie. D'ici juin prochain, la sentinelle scientifique perchée au-dessus de la Bigorre rouvrira ses portes au public dans le cadre d'un projet unique au monde, associant étroitement astronomie et tourisme.
[…] Mais le pari audacieux lancé en 1995 est quasiment réussi.
L'aventure a démarré en 1994 lorsque l'État a brandi la énième menace d'une fermeture du site. Rapidement, l'idée d'ouvrir une partie du vénérable observatoire aux touristes s'est imposée comme la seule solution viable. […]
[…] Mais installer un musée dédié à l'étude du ciel à 2900mètres d'altitude — le chantier le plus haut d'Europe — n'est pas une partie de plaisir.
[…]
[…] Mais la scénographie, les commerces, les terrasses et le nouveau téléphérique seront prêts à accueillir les visiteurs au sommet.
Depuis 1998, les astronomes ont repris normalement leurs travaux, dans des locaux modernes et avec des équipements rénovés.
Sa vocation scientifique assurée, reste maintenant à faire du pic une destination touristique. [comme les croisières:
R11] [France-2, 10/08/00, 21h]

12/11/99, Patrick Louis, LA DÉPÊCHE Week-end:
[…]
Traverser Bordeaux en une centaine de lignes relève de l'impossible défi. On ne peut que choisir un petit bouquet d'images. Éclairer une façade comme celle de l'Hôtel-de-Ville, place Rohan, traverser les murs de l'ancien évêché. Découvrir dans l'intimité et au fil les époques cette société bordelaise si particulière, grâce aux richesses du musée d'Aquitaine. Franchir la porte de Bourgogne signée par Gabriel au cœur d'une étonnante ronde d'immeubles Louis XVI. Se laisser aller sur la place des Quinconces (où veille jour et nuit par tous les temps une vertigineuse colonne, monument aux Girondins, et les impressionnantes statues de Montaigne et Montesquieu) puis remonter par les ruelles vers le Grand-Théâtre.
[…]

13/11/99a, Sophie Avon, SO:
[…]
"Il n'y pas d'autre exemple de centre historique qui n'ait pas été réinvesti. Mais, ici, la municipalité ne considère sans doute pas qu'il y ait des enjeux économiques importants. En vingt ans, le quartier a bougé grâce à la volonté de ses habitants davantage que par la volonté des élus. On se plaint de l'image de cette ville à l'extérieur, mais les gens qui la dirigent ne semblent pas comprendre que, quand on arrive ici, du dehors, c'est dans le centre qu'on va, parce que c'est là que s'est faite l'histoire de la ville
R8. C'est vrai que Bordeaux a plusieurs centres, mais, qu'on le veuille ou non, son centre cartographique est ici. Or, des rues telles que la rue de la Devise ont du mal à vivre seules." [Henri Martin, fondateur de la Machine à lire 13 8 ]
[…]

13/11/99b, SO:
Les responsables de vingt-cinq associations du Lot ont adressé une lettre ouverte à la ministre de l'environnement et de l'aménagement du territoire, Dominique Voynet, afin qu'elle intervienne "énergiquement et efficacement" pour empêcher le projet de création d'une ligne à très haute tension dans le Quercy.

26/03/00, Jacques Ballarin & Benoît Lasserre, SOD:
"J’ai toujours eu envie de travailler au bord du fleuve. J’habite à cinq minutes à pied et une des plus belles vues que je connaisse, c’est le lever du soleil sur la Garonne, les matins d’hiver, avec les Grands Moulins de Paris qui sortent de la brume." […]
Actuellement en transit au sixième étage d’un immeuble du quai de Bacalan, Olivier Brochet ne se lasse pas du panorama offert par cette rive droite qui étale ses friches végétales le long de la courbe en croissant de lune de la Garonne, si différente, mais aussi unique, du long cortège des façades XVIIIe siècle de la rive gauche. […]
[…]
[…] Après avoir cru en la Cité mondiale aux Chartrons, Frédéric de Luze et Thierry Decré, deux négociants associés sous le label LD Vins, ont traversé la Garonne et demandé aux architectes Pascal Teisseire et Hugues Touton de leur construire des bureaux sur pilotis qu’ils ont aménagés avec du mobilier d’Asie pour souligner leur volonté d’exportation. "Nous sommes allés rive droite parce que c’est elle qui est restée la plus proche du fleuve, explique Thierry Decré. Or, c’est le fleuve et le vin qui, ensemble, ont assuré la réussite de Bordeaux."
La Garonne leur porte bonheur. Le chiffre d’affaires de LD Vins a augmenté de 30%. De Luze et Decré vont maintenant construire un ponton et y amarrer un bateau pour emmener les clients extasiés sur le fleuve, à la découverte des châteaux du Médoc qui annoncent l’estuaire.
[…]

11/04/00, Jean-Pierre Lasserre, SO:
Tous les nouveaux projets touristiques hôteliers, de loisirs, ludiques et de services drivés par la ville seront examinés en priorité sur le Lac. C’est-à-dire dans un "non-quartier". […] Cette obstination contredit tout ce que l’on observe dans les plus grandes métropoles où prime le concept de "city center". Les animations, les équipements majeurs doivent être installés au cœur des agglomérations. Dommage que Bordeaux se singularise. […]

13/04/00, SO:
"Le roi des phares, le phare des rois": en 1980, l’administration des phares et balises le condamnait à l’abandon. En l’an 2000, sous l’impulsion de plusieurs ingénieurs des Phares et balises qui se sont succédés, et grâce à l’acharnement de l’Association pour la sauvegarde du phare de Cordouan, dirigée par Bernard Caunésil, l’avenir du phare s’annonce triomphant. François Victor, l’actuel directeur des phares et balises du Verdon, vient d’annoncer la bonne nouvelle: le ministère de l’Equipement s’est engagé pour dix millions de francs à restaurer la cuirasse, fondement du phare.
[…]
Par ailleurs, l’État envisage de créer au phare de Cordouan un centre de formation continue pour les contrôleurs des phares balises.

20/04/00, SO:
[…] En trois décrets […], ce sont les quatre cinquièmes (7000 hectares) de l’île [de Ré], et donc ses paysages remarquables ou historiques, qui bénéficient d’une haute protection.

24/04/00, SO:
[…] Mais c’est surtout l’œuvre d’Haussmann à Paris qui fait le cœur de cet ouvrage très fouillé, qui montre bien comment se sont mêlés, pour le prestige de la capitale mais pas toujours pour le bien de ses habitants, grands travaux, développement et affairisme. Comment contester que peu d’hommes aient "à ce point modelé le cadre et l’esprit d’une ville"?
28/04/00, Mme Billon, SO:
[…] Tout ce qui participait à la beauté de notre ville disparaît peu à peu dans l’indifférence quasi générale. Il sera peut-être utile pour certains de savoir qu’une de ces fontaines [des allées de Tourny] se trouve dans une décharge, sur la route d’Arcachon, et l’autre, sur une place bordée d’immeubles modernes… à Soulac-sur-Mer. [Voir plus haut, 23/11/93 8 ]

[Il va falloir que reprenne du service l’association grâce à l'aide de qui Bordeaux a retrouvé, après 40 ans d’inertie, ses chevaux des Girondins {P}.]

24/07/00, Benoît Lasserre, SO:
[...]
Cette voie du Tasta […] devrait, si le tracé A est retenu, trancher la partie ouest de la réserve naturelle de Bruges, surnommée la Corne de rhinocéros, et la longer ensuite sur 1,3 km, là où se situe le territoire du vison d’Europe.
L’étude d’impact, préalable à l’enquête publique, reconnaît d’ailleurs que ce tracé A "perturbe le fonctionnement de la réserve, présente des risques de pollution chronique, implique des risques de mortalité accrue pour la faune, a un impact acoustique sur la réserve". […]
[…] Les défenseurs du tracé A nous disent qu’il n’ampute que 8% de la superficie de la réserve. Si on vous coupe une main, cela ne représente qu’une petite quantité de votre corps, mais vous ne vivrez plus jamais comme avant", affirme Frédéric Rava-Rény.
[…]
Les écologistes ne sont guère amadoués par l’éventualité d’une piste cyclable sur la voie du Tasta. "Il y aura 11000 véhicules par jour, dont une majorité de camions, ironise Jean-Louis Piquart. Faire du vélo dans ces conditions, merci du cadeau." Quant aux Verts-Médoc, ils ne se font pas d’illusion. "La piste cyclable n’est en fait qu’une réserve foncière. Quand on voudra élargir la voie du Tasta à deux fois trois-voies, on supprimera la piste," assure Annie Bournat.
[…] La voie du Tasta n’est en fait qu’un avant-goût de tout ce qui se prépare, notamment avec le grand contournement autoroutier
R18 qui, là, encore, va amener des milliers de véhicules par jour."
[Voir 21/09/00, ci-dessous]

21/09/00, Benoît Lasserre, SO:
[24/07/00, ci-dessus]
[…] Les trois commissaires-enquêteurs ont [… répondu] "que le dossier déposé [par la CUB] ne démontre pas que le passage par cette réserve est inévitable."
Bref, les enquêteurs ne veulent pas du tracé préconisé par la Communauté urbaine. Un tracé qui, pour relier la zone industrielle de Blanquefort à la rocade, tranchait la corne de rhinocéros de la réserve – c’est ainsi qu’on surnomme sa partie ouest – pour la longer ensuite sur 1km3. L’étude d’impact, préalable à l’enquête d’utilité publique, évoquait elle-même "des risques de pollution chronique et de mortalité accrue pour la faune", 11000 véhicules, pour la plupart des camions, sont prévus sur cet axe routier.
"Pour la commission d’enquête, il est pour le moins surprenant que soit admise officiellement la coexistence de deux éléments aussi incompatibles a priori que constituent une réserve naturelle et une telle infrastructure routière."
[…] Jean-Louis Piquart, cofondateur du Collectif de défense de la Réserve de Bruges, assure que le tracé CUB était certes "une absurdité écologique, mais représentait aussi un surcoût de 50 millions de francs, car il fallait construire une route sur une zone humide avec deux murs anti-bruit de 5m de haut."
[…]
[…] Jean- Louis Piquart regrette, quant à lui, que la commission n’ait pas retenu le tracé du collectif qui mettait à deux fois deux voies la voirie existante à partir de l’échangeur n°4, par l’avenue des Trois-Cardinaux, le chemin de Labarde et l’avenue du Port-du-Roy.
[…]

[Comme est ignoré le transit par l’est des flux routiers nord-sud pour court-circuiter l’agglomération. R18]

10/00, BXMAG ["Animations-bis*" 8 ] 8

02/10/00, Jean-Denis Renard, SO:
[…]
La courtoisie n’excluant pas le travail, la secrétaire d’État a ainsi voulu parer d’une certaine solennité la réouverture imminente d’un consulat américain à Bordeaux. Suite à des restrictions budgétaires, la mission diplomatique avait fermé ses portes en 1995, bien qu’elle ait figuré le premier poste américain ouvert à I’étranger, en 1778. "Une erreur a enfin été corrigée", s’est félicité l’ambassadeur Felix Rohatyn, comme il l’avait déjà souligné, lors d’un précédent déplacement à Bordeaux. Pour mieux oublier cette fugace infidélité, Madeleine Albright avait apporté en présent à son hôte d’un jour la lettre d’accréditation du premier consul américain à Bordeaux, Joseph Fenwick, signée en 1790 par George Washington et Thomas Jefferson.
[…]

[All is well that ends well: il est plus facile de rétablir un consulat, hautement historique, qu’une rade, toute aussi hautement historique, noyée dans le béton politico-affairiste définitif "suite à des restrictions budgétaires" prétextes à se passer de tunnel. 08/10/99 8 ]

06/10/00, Benoît Lasserre, SO:
Mme Tasca a enfin annoncé à Alain Juppé qu'elle accédait à sa demande de faire inscrire la façade des quais bordelais sur la liste des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO. Un classement pour lequel il faut de la patience et qui aura surtout des effets bénéfiques pour le tourisme.

["Façades des quais", encore un terme à manipuler avec de petites pinces comme "port de la lune" R6. Qu'est-ce que "les quais", qu'est-ce que "la façade", partie d'un contexte unique? Ainsi pourra-t-on "remodeler" le reste de ce site historique à plaisir? Par exemple transformer les façades en spectres comme on en voit quelques uns à Toulouse? Convertir les Quinconces en gare de triage? Ruiner à jamais le panorama de la rade, unique aussi? Puisque ça s'est déjà fait bien qu'elle fût "classée", creuser la dite façade pour y caser des affairistes? R5, 8 ]

13/10/00, Benoît Lasserre, SO:
[…]
Philippe Madrelle a enfin évoqué l’estuaire de la Gironde [… qui] "est un des plus beaux d'Europe, sinon le plus beau, et il n'est pas question de lui causer de graves préjudices. Notre but est au contraire de favoriser le tourisme, qui aura lui aussi d'excellentes retombées économiques."

19/10/00, SO:
En gestation depuis plusieurs mois, le collectif estuaire s’est dévoilé, hier, à Saint-Georges-de-Didonne (17). Il regroupe douze associations de la Gironde [dont le Conservatoire de l’estuaire de la Gironde] et de la Charente-Maritime qui œuvrent dans le domaine de la protection de l’estuaire. Premier objectif du collectif, qui souhaite également l’inscription de l’estuaire au patrimoine mondial de l’UNESCO et la mise en place d’un schéma d’aménagement et de gestion des eaux: l’abandon du projet d’extraction de granulats à Saint-Ciers-sur-Gironde.
"On va abîmer le dernier grand estuaire sauvage européen alors que l’Europe dépense de l’argent pour remettre en état les estuaires dégradés", s’insurge le collectif qui met en avant les risques sur l’environnement d’un tel projet.
[…]
[Voir ci-dessous 01/11/00]

01/11/00, SO:
[…]
Cette conférence des Esturiales est bien évidemment l'occasion d'échanges, de conseils. C'est vrai que, depuis fort longtemps, l'estuaire girondin a été laissé un peu à lui-même, alors qu'ailleurs en Europe, d'autres zones identiques étaient aménagée avec parfois de grosses bêtises à la clef. "Évitez de faire les mêmes erreurs que nous", ont expliqué certains visiteurs du week-end. "Votre estuaire est beau et sauvage, préservez son environnement, là est votre richesse. […]
[…]
[Voir 03/02/04
8 ]

03/11/00, Jean-Denis Renard, SO:
[…]
[…] le saucissonnage de la vue sur le port de la Lune [depuis La Bastide], l’incohérence de cet aménagement avec la réflexion sur le futur parc des berges, la prime aux convives fortunés au détriment des habitants, etc.
R3. "On peut réfléchir à une conception différente de la restauration, soit sur ponton, soit sur péniche R3. En tous les cas, quelque chose qui n’obstrue pas à ce point le paysage. D’ici, il n’est déjà pratiquement plus possible de voir le pont de pierre à cause de l’Estacade", expliquait Eric Comazzetto [de défense Queyries-La Bastide], fort marri du "manque de concertation" qui avait selon lui prévalu dans cette affaire. {G}, 8

estacade

05/11/00, Christophe Lucet, SOD:
Nancy Cooper jette un regard humide sur la Garonne par "l’œil de-bœuf" (en français dans le texte) de son bureau. Débarquée sur le Port de la lune il y a quelques semaines, la nouvelle consule des Etats-Unis sait la chance qui est la sienne d’occuper un des plus beaux immeubles XVIlle de la ville, sur cette place de la Bourse que tant de ses concitoyens foulent en débarquant des luxueux paquebots de croisière.
[…]
8

13/12/00, Thierry Destan, SO:
[…]
Mais face au rare joyau que possède Bordeaux, cette merveilleuse place de la Bourse et ces quais qui s'embellissent chaque jour davantage et que tant d'autres villes nous envient, que construisez-vous?
Le Millenium: une verrue de béton et de verre qui bientôt prolifèrera tout au long de la rive droite. La beauté d'un site urbain tel que Bordeaux, au même titre que la vallée d'Aspe ou que la baie du Mont-Saint-Michel, nécessite une réflexion écologique. Que diriez-vous si la municipalité de Versailles édifiait le Millénium devant le château de Versailles? Vous diriez: "Ils sont devenus fous!"
[…]

21/08/01, Michel Suffran, SO 8 :

11/04/02, Sylvain Viaut, SO 8 :

07/03/03a, Denis Lherm, p. 2-7, SO:
[…]
Les vestiges [du temple des Piliers-de-Tutelle] qui viennent d'être découverts se complètent, au pied de la façade du Grand Hôtel de Bordeaux, par la mise au jour du cardo, qui était probablement bordé par une galerie couverte, puisqu'on a aussi trouvé une colonne et un pilier", explique Wandel Migeon, responsable des fouilles.
La découverte de ces pans de murs permettent de localiser précisément l'emprise des Piliers-de-Tutelle. On sait que le temple se situait dans l'angle nord-ouest de l'actuel Grand-Théâtre, mais on connaissait peu la forme du parcellaire environnant.
[…]

07/03/03b, Willy Dallay, p. 2-13, SO:
[…]
[…] une grande bâtisse en granit et coke de charbon, dure comme un casse-tête, compliquée comme un rubik's... CUB, avec ses balcons en faux arbres de ciment dignes d'Alfred Hitchcock, son toit de château de la Loire, son perron de grande dame […], à deux pas de Saint-Genès…
Bref, un drôle d'ensemble néo-rococo fin XIXe, acquis en 1915 par Ida et Georges Labro […]. Qu'on l'aimait ou la détestait, elle était une "entrée de ville" à elle toute seule […], emblématique et solidement ancrée dans la mémoire du quartier. Elle semblait valoir mieux que 4 ou 5 places de stationnement. Sauf aux yeux d'au moins un commerçant […].
Chacun voyait la Maison Labro à sa porte […]. Et le maire de Talence, Alain Cazabonne, n'était jamais contre.
La CUB elle-même a semblé faire un effort, proposant d'y installer un transformateur pour le tramway. Sûr, on regorgeait de bonnes volontés! Mais, plus on y réfléchissait, plus cette belle au bois dormant qui ne valait pas un clou à démolir, promettait de coûter des sommes astronomiques en restant debout.
[…] Un matin, les pelleteuses, engins de tempérament placide, s'élancèrent dans une guerre éclair qui surprit son monde. Plus que l'argument économique, le temps avait court-circuité cette "chère" Maison Labro. Elle venait de rater sa dernière chance de prendre le tram en marche.
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02/04/03, Willy Dallay, p. 2-13, SO:
[…] La consultation des Bâtiments de France n'avait théoriquement pas lieu d'être, la demeure [la maison Veillon] n'étant ni classée ni située dans le périmètre de protection d'un monument historique. N'empêche, Jean-Michel Pérignon [chef du Service départemental de l'architecture et du patrimoine] a estimé que cette "chartreuse surélevée à la façon arcachonnaise" a un aspect composite intéressant. D'autant que la greffe a été habilement réalisée".
Il renvoie en outre dans les cordes le motif invoqué pour sa destruction ("réaménagement du site avec valorisation paysagère du parking du centre commercial"): elle "apporterait une dévalorisation et une banalisation de l'espace par l'ouverture sur un parc de stationnement non végétalisé avec, en fond de scène, la façade d'un supermarché. La réalisation d'un rond-point renforcerait cet aspect de zone périurbaine dégradée. Les publicités, qui ne manqueraient pas de suivre, compléteraient le tableau. Il est donc regrettable que ce permis de démolir ait été accordé [par le maire de Talence] sans que l'impact de la disparition de la maison Veillon ait été pris en compte dans tous ses aspects". Alain Cazahonne avait rejeté le recours gracieux le temps d'une enquête. Pourtant, il reconnaît que le courrier de Jean-Michel Pérignon pourrait apporter un élément nouveau. […]
08/05/03, Michel Monteil, p. 2-7, SO:
[…]
En 1865, a été constituée la compagnie des Hirondelles pour remplir cette mission: "Service régulier de petits bateaux à vapeur, à horaires fixes, pour passagers et marchandises, bateaux non couverts et à classe unique", raconte Pierre Bouffard.
En quelques années, deux autres compagnies verront le jour: Les Gondoles et les Abeilles. Les embarcations étaient construites dans des chantiers bordelais. Elles ont fait partie du paysage fluvial jusqu'au milieu des années 40.
Un groupe d'une quinzaine de Girondins souhaite aujourd'hui remettre en service une gondole sur la Garonne, "pour faire revivre l'histoire de Bordeaux", dit Michel Rapeau [ancien maire du Verdon]. […]
[…]
Le pari n'est toutefois pas encore gagné. "II ne reste plus de Gondoles, pas d'archives. On travaille sur des cartes postales et des gravures d'époque", dit Michel Rapeau. […]
[…] L'enjeu est de reconstituer l'architecture de ces bateaux — les Gondoles mesuraient de 16 à 22 mètres de long […].
[…]
La Gondole bordelaise, Michel Rapeau, Le Verdon-sur-mer. Tél : 05.56.09.61.46.

20/05/03, Denis Lherm, SO, p. 2-6:
La démolition de l'une des dernières chartreuses de Caudéran est en train de susciter un vif émoi dans le quartier et de plonger dans l'embarras la mairie et deux administrations. [Françoise Vallet, ] Une voisine de cette grande bâtisse attaquée depuis hier par les pelleteuses parle de ''scandale". La direction régionale des affaires culturelles (DRAC) dit avoir été "piégée par un promoteur qui n'a pas tenu parole". Aux Bâtiments de France, enfin, l'architecte en chef se dit "en deuil" et parle d'affaire "désolante".
La cause de cette affaire compliquée: un terrain de 6700 mètres carrés loti d'une chartreuse de 1500 mètres carrés, rue Fragonard. Tous deux ont été acquis par un promoteur (la société Développer), qui est en train de faire raser la chartreuse pour réaliser dix-neuf lots de terrain à bâtir.
Une opération régulière, selon la mairie, qui indique que les permis de démolir et de construire sont conformes. […]
[…]
L'intérêt patrimonial existe tout de même. puisque le promoteur est parvenu à revendre la façade, soigneusement démontée pierre à pierre, pour être remontée chez un particulier. Une façade qui ne figurait pas sur les photos déposées à la mairie lors de la demande de permis de démolir…
Selon la DRAC, l'ensemble méritait un classement en monument historique.
"Mais on a été informés trop tard et menés en bateau par le promoteur."
A la mairie, c'est l'embarras. Au moment où la ville dit vouloir mettre fin aux attaques sur le patrimoine architectural de Caudéran, sérieusement entamé depuis vingt ans, l'affaire de la rue Fragonard fait mauvais effet. La municipalité se borne à rappeler que c'est une affaire privée, que les permis sont conformes, et Pierre Lothaire, conseiller municipal, annonce que les chartreuses vont bientôt être recensées par la DRAC.
Enfin, l'architecte en chef des Bâtiments de France, saisi lui aussi par Françoise Vallet, parle d'une "histoire lamentable, contre laquelle j'ai essayé de mettre tout en branle. Mais le promoteur est dans son droit…"

21/05/03, Denis Lherm, SO, p. 2-7:
[…]
Le conservateur régional des monuments historiques estime pourtant que cette chartreuse méritait un classement. Le service départemental du patrimoine déplore lui aussi cette destruction, mais dit avoir été prévenu trop tard, "deux jours après la fin du délai de recours".
Ces deux administrations concernées par la protection du patrimoine se sont rendues sur place, hier matin, et n'ont pu que constater la poursuite de la démolition. Chacun semblait s'étonner que la mairie ait donné son aval. Car, de fait la mairie a bien délivré dans les règles un permis de démolir.
[…] Pierre Labégurie [le dernier propriétaire] indique que "si la ville de Bordeaux n'a pas bougé, ce n'est pas faute d'information. Dès 1999, j'ai informé le maire que je voulais la vendre à la ville pour permettre de la sauver. J'en demandais 6 millions de francs. Le service foncier m'a traité de fou. Ils la voulaient pour rien. […] J'ai même informé des associations du quartier; personne n'a bougé".
L'ex-propriétaire s'est donc rabattu sur un promoteur, sans connaître, dit-il, son intention de la démolir.
[…]

27/11/03a, Dominique de Laage & Christian Seguin, SO, 27/11/03, p. 2-2:
[…]
"[…] Avec le tram, que les Bordelais ont accepté parce qu'il était sans caténaires [dit Robert Coustet, professeur retraité d'histoire de l'art], il se produit quelque chose de fondamental dans la perception que l'on a de Bordeaux. Cela donne à la ville une beauté jeune, au lieu d'une beauté usée, tournée vers le passé."
[…], le traitement des places et de la rive droite sont, en revanche, sujets à caution de la part des Bordelais. "[…] je [Nicole Schyler, présidente des Amis des musées] trouve qu'il [Alain Juppé] a des idées bizarres. Il coupe les arbres, replante des allumettes, enlève les vieux bancs de Pey-Berland, y pose d'affreux carreaux couleur ciment… Ce tram et ces travaux massacrent la ville XVIIIe. Je trouve l'ensemble de mauvais goût. Bordeaux copie sur les villes voisines. Quel dommage!"
[…] l'ensemble est très minéral, propret. La manie d'Alain Juppé de poser des "guitounes" allées de Tourny, inquiète. Et les sols, comme le goût pour les détails, sont jugés d'inégales qualités.
L'écrivain Jean-Marie Planes reste très prudent sur la physionomie du tableau final: "Que va produire cette frénésie du morcellement, du découpage?" L'esthétique du tramway n'a-t-elle pas trop débordé de part et d'autre des rails?
Rive droite, en revanche, c'est l'unanimité. Si l'avenue Thiers est réussie, le début de la copie à La Bastide au bord du fleuve, apparaît déjà comme un loupé. Rattrapable? A voir. L'intendant Juppé a encore du chemin à faire.
R2

27/11/03b, Le Piéton, SO, 27/11/03, p. 2-7:
Comprend la colère d'une piétonne qui, le 4 novembre, est arrivée au Parc bordelais "avec un besoin pressant", mais "'impossible de satisfaire cette urgence". Première toilette: "rebord de la cuvette dégoûtant"; deuxième toilette: le responsable de la buvette "n'a pas la clé et impossible de joindre les gardiens"; troisième toilette: "automatique mais en panne".
Notre malheureuse piétonne a dû se résigner à emprunter celle des, hommes "façon-turque", "ne fermant pas" et "en prenant pas mal d'eau avec la chasse". Et de conclure: "C'est inadmissible et même honteux dans une ville comme Bordeaux."

[Cette dame ne savait pas que les "responsables" sont "non coupables" et qu'on ne change pas les traditions bordelaises sur le champ.
Qu'elle se rassure, le maire s'en préoccupe, sûrement. Si le Président Chirac vient inaugurer le tram, il lui demandera des crédits supplémentaires pour mettre à jour les commodités de Bordeaux datant de Tourny. A moins que, pour cette raison, elles soient "monument historique" et donc ne varietur; ou condamnées du fait que le tramway dédaigne le Parc?
Il est "inadmissible et même honteux dans une ville comme Bordeaux", "ville d'art", qu'il faille la présence imprévue du Piéton pour mettre au jour cette "honte" patrimoniale. Voir le "bois Rivière", où, depuis des années, les "facilités" sont occultées "pendant les travaux", comme affiché, mais les dits travaux sont achevés depuis des âges: façon de priver les contribuables du minimum?]

26/12/03, SO, p. 2-6:
Les célèbres Trois-Grâces de la place de la Bourse et leurs formes généreuses ont été enlevées de leur socle en juillet 2001. Pour cause de construction du parking souterrain de la Bourse, le démontage de la fontaine était inévitable. Mais ces beaux bébés de bronze, plus de 500 kilogrammes chacun, devaient revenir fin 2003 après l'ouverture du parking. Il a effectivement ouvert, mais l'on entend parler maintenant de l'éventualité de placer la fontaine ailleurs pour se conformer à l'esprit du projet de l'architecte Michel Corajoud. Une idée qui fait déjà bondir Michel Suffran, l'écrivain très attaché à la préservation de ses Grâces là où elles se sont toujours trouvées. Quant à la mairie, elle a mollement démenti en parlant d'un "retour prévu pour bientôt".

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